• Tous les jours, un temps de 30 minutes environ est consacré au Travail personnel.

    Le rituel est le suivant :

    1) Chacun choisit le projet qu'il fera pendant ces 30 minutes, avec quelques obligations (en particulier que huit enfants chaque jour écrivent un texte libre). Leur choix est inscrit sur un tableau qui pose l'engagement.

    2) Le temps de travail personnel démarre : chacun se place, prend les outils adéquats (cahiers, livres, petit matériel de trousse, etc.) et moi, je me tiens à leur disposition.

    Ce moment est particulièrement apprécié par les élèves.

    Sans doute qu'ils goûtent là la liberté qui leur est laissée, une liberté dans un cadre établi donc rassurant.

    Et ces projets seront ensuite pour la plupart présentés au groupe classe dans le "Je fais partager" du matin, et peut-être publiés dans un journal.


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  • Depuis le lancement de ce blog consacré aux moments où il se passe quelque chose, un peu comme un  déclic, nous essayons de réfléchir à ce qui favorise l'émergence de ces moments.

    Ce qui ressort de nos réflexions, c'est l'importance du temps qu'il faut laisser aux élèves, un temps qu'ils puissent investir à leur guise, pour que ça puisse arriver. En effet, il y a un tel remplissage des temps d'apprentissage pour :

    - faire le programme

    - contrôler les élèves

    - justifier son salaire

    que nous loupons de belles occasions de découvrir nos élèves autrement, comme des enfants porteurs d'envies.

    Nous l'avons déjà relaté, par exemple dans ces articles :

    http://laclasseplaisir.eklablog.com/plaisir-vecu-924-changement-de-regards-a117720188

    http://laclasseplaisir.eklablog.com/plaisir-vecu-813-le-temps-de-se-balader-a113043008

    http://laclasseplaisir.eklablog.com/plaisirs-vecus-416-lire-pour-le-plaisir-a117610566

    Ce/ces temps à institutionnaliser ne sont pas ceux accordés aux enfants qui ont fini leur travail, donc toujours les mêmes, pas non plus ceux que le maître attribuerait selon son bon vouloir, parce que c'est la fin de l'année ou parce qu'il est fatigué, mais bel et bien de temps inscrits dans l'emploi des temps de la classe.

    Pour illustrer ce propos, j'ai choisi de saisir - en photos - des instants où nous voyons des enfants engagés dans un projet qu'ils ont vraiment choisi, soit pendant le "temps de l'accueil" (http://laclasseplaisir.eklablog.com/prendre-le-temps-d-accueil-a108187212), soit pendant le "temps des projets" (http://laclasseplaisir.eklablog.com/les-projets-personnels-a107848542), même si parfois le projet choisi par l'élève a été le prolongement d'une activité que j'avais proposée au préalable.

    Plaisir VECU 528 : Du temps, du temps et encore du temps

    Ici, S. et A. font des échanges de pièces et billets en euros, suite à une activité faite collectivement dans le fichier de mathématiques.

     

    Plaisir VECU 528 : Du temps, du temps et encore du temps

    Là, S. mène sa création au "temps libre et calme", création qu'elle nous présentera au "Je fais partager".

     

    Plaisir VECU 528 : Du temps, du temps et encore du temps

     S. et E. préparent l'emploi des temps de la journée avec quelques indications de ma part.

     

    Plaisir VECU 528 : Du temps, du temps et encore du temps

     A. et I. lisent tranquillement dans la bibliothèque.

     

    Plaisir VECU 528 : Du temps, du temps et encore du temps

     A. lit un livre sur le football qu'elle présentera au temps de "Nos questions" (http://laclasseplaisir.eklablog.com/nos-questions-a108184610).

     

    Plaisir VECU 528 : Du temps, du temps et encore du temps

     F. fait une création-pliage pendant le "temps libre et calme" de l'accueil.

     

    Plaisir VECU 528 : Du temps, du temps et encore du temps

     Ici, A. et S. réalisent une création avec des calques.

     

    Plaisir VECU 528 : Du temps, du temps et encore du temps

    Enfin, S. écrit son texte libre (http://laclasseplaisir.eklablog.com/l-ecriture-de-textes-libres-a108186602)


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  • J'avais 3 CM2 en APC (Activités Pédagogiques Complémentaires) pour travailler sur la résolution de problèmes. C'était notre troisième séance et il restait un problème à résoudre.

    Les élèves s'installent, je leur distribue leurs documents. Et là, une des élèves me dit : "Maitresse, on pourrait le faire seul ?". N'ayant pas compris sa demande, je lui explique que j'avais prévu un travail collectif mais que s'ils voulaient le faire seul, ils pouvaient. Ma petite élève me répond alors : "Non, on veut le faire ensemble mais sans toi !".

