• Cette année, dans ma classe de CM1/CM2, nous avons des correspondants qui habitent dans la Nièvre, en Bourgogne-Franche-Comté. Au « Quoi de neuf » de rentrée des vacances, une élève, K., nous a dit qu’elle est allée en vacances dans la même région, et qu’elle a eu envie d’aller voir les correspondants. Elle s’est donc demandé quelle distance la séparait d’eux.

    Elle a pris une carte de France et elle a commencé à mesurer cette distance. Mais, problème : quelle ne fut pas sa surprise quand elle obtint un résultat en centimètres. Elle s’est dit qu’elle se trompait, et a préféré en parler au « Quoi de neuf » de la classe : elle voyait bien que, de toute évidence, quelque chose lui échappait.

    Le lendemain, au Conseil, nous en avons reparlé, et là, un élève a dit : « K., elle a sa maison en Franche-Comté, et ce serait bien que nous sachions réellement combien de temps elle pourrait mettre pour aller voir les correspondants. Comme ça, aux prochaines vacances, elle pourrait y aller. Parce que nous, ça va être compliqué. »

    Je leur ai apporté plusieurs cartes de France, mais à différentes échelles. Dans la classe, les élèves travaillent en équipes. Chaque équipe a reçu une carte et a fait des mesures : il s’agissait de trouver la distance entre le village de K. et celui des correspondants. Evidemment, la réponse de chaque équipe était différente, mais toujours exprimée en centimètre : « Maitresse, c’est pas normal. Pour aller d’un village à un autre, il faut des kilomètres. Et pourquoi on obtient des distances différentes alors que les deux villages sont à un seul endroit de la France chacun ? » 
    Les élèves commençaient à se poser les vraies questions. Assez rapidement, ils en sont arrivés à se dire que les cartes n’étaient que des réductions de la réalité, et qu’en fonction de la taille de la feuille, on avait plus ou moins d’espace pour faire entrer la France dedans.

    Un élève a remarqué qu’il devait s’agit d’une transformation, comme en grammaire… En grammaire, on travaille effectivement beaucoup sur la méthode de la transformation (passer du présent au passé, du pronom « nous » au pronom « je », etc). Selon lui, la personne auteur de la carte dont il disposait avait dû transformer les kilomètres en centimètres. J’ai simplement noté qu’il s’agissait peut-être d’une possibilité, effectivement.

    Un autre élève a alors remarqué le segment, situé en bas de la carte : « Maîtresse, il y a un trait, et au-dessus, il y a marqué « 100 kilomètres », qu’est-ce que ça veut dire, ça ? ». J’ai alors proposé de mesurer ce trait, immédiatement nommé « segment » par mes soins : nous avons découvert qu’il mesurait 1 centimètre. Un segment d’1 centimètre, avec noté au-dessus la mention « 100 kilomètres »…

    J’ai alors déclaré à la classe que, lorsque je me rendais de Paris en Bretagne, chez ma mère, je parcourais environ 500 kilomètres en voiture. J’ai proposé de mesurer, sur la carte, cette distance Paris-Bretagne en centimètres. Cette enquête allait peut-être nous aider à comprendre la transformation et à trouver une formule de calcul : 5 centimètres entre Paris et Saint-Brieuc sur la carte = 5 kilomètres entre Paris et Saint-Brieuc lorsque la maitresse prend sa voiture.
    Un élève avait vu ce genre de chose dans les fichiers de numération : « Ah ben oui ! Donc 1 cm = 100 km. C’est facile ! ».

    Tout le monde s’est alors mis à utiliser cette formule, pour trouver la distance entre K. et nos correspondants, entre nous et les correspondants, entre le nord et le sud de la France. K. a ainsi appris qu’elle devrait demander à son papa de parcourir 200 kilomètres en voiture pour aller voir les correspondants à partir de son lieu de vacances.

    Dans les jours qui ont suivi, les élèves ont aussi commencé à utiliser cette découverte pour faire des maquettes de classe, et pour présenter notre quartier aux correspondants, nous avons décidé que nous allions faire des plans. Nous sommes allés dans la rue avec des instruments de mesure qu’utilisent les géomètres, nous avons mesuré la rue de notre école, qui fait 150 mètres, et après, nous nous sommes demandé comment nous allions la faire rentrer sur une feuille de format A3. Chaque élève, auteur de son propre plan, se demandait : « Dans 1 centimètre, je vais mettre 10 mètres, 100 mètres, 1 mètre ? ».

    Depuis, dans la classe, chacun utilise tout le temps cette notion d’échelle, et c’est une vraie jubilation.
    Tout cela a été possible à partir de la parole d’un enfant, prise en compte, et investie par le groupe.

    Magali Jacquemin, Ecole F. Labori, Classe de cycle 3, Paris 18ème.


