• Dans ma classe de CE1-CE2, il y a eu un engouement sur l'apparition de la vie sur terre. Ça a commencé par un exposé sur les méduses, tout un questionnement s'en est suivi, et comme c'était très difficile de se représenter le temps à cette échelle, je leur ai présenté une frise chronologique qui part du big-bang jusqu'à nos jours en faisant apparaître l'apparition des méduses, des petits mammifères et l'homme. Forcément, c'est impressionnant.

    "Hou là là, mais alors c'était il y a vraiment très très très très longtemps que la terre a été créée..." Forcément la question, "Mais comment est-elle arrivée ?" arrive et la réponse, "Ben c'est Dieu !" arrive aussi. Et là, un enfant répond : "Mais non, voyons, tu le vois bien que c'était il y a vraiment super longtemps, ça peut pas être Dieu, donc c'est le papi de Dieu !"

    S'en est suivi toute une discussion sur ce qu'on croit et sur ce qu'on sait avec des preuves scientifiques. Et j'explique qu'à l'école on ne va travailler que sur les faits vérifiés scientifiquement.

    Fin de la discussion ? Non, le lendemain, un enfant arrive avec un livre "Mon premier catéchisme" qui explique comment Dieu a créé la Terre. Et il me dit : "Tu vois bien maîtresse, c'est dans un livre, donc c'est vrai."

    Rebelotte, discussion sur les preuves scientifiques et ce que l'on croit. Il a fallu expliquer que pour écrire des livres, des personnes se basent sur des croyances et qu'il ne faut pas croire aveuglément tout ce qui est dans les livres.

    Là j'avoue que j'étais un peu embêtée mais bon, ça c'est terminé comme ça.

    Plus tard dans l'année, on part sur un projet pour récolter de l'argent pour l'UNICEF et on travaille sur les droits des enfants, on regarde des vidéos, on lit des brochures, et puis le même enfant me dit : "Mais en fait tout ça, moi j'en sais rien si c'est vrai tout ce qu'ils font à l'UNICEF, il faut que je croie les brochures et les vidéos, mais c'est peut-être comme un film, c'est peut-être pas vrai, c'est comme ce qu'on me raconte au catéchisme. Ou alors il faut que je te croie toi. Alors moi, j'en sais rien si c'est vrai."

    Eh, la maîtresse, tu crois que tu vas me faire avaler tout ce que tu veux ? Et bien non !

    Magali Roquefort


    votre commentaire
  • J'ai une classe de PS/MS/GS, en milieu rural en Seine Maritime. Lors du 3ème conseil de l'année :

    H. ( 3 ans 9 mois, MS) demande la parole : " Bah  moi ze propose qu'on revoie Nina pasque ze voudrais qu'elle me dise que ze suis beau quand maman me met du zel".

    L ( 5 ans 2, GS) : " Oh je crois que tu es amoureux."

    H : " Oui c 'est ça, ze veux qu'elle me voie beau "

    Moi : " Alors oui Nina était une correspondante de la classe d' Isabelle, et tu lui avais écrit plusieurs fois. Alors comment faire pour revoir Nina ? "

    H : " Ze propose qu'on ait encore des correspondants "

    P ( 5 ans 3 mois) : " Heu y a un problème. Nina était une grande, elle est partie au CP. Elle est plus dans la classe d' Isabelle. "

    H affiche une mine très déçue.

    E ( 5 ans 9) : " T'inquiète pas H. y aura d'autres Nina dans la classe d' Isabelle. "

    Moi : " H propose d'écrire aux élèves d'Isabelle pour qu'ils deviennent nos correspondants. Qui est d'accord ? "

    Tous les doigts se lèvent très vite, enthousiastes, et H. de reprendre la parole : " Ah oui ! ", soulagé de penser que, sans doute, une autre Nina pourra apprécier son gel....   

    Une de perdue, dix de retrouvées....

    Ah quel bonheur, quand on donne la parole, de voir tous ces cheminements de pensée et ce lexique adéquat.

    Cathy Delarue


    votre commentaire
  • Souvent dans la salle des maîtres, ou en tout cas d’après mon expérience, chacun « se décharge » de ses moments pénibles. Alors on parle de ces élèves qui ne savent pas ceci ou cela, qui ont la bougeotte, qui ne se taisent jamais, qui ne rangent pas leurs affaires, etc… et la liste est sans fin. Peut-être qu’on a besoin de ça, mais parfois, je trouve ça pesant.