    J'ai adoré cette demande ! Je les ai bien entendu laissés travailler sans moi. J'ai écouté leurs discussions, leurs échanges, leurs argumentations. Un super moment d'échange pour eux, un riche moment d'écoute pour moi !

    Je vois deux raisons à cette volonté de faire seuls.

    La première serait la présence de nombreuses plages de T.I. (Travail Individuel) dans mon emploi du temps, T.I. au cours duquel les enfants ont pris l'habitude de ne rien me demander s'ils savent quoi faire et comment le faire.

    La seconde serait selon moi l'envie de se prouver à eux-mêmes qu'ils avaient bien intégré ce qui était demandé et qu'ils pouvaient le faire seuls, sans moi (à aucun moment je n'ai ressenti un besoin de leur part de me le prouver à moi).

    Stéphanie Bouchard


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  • Pour clôturer cette année 2015-2016 en perspectives souriantes, je vous fais partager mon souhait principal de "plaisir à vivre", qui deviendra, je l'espère, "plaisir vécu" l'année prochaine.

    J'aimerais transformer mon emploi des temps, de façon à ce que ma classe devienne davantage encore classe à projets, mais là, je ne pense pas aux projets qui viennent de l'Institution et qui souvent ne laissent que peu de traces, mais des projets issus de la vraie vie de classe, ceux émergeant du "Je fais partager" (Le "Je fais partager") ou du Eureka (Eureka), ceux qui naîtront des lectures que nous mènerons ensemble, ceux qui viendront de tous nos moments de découvertes, qu'elles soient mathématiques, culturelles, scientifiques...

    Il y aurait à la fin de chacun de ces temps une question rituelle qui serait : "Est-ce que vous avez un projet que vous aimeriez engager à partir de ce que nous venons de vivre ?"

    Quelques exemples inspirés de choses déjà vécues en classe :

    - Au "Je fais partager", un enfant nous raconte son week-end chez ses grands-parents avec ses cousins. On trace son arbre généalogique ainsi que celui d'autres enfants volontaires ?

    - Lors d'une lecture d'histoire, on se lance dans des théâtralisations de scènes ou des réalisations de pop-up, comme nous venons de le faire à partir du livre "Les 9 vies d'Aristote"

    - Lorsque nous travaillons sur les soustractions, certains réalisent des cartes à opérations avec au recto l'opération et au verso le résultat.

    Mais toujours des idées venant des élèves. Je serai seulement personne aidante pour l'avancée de ces projets !

    Ensuite, nous les noterons sur un tableau destiné à ça, avec les noms de ceux qui s'engagent à le réaliser, et avec qui. Et chaque jour, le "Temps des projets", un des temps rituels de la classe, sera centré sur l'accomplissement de ces projets-là.

    Daniel Gostain


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  • Vendredi matin, pour préparer le spectacle de cirque, nous avions décidé de mélanger les deux classes de l’école (PS à CP et CE1 à CM2). Mais la salle des fêtes étant trop petite pour contenir tout le monde (s’entrainer nécessite que chaque groupe ait beaucoup d’espace, notamment les jongleurs), nous avons dû partager les élèves et les lieux : les jongleurs et les clowns commenceraient par le cirque avec Nicolas (le maitre) et Nathalie (l’ATSEM), les dompteurs, acrobates et M.Loyal par le T.I. (Travail Individualisé) avec Elisa.

    Je me retrouve donc avec 19 enfants de la PS au CM2, dans la classe des grands (qui n’est pas la mienne). Chaque classe a l’habitude d’un temps de T.I. quotidien, mais avec leurs habitudes de temps, d’espace, de relations (aux enfants, aux adultes, au travail), de matériel... propres. Nous avons passé le premier quart d’heure de la matinée dans la classe des PS-CP à préparer avec chacun le travail qu’il aurait à faire, le livre qu’il aurait envie d’emporter, les jetons et la pâte à modeler dont il aurait besoin... Mais quand même, arriveront-ils à s’organiser aussi bien, à respecter le code du son « Je chuchote », à ne pas se sentir perdus ?

    Bref, j’arrive donc avec la moitié des petits, chargés de leur matériel, on trouve une place à chacun, tout le monde sort ses affaires, on rappelle que lors d’un blocage, on peut faire appel à ses voisins, le code du son est annoncé, et c’est parti ! Luce (CM2) ouvre son cahier du jour, Mathéo (GS) prend sa recherche mathématique et ses formes géométriques, Arthur (MS) demande discrètement des crayons de couleur à Morgane (CM1), Camille (CP) continue sa fiche de maths, Romaric (CE1) me demande de l’aide pour résoudre ses problèmes, Redwane (CM2) aide Timothée (PS) à s’organiser sur la table avec la pâte à modeler avant de replonger dans sa fiche de lecture, Pauline (CE1) va demander à Lola (CE1) la leçon sur le verbe Etre et le verbe Avoir, Eloïse (CM2) aide Théo (MS) à démarrer avec sa boite à compter, Clara (CE2) se fait aider par Camille (CE2) pour répondre aux questions de sa fiche de lecture, Léonie (CP) fait ses mots-croisés tranquillement dans son coin... Je suis sollicité par certains élèves, mais sans être débordée

    Le code du son est respecté, mais il me semble qu’il y a un peu trop de bavardages à une table, à voix basse mais quand même... Je demande à une élève de la classe des grands qui est responsable du son, elle me répond qu’ils sont tous les deux au cirque. Les responsables du son de la classe des petits le sont aussi... Cette élève prend alors l’initiative d’aller sonner elle-même le triangle. Et le calme revient...

    Au bout de 40 minutes, un grand annonce la fin du temps de T.I. 40 minutes... Nous passons au bilan rituel. Kylian (CP)  explique qu’il a travaillé avec les « dominos mathématiques », lu son livre et commencé un mots-croisés, qu’il trouve facile. Arthur (MS) explique qu’il a fait un dessin libre, lu son livre et terminé de coller les lettres du mot CAMION qu’il avait choisi (mais il lui manquait une lettre). Luce (CM2) explique qu’elle a tracé une figure géométrique grâce à un programme de construction, et commencé une ceinture de conjugaison, non terminée parce qu’elle est longue. Tiago (CE1) explique qu’il a fait un exercice sur les Nom/Adj/Dét, et un autre dans lequel il devait recopier un texte en ajoutant les points et majuscules (pas simple !). Il n’est pas sûr d’avoir réussi mais il l’a fait !

    Je tiens à faire aussi un bilan sur la qualité des conditions de travail. Je redoute surtout que les élèves des grands n’aient pas pu se concentrer aussi bien avec des plus petits, qui, certes, ont bien respecté le travail de tous, mais ont sollicité parfois, bougé un peu plus... Mais les grands me certifient que non, ils ont pu travailler comme d’habitude. Nous tombons d’accord sur le fait que certains pourraient diminuer le bavardage. Les grands expliquent aux petits qu’avec le maitre, ils ont un système d’étiquettes AIDE/CORRECTION au tableau qui évite de perdre du temps : Camille propose qu’on l’utilise la prochaine fois, et que je n’aurais qu’à alterner un grand/un petit/un grand...

    Les enfants ne s’en rendent pas compte, parce que pour eux, c’est naturel, mais moi, je JUBILE !!! Vivre un temps de Travail Individualisé de 40 minutes avec des enfants de 3 à 11 ans, avec un seul adulte disponible,  dans des conditions matérielles différentes pour certains, c’est incroyable ! Les petits ont trouvé leur place, aidés par les grands, dans cet espace peu habituel. Tous ont travaillé autant, voire plus que d’habitude. 

    Je pense la réussite de ce moment tient à plusieurs choses :

    -des habitudes de travail communes dans les deux classes (pas si éloignées finalement  ;) : code du son, entraide, tutorat, autonomie pour enchainer les tâches, bilan... ;

    -le mélange multiâge qui a permis aux petits de se poser davantage, et aux grands d’avoir peut-être plus d’espace (un petit tient moins de place qu’un grand) ;

    -la préparation intense des petits qui a été efficace (chacun avait son matériel, et savait ce qu’il pouvait faire) ;

    -des échanges très réguliers entre enseignants qui ont permis d’homogénéiser le fonctionnement des classes et de se mettre d’accord sur les attentes par rapport au T.I., et surtout les vigilances à avoir par rapport à certains élèves (ceux qui sont vite perdus, ceux qui peuvent passer tout leur temps en tutorat plutôt qu’à leur travail...) qui m’ont facilité la prise de décision (intervenir, laisser chercher, donner le bon coup de pouce au bon moment...).

    Et quel plaisir d’entendre mon collègue à la fin de la matinée faire le même bilan, en soulignant même qu’il s’était senti moins sollicité que d’habitude...  Bien sûr, quelques petits réglages restent à trouver, mais ça fait du bien quand ce à quoi on croit s’illustre si bien dans la réalité. A quand une grosse classe multiâge de 36 élèves avec deux enseignants ?

    Elisa Cécillon


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