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  • Je mène un atelier hebdomadaire de cuisine avec deux groupes successifs de 4 à 5 enfants de la classe de CE2 CM1 de l'école élémentaire Montesquieu à Pessac-Saige.

    Plaisir VECU 208 : Français ? Maths ? Cuisine !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Je considère ce moment comme très important pour ces trois raisons :

    1 – C'est un vrai travail d'équipe

    Chacun veille à une répartition équitable du travail. Chacun voulant avoir pelé, coupé, écrasé, goûté apprend à attendre : « Chacun son tour ». 
    A la fin de la matinée, il faut que la recette soit réalisée pour partager avec la classe ce qui a été cuisiné et il faut aussi que l'atelier soit rangé.
    Je note chez les enfants le plaisir d'être actifs, aussi bien pour réaliser les recettes que pour nettoyer l'atelier en fin de matinée, et de façon générale, garçons et filles sans distinction.

    2- C'est un lieu d'échanges informels

    La parole se met à circuler, des choses se livrent , des questions se posent.
    «   La citrouille est-elle vivante   ?   »
    Des difficultés relationnelles sont abordées, des richesses se dévoilent. Beaucoup parlent deux langues et certains parlent ou sont en contact avec une ou deux autres langues.

    C'est aussi un lieu d'échanges d'expériences pratiques   :
    –    casser un œuf sans laisser tomber des morceaux de coquille
    –    astuces pour réussir à faire certaines choses
    –    utiliser un éplucheur
    –     …

    3 – C'est la possibilité de laisser une trace personnelle

    Chacun exprime quelque chose de soi à la suite de l'atelier par le dessin et par le texte.

    Un exemple : «  Je me suis sentie libre ou plutôt c'était comme si je m'envolais quand je badigeonnais le jaune d’œuf sur la galette »
    N.

    Et voilà mon « moment champagne » :

    C'est pour H. la deuxième année scolaire. On est en mars. Il est arrivé deux ans auparavant du Mali n'ayant jamais été scolarisé et ne connaissant pas le français.

    Après l'atelier cuisine, chacun fait son compte rendu et H. utilise les fiches cuisine PEMF correspondant à la recette que nous venons de réaliser.
    Il est debout, penché sur ces fiches, il cherche, trouve les dessins correspondants aux ingrédients, aux ustensiles et les mots qui vont avec.

    Il dessine, il écrit...… les ustensiles, leurs noms, les ingrédients et leurs noms

    Alors que les autres enfants me sollicitent souvent, lui, reste imperturbable et seul avec acharnement et grande concentration. Il avance, il sait ce qu'il veut faire et va au bout.

    C'est pour lui un réel moment d'apprentissage dont il s'est emparé et qui dure assez longtemps, dix à quinze minutes. Il s’approprie le savoir.

    Ensuite il me demande d'écrire un texte qu'il me dicte et le recopie dessous.

    Monique Gachet

    PS : Comme quoi, l'acquisition des apprentissages fondamentaux passe par de multiples voies, et c'est tant mieux ! (ajout de Daniel Gostain)


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  • Le partage de cette semaine est celui d'un simple moment de classe qui a déclenché le rire de tous, le maître inclus.

    Mardi 5 mars : nous sommes dans une séance de mathématiques toute classique de CE1 : découverte de la multiplication comme nouvelle opération mathématique.

    La classe est dans une assez belle écoute - il faut dire que j'ai insisté sur l'importance de ce moment de découverte - bref, tout se déroule bien. J'ai l'impression que la plupart des élèves ont saisi l'intérêt de la multiplication comme opération de substitution aux additions répétées.

    Comme souvent, je ponctue cette séquence par un temps de reformulation par les élèves eux-mêmes : un enfant va jouer le professeur, une façon de vérifier que le savoir a été un peu assimilé.

    Il y a de nombreux volontaires, comme d'habitude. Cette fois-ci, ce sera C., une jeune fille plutôt réservée, mais toujours impliquée, qui le fera. Elle va devant le tableau, et pour apporter de la légèreté ludique à ce moment, je lui propose de mettre mon manteau, ce qu'elle fait sans hésiter.

    Elle fait une prestation impeccable, reformulant parfaitement l'essentiel de la leçon. Voulant alors aller plus loin, je me lève pour écrire au tableau une addition répétée et la faire ainsi réagir. Alors, elle déclare : "Je ne vous ai jamais demandé de vous lever, Monsieur ! "

    Stupeur dans la salle. Je la regarde, et je vais aussitôt me rassoir, jouant le penaud. Un rire commence à monter, auquel je participe naturellement. Je suis véritablement SLC.

    Depuis, je ne cesse d'y repenser avec bonheur, emballé par le fait qu'elle ait osé m'interpeller de la sorte, d'une façon aussi libre et juste. Je m'en souviendrai longtemps !