    Une année, dans une école où c’était devenue quelque chose de vraiment lourd pour moi, j’avais imposé un midi où l’on ne pouvait échanger que des regards positifs sur nos élèves ; cela avait plus ou moins bien pris mais cette journée me faisait du bien. Parce qu’à force, on pense comme ça... Ou alors on l’a tous un peu en nous… Un enseignant canadien m’avait dit que c’était quelque chose de très français ; ça m’avait beaucoup interrogé…(et je me suis dit qu’il fallait que j’aille voir une école canadienne).

    Cette année, le soleil brille dans la salle des maîtres. J’ai la chance d’avoir une collègue de travail qui s’enthousiasme des milliers de moments avec ses élèves, qui voit (vraiment) les lumières brillantes que les enfants portent en eux, qui raconte TOUUUUT ce qu’ils savent faire, comme ils s’engagent dans les activités, comme ils rient, vivent, travaillent, apprennent, coopèrent, prennent soin les uns des autres, etc… et la liste est sans fin ! Un regard bienveillant, sans naïveté, qui fait du bien, et … quelle chance ont ses élèves et notre école ! Et en plus c’est contagieux, ça force à s’interroger sur son propre regard et à voir d’abord et avant tout, toutes ses petites choses positives, belles, drôles, touchantes, … qui se passent dans une classe et qui viennent des élèves.

    Alors (un très grand) merci à elle et je souhaite très fort qu’il existe une telle personne dans chaque salle des maîtres.

    Nicolas


    votre commentaire
  • Au Festival du livre de Mouans-Sartoux, j'ai assisté en direct à un très beau "moment-champagne"...

    Le vendredi, c'est la journée des scolaires, enfin il paraît, car franchement de 10h à 15h, on assiste à des moments plus que terribles :

    - "Non, les BD et les mangas c'est pas pour vous

    - Non, c'est pas de ton âge...

    - Non, ne touche pas les livres...

    - On est pressé, viiiiiiiite...

    - Allez, en rang par deux et par ordre alphabétique...

    - Etc."

    Sans compter les défilés quasi militaires.

     

    Heureusement, il y a aussi de belles surprises !

    A un moment, tout un groupe de gamins se précipite sur le stand de l'ICEM :

    - "On a les mêmes, on a les mêmes... (des Btj, des Jmag)

    - Maître, tu as vu ?"

    Et là je vois arriver Eric avec le reste de la classe. Nous discutons un moment, les élèves s'éparpillent sous le chapiteau tranquillement, vont et viennent, s'arrêtent, discutent, regardent, touchent, lisent... Normal, ils sont venus au Festival du livre.

    Le temps passe et arrive presque toute la classe, tenant un grand livre entre plusieurs mains...

    - Eric, Eric, on a acheté un livre pour la classe...

    - Mais je ne vous ai pas donné l'argent de la coopérative.

    - Oui, mais là, on a mis chacun un peu de notre argent de poche et c'est pour la classe !".

    Merci à Eric et à sa classe pour ce très beau moment partagé.

    Jean-Charles Huver


    votre commentaire
  • En classe unique, un jour par semaine, premier "Accord de groupe" du vendredi (comme un conseil d'élèves) qu'ils ont aussi tous les mercredis : quelques prises de paroles qui valent le coup de se réjouir quand à leur implication dans les apprentissages.

    - Proposition par une élève d'une journée Halloween : je leur demande pourquoi justement un vendredi car ils passent quand même plus de temps avec le maître. Une élève de CP (fraîchement arrivée de maternelle en septembre 2017) me répond avec la plus grande simplicité : tu comprends maîtresse c'est tellement chouette de partager des journées spéciales. Nous avons aussi envie de partager quelque chose de spécial avec toi ! Un autre élève : Qui prépare le mot ? Et allez, même pas besoin de proposer la rédaction du mot partagée, l'idée est venue d'eux même.

    - Pendant le temps d'Arts Visuels, je vois quelques élèves discuter, se partager des feuilles...un CM1 était en train de fabriquer des créations géométriques pour que les CE1 les colorient. Des créations, des photocopies, des coloriages... Je leur ai donc proposé de partager cette idée lors de l'"Accord de Groupe". Cette idée a tout de suite fait l'unanimité dans la classe et quelle aubaine pour moi qui doit travailler la géométrie le vendredi ! Et en plus, il y en a plusieurs qui ont eu l'idée d'en faire des livrets pour les vendre pour la Coop ! Puis petit débat sur : "Est ce que les gens vont nous acheter des livrets de coloriage alors que nous ne sommes pas des professionnels ?"

    Bon maintenant, il faut mettre en place tout ça !

    Quel plaisir !

    Marie Delarue (74)


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires