• Cette semaine je propose un atelier "construire des objets en volume" à mes "Petites sections". 

    Pourvus de clipos et d'un petit cochon en plastique, ils doivent réaliser une maison dans laquelle le cochon peut entrer et pourvue d'un toit qui le cache.

    La petite L., 3 ans, vient me voir en cours d'atelier avec un cochon dans une sorte d'enclos sans toit. Je lui dis que je ne vois pas de toit. Réponse : "Oui mais il va être malheureux le cochon s'il est enfermé dans le noir !" Je lui réponds que c'est vrai et qu'elle peut essayer de trouver une solution à ce problème.

    Elle revient avec une construction superbe (que je n'ai pas eu la présence d'esprit de prendre en photo...) avec une maison avec une fenêtre, adjacente à un enclos qui renferme manifestement des activités...ou des arbres...enfin...des clipos verticaux, elle arrive même à dégoter un clipo sur lequel il y a une fleur et au moment des présentations elle indique ce qu'elle a prévu pour le cochon...qui a même son propre mur d'escalade !

    La conscience du bien être animal est là !

    Caroline Bouis

    POUR ALLER PLUS LOIN

    Des idées pour créer

    https://www.icem-pedagogie-freinet.org/creations

    Des défis techno : le Tatex

    https://www.icem-pedagogie-freinet.org/accueil-tatex

    UNE QUESTION

    Comment permettre à ce temps de recherche libre de perdurer aux plus grands âges ? 

     


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  • Qu'est-ce qui fait que tant d'élèves passent à travers nos plus belles intentions pédagogiques, faites de différenciation, de bientraitance et de toutes sortes de dispositifs vertueux et labellisés par l'Institution ? Voici ma question. 

    Cette année, profitant de ma formation comme enseignant spécialisé, j'ai la chance d'une part de porter un regard sur ce qui empêche certains enfants dans des classes aussi bien de maternelles que d'élémentaires, d'autre part d'accueillir en individuel et/ou en petits groupes des enfants signalés en grande difficulté.

    Ce double regard me conduit à un questionnement que je peux poser basiquement ainsi : "Pourquoi ça ne marche pas ?". J'ai donc eu envie de proposer aux enseignant(e)s des classes de CE2, CM1 et CM2 de mon secteur une chose qu'ils n'ont presque jamais le temps (ou l'idée) de faire : permettre aux élèves de parler entre eux de ce qui est quand même au coeur de leur présence/absence à l'école :  apprendre. 

    J'ai mené deux séries d'ateliers de réflexion collective autour des thématiques suivantes : 

    1) Qu'avez-vous eu du mal à apprendre depuis que vous êtes à l'école ; Qu'avez vous réussi à apprendre ; Qu'aimeriez-vous encore apprendre ? 

    2) Qu'est-ce qui vous empêche d'apprendre et comment réduire ces empêchements ?

    Sur cette dernière question, l'enseignant(e) a remis à chacun une fiche sur laquelle chaque élève choisissait les trois-quatre empêchements qui résonnaient le plus en eux, et à partir de leurs réponses j'ai sélectionné les empêchements dominants : J'ai peur de rater ; C'est le bazar en classe ; J'ai besoin de bouger ; Je me sens nul. 

    Télécharger « Leurs empêchements à apprendre.doc »

    Puis nous nous sommes installés en demi-groupes, en cercle, dans une autre salle que la classe, nous avons utilisé un bâton de parole pour parler, et j'ai laissé leurs mots se déployer autour de ces questions (je me suis contenté de les recueillir et ne surtout pas intervenir sur le fond)

    A l'issue de chaque séance, je leur ai demandé leur ressenti. Il est très éloquent. 

    - Ça fait du bien parce que j'ai tout dit

    - Ça nous permet d'expliquer nos difficultés

    - Ça me permet de lâcher ce que j'avais à dire

    - Le maître n'est pas là pour nous dire qu'il ne faut pas dire ça ou ça, donc ça aide. En plus, c'est calme, il y a de la parole et on est sages

    - C'est bien pour se connaître un peu mieux

    - Ça me soulage, parce que j'ai cru que j'étais le seul à être comme ça

    - Tu peux dire ce que tu as à dire, ça te lâche tout et tu te sens mieux

    - On a pu dire ce qu'on pensait depuis longtemps

    - Ici, on ne s'est pas moqué

    Ça fait plusieurs années que je milite pour qu'un "Temps des penseurs" soit inscrit dans l'emploi des temps des classes, un temps pour penser l'apprentissage, les empêchements à apprendre, pour penser aussi le monde, notre condition humaine, et enfin penser la classe dans laquelle ils passent tant de temps. 

    Ce temps n'est pas seulement agréable, il est pour moi l'opportunité de débloquer des choses intérieures chez un grand nombre d'entre eux et ouvrir un peu plus leur accès aux apprentissages.

    Alors, plutôt que de s'acharner sur des dispositifs didactiques sophistiqués, pensons aussi tout simplement à nous mettre à la place des enfants, qui sont ceux qui passent le plus d'heures à l'école, et qui n'ont souvent aucune possibilité d'interroger ce qui y fonde leur présence et parfois leur absence. Ce qui est quand un comble, vous ne trouvez pas ?

    Daniel Gostain

    POUR ALLER PLUS LOIN

    1) Le "Temps des penseurs"

    Télécharger « Le Temps des penseurs.pdf »

    2) Travailler les "empêchements à apprendre"

    http://www.empechementsaapprendre.com

    UNE QUESTION

    Pourquoi penser sa présence/son absence à l'école n'est-il pas inscrit dans les programmes ? 