    Daniel Gostain


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  • Au "Quoi de neuf ?" de jeudi matin se présentent I. et J.A. :

    - Ce matin, nous allons vous parler de harcèlement à l'école (le silence qui salue chaque QDN est un peu plus assourdissant et je sens ma main se crisper un peu sur mon stylo de preneur de notes ; un rapide regard vers la stagiaire, qui est venue visiter ma classe Freinet avant de partir en emploi civique en Géorgie, me confirme qu'elle est, elle aussi, aussi surprise que captivée.)

    I. prend la parole et nous délivre qu'elle a subi du harcèlement pendant six ans dans son ancienne école privée sous prétexte qu'elle n'était pas pratiquante catholique, et qu'elle n'avait donc réussi à ne se faire aucune amie, qu'elle était régulièrement insultée, battue parfois dans les toilettes par ces petites consœurs à soquettes blanches ... Elle se sentait vraiment de plus en plus mal "à l'intérieur" et elle ne savait plus comment faire.

    - Tu n'as pas cherché à en parler à quelqu'un ... à un adulte ... à tes parents ? lance, inquiet, O.

    - Si, j'en ai parlé à ma mère au début. Elle a demandé à voir les parents d'une enfant en particulier. Après, c'était pire !... Je n'ai pas osé en reparler ensuite, même pas à ma maîtresse ou à la directrice ... et ça duré six ans de la PS au CE2 ... j'ai même pensé à en finir ... mais j'ai surtout supplié à mes parents de me changer d'école ! et ouf, ils ont fini par accepter, l'année dernière.

    On sent tous I. heureuse et tellement soulagée. Son sourire en dit long !
    Puis c'est au tour de J.A. de prendre la parole.

    - Et bien moi, comme vous le savez, cela fait un certain temps que je subis du harcèlement à l'école ...

    Je vois une petite fille baisser les yeux, et je ne peux pas m'empêcher de me rappeler que J.A. est souvent inscrite sur l'ardoise des "messages clairs" (pour en savoir plus : Messages clairs), même si cela a fortement diminué ces derniers temps... La stagiaire écarquille un peu plus les yeux, l'agitation de son stylo se suspend quelques instants...

    - Dans cette classe, je me sens beaucoup mieux ... j'ai trouvé le moyen de vous en parler et je remercie Mr G. et la pédagogie qu'il nous propose pour offrir des moments de parole dans la classe, je remercie I. de m'avoir accompagnée et encouragée pour parler de ce sujet qui m'a fait beaucoup de mal à moi aussi.

    - Et ça continue encore cette année ? (la question de M. qui me démangeait les lèvres a été posée...)

    - Oui ça arrive encore parfois ... dans les toilettes, on me bloque la porte ... au gymnase, on me dit dans les vestiaires que mes chaussures ou que mes habits sont moches ... l'autre jour on m'a volé mon pantalon de rechange après le rugby...

    Je me rappelle en effet de cet incident ... j'avais l'impression que les filles de la classe s'étaient relayées avec elle pour faire des allers-retours pour voir si une autre n'avait pas un vêtement de secours. On en avait même trouvé un à la garderie et A. lui avait rapporté un bas de survêtement, vu qu'elle était retournée manger à la maison. Je n'avais pas vu de moqueries, que des aides de camarades à une autre en difficulté ... j'en avais même parlé aux collègues plus anciens de l'école, qui s'en étaient d'autant plus réjouis que c'était la petite J.A. dont la fratrie subissait les moqueries depuis toujours ... Là, je suis vraiment suspendu et ému de cet échange qui commence dans la classe.

    - Mais on t'avait aidé à en retrouver un de pantalon ?..
    - On t'a même gardé la porte !
    - Je t'avais rapporté un survêtement de chez moi...
    - Oui c'est vrai, et je peux vous dire que ça m'a fait vraiment chaud au cœur ... et que si j'ai trouvé la force de venir vous en parler aujourd'hui, c'est justement grâce à ça.

    Waow ... on peut sentir beaucoup de sentiments dans l'atmosphère de la classe. Les sourires de J.A. et de I. font échos aux autres qui se sentent fiers de participer à avoir changé le sens du "sort"... Je suis un peu KO et je devine et vois des larmes retenues dans le coin de certains yeux, dont ceux de la jeune stagiaire...

    A la récré, elle viendra m'avouer qu'elle a été carrément "scotchée" d'avoir pu entendre des mots comme cela sur des maux comme ceux-là ... et que petite, elle avait elle-même subi du harcèlement à l'école. En lien avec ses études actuelles d'éduc spé ? possible ... en tous cas elle a passé un long moment le midi et le soir en quittant l'école pour me remercier de cette journée, qu'elle m'encourage à poursuivre et à faire savoir de la pédagogie Freinet et des messages clairs, et de la liberté de paroles des entretiens du matin, du regard bienveillant des élèves et du maître dans les activités qu'elle avait pu voir. Je la sens transformée par ce vécu. C'est à mon tour de cacher mes larmes de l'émotion qui monte ... C'est vraiment chouette cette péda ... Me voilà boosté encore un peu plus dans mes certitudes  !

    Philippe G


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  • J’utilise une monnaie de classe. Cette monnaie est un véritable outil de gestion de groupe. C’est un outil de motivation, je travaille et je suis payé pour cela. Mon travail est reconnu dans la classe et il a une valeur. C’est un outil de sanction : je fais une bêtise, je paye une amende. Les amendes sont discutées et votées en conseil. Je dépense ma monnaie au marché organisé une fois par mois environ.


    Stupeur mardi matin ! La banque a été dévalisée, elle est presque vide. Qui a commis le vol ? En tant que garant de l’institution, je demande au(x) voleur(s), non pas de se dénoncer, mais plutôt de rendre ce qu’ils ont volé discrètement, juste de le déposer sur mon bureau. J’argumente : « Si la classe n’a plus de monnaie, il n’y a plus d’amendes mais des punitions données par la maitresse, le marché prévu vendredi prochain ne pourra pas avoir lieu, on ne peut plus louer de matériel à la classe, bref…. tout le système est mis à mal ! Je sens l’inquiétude monter : les élèves n’avaient pas mesuré l’importance de la monnaie et la place qu’elle prend dans notre quotidien.


    Arrive 15h50, c’est l’heure du rangement et des métiers. Les discussions vont bon train… On sort à 16h, j’accompagne au portail ceux qui rentrent chez eux. J’aperçois un attroupement ; des élèves de ma classe sont autour de L. Je remonte en classe : les pujaux (c’est le nom de notre monnaie) sont disposés sur ma table. Je compte. Il y en a 4353. Le montant du vol est énorme ! Je décide de provoquer un conseil extraordinaire dès le lendemain matin afin de demander une sanction applicable au(x) voleur(s).


    9 h : le conseil exceptionnel est ouvert. Le silence est lourd. Je préside. Je rappelle les faits, des pujaux ont été rendus. Le conseil doit-il se contenter de cela ? La loi n’a pas été respectée, je demande une sanction. Les voleurs se désignent immédiatement. Chacun s’exprime sur ses motivations, les conditions, ce qu’il s’est passé…. On écoute, on ne juge pas, on essaie de comprendre. Les vols se déroulent pendant les récrés car certains restent en classe. M raconte : « On se met au défi : t’es pas cap de voler dans la banque ! ». Deux voleurs ont préparé une lettre pour s’excuser. Ils la lisent devant toute la classe. Le conseil est touché. A. se met à pleurer. M. en a parlé à la maison et a préparé sa lettre avec sa mère. Des élèves remarquent que les « voleurs » ont pris l’initiative de rendre la monnaie volée et de préparer une lettre d’excuse : il faut reconnaitre que c’est bien. J’acquiesce mais nous devons discuter de la sanction. Q rappelle que le conseil avait décidé il y a deux mois environ des dispositions à prendre en cas de vol. Je me souviens effectivement que nous avions parlé de cette éventualité. Les élèves avaient demandé à ce que la banque soit fermée à clé afin d’éviter cet écueil. Finalement nous n’avions pas donné suite car trop lourd à gérer.


    La discussion continue sur le rapport à la loi, quelle sanction, qui doit la donner ? Un élève propose de créer le métier de juge. J’exclue d’emblée cette possibilité. « Le conseil doit prendre ses responsabilités. Nous recherchons dans le cahier du conseil et nous retrouvons la décision prise : « En cas de vol, le fautif devra rembourser la somme volée et le conseil donnera une punition ». C’est écrit noir sur blanc et cela a été voté en conseil. Nous y voilà. Mais quelle punition ? Réflexions et propositions : deux propositions apparaissent. 1) Les voleurs seront ceinture dorée de comportement. 2) Les voleurs ne passeront plus au bilan (c’est le moment de la paye) pendant un temps en rapport avec le montant volé.
    Le conseil vote finalement que les voleurs peuvent choisir leur punition entre ces deux propositions. Deux choisissent de passer ceinture dorée, ils perdent tous leurs droits. Leur situation sera réexaminée à chaque conseil. Les autres choisissent de renoncer au bilan pendant 4 voire 6 semaines. Les voleurs assument parfaitement la sanction. Le conseil décide également que les parents ne seront pas prévenus car le problème a été réglé en interne et qu’il n’est pas nécessaire d’alourdir la sanction.


    Ce matin, je les ai vus grandir. Ils ont discuté, proposé, voté et sont arrivés à une solution satisfaisante pour le groupe. Quel bonheur et quel plaisir de pouvoir vivre ça.


    Véronique Druot – CM2 à Pujaudran (32)


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