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  • Il va m’être difficile de résumer en quelques lignes ce qui s’est passé en classe tant la situation a été riche, mais je vais tenter de m’y atteler.

    Lors de notre premier débat concernant le « Parlement des enfants », j’ai invité les enfants de ma classe de CM2 de Waziers, commune urbaine proche de Douai dans le Nord de la France, à échanger sur la thématique : « Egalité homme femme » dans le but de rédiger une proposition de loi qui sera transmise à notre député.

    La première chose qui émerge chez ces petits citoyens en devenir, c’est que l’égalité entre les sexes n’existe pas ! Et les exemples ne manquent pas. Dès les premières secondes, la classe trouve que le sport féminin est moins repris dans la presse que le sport masculin. Le débat se poursuit sur les différences physiques qu’il y a entre un garçon et une fille… Mais rien ne justifie cette couverture médiatique moindre.

    Quelques minutes plus tard, des élèves se sont posé la question de l’existence d’une présidente de la République. En France, après une rapide énumération, nous nous heurtons à une nouvelle inégalité… Heureusement que certain-e-s nous rappellent qu’à l’étranger, cela existe ! Cette « bonne nouvelle » est vite entachée par un rappel : lors de notre travail sur l’Assemblée nationale, nous avons vu qu’il y avait moins de femmes que d’hommes au palais Bourbon. D'ailleurs, il n’y a jamais eu de femme présidente de l’Assemblée nationale… Encore une désillusion !

    Nous continuons… Les prises de paroles s’enchaînent… Pourquoi ce sont majoritairement les femmes qui s’arrêtent de travailler à la naissance d’un enfant ? La classe revient sur les raisons salariales, culturelles et traditionnelles qui veulent que les femmes s’occupent du foyer. Beaucoup de filles trouvent qu’en France les grandes idées de liberté, d’égalité sont profondément ancrées dans nos mœurs, mais que les actes pêchent. De plus, elles ont entendu parler, même si cela est flou, que dans le passé, les femmes avaient dû se battre pour obtenir des droits fondamentaux (droit à l’éducation, au travail, droit de vote, droit à la contraception, à l’avortement…). Un nom sort d’une petite tête : Simone Veil ! Certains l’ont vu sur une pièce de 2€. Nous fonçons ! Nous nous interrogeons !...

    A la suite de ce débat, qui dura plus d’une heure, nous devons maintenant choisir un angle pour notre proposition de loi. Et c’est là que j’ai compris que nos enfants se sentaient à la fois intégrés au monde qui les entoure, mais également impuissants face aux défis qu’ils doivent relever !

    Certains de mes élèves prennent à nouveau la parole et expriment leur pensée : nous ne serons pas écoutés car nous faisons partie des minorités.

    Je demande donc des explications et on m’explique qu’à l’Assemblée nationale, les députés semblent assez âgés et les enfants de la classe n’ont que dix ans. Les différences de milieux sociaux entre les élus et les citoyens sont aussi évoquées, avec des mots d’enfants. De plus, la loi devra concerner l’égalité homme/femme et les députés sont souvent des hommes : voudront-ils supprimer leur position de privilégiés ? de dominants ?

    Après l’expression de ces doutes, j’avoue être fier de ces interventions d’autant plus que la classe a pris la décision de remettre à plus tard notre choix car elle a pris conscience de la difficulté de celui-ci. Les enfants se demandent : sur quoi pouvons-nous agir ? … et personne n’avait la réponse à ce moment du projet !

    A noter que, depuis ce débat, les enfants se sont structurés en groupes de travail et ont proposé une loi relevant de problèmes qu’ils jugent majeurs : les discriminations concernant la vente de produits jugés sexués tels que les habits ou les jouets, la ségrégation toujours présente dans certains catalogues de jouets et le non-respect de l’intimité des enfants dans les écoles élémentaires, notamment aux toilettes.

    Damien Bocquet –  ICEM-Pédagogie Freinet 59

    POUR ALLER PLUS LOIN

    1) Coopération et citoyenneté : un fichier

    https://www.icem-pedagogie-freinet.org/fichier-d-incitation-cooperation-citoyennete

    2) Les enjeux de l'égalité filles-garçons

    https://eduscol.education.fr/cid46856/les-enjeux-de-l-egalite-filles-garcons.html

     UNE QUESTION

    Comment faire de l'école un lieu de réelle citoyenneté ? 


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  • L'école est le lieu par excellence des apprentissages - avec la famille, bien sûr - mais il y a tout un pan qui est absent des pratiques de classe, c'est le "pourquoi nous apprenons".

    Ce "pourquoi" est pourtant, pour moi, ce qui devrait apparaître et être inscrit dans tout emploi du temps. Sans cette réflexion-là, que faire de tous ces élèves présents en classe mais absents à ce qui s'y passe, qui font ce que l'enseignant (e) leur dit de faire (ou ne font pas) sans y donner du sens. 

    J'ai eu plusieurs fois l'occasion de faire partager sur ce blog sur ce que j'ai appelé le "Temps des penseurs", un dispositif inscrit dans l'emploi du temps de ma classe, où je propose aux élèves de réfléchir à ces cinq dimensions : penser l'apprentissage, penser leurs empêchements à apprendre, penser le monde, penser leur condition humain et enfin, penser le fonctionnement de la classe. 

    Ce temps du pourquoi, je l'expérimente aujourd'hui avec plusieurs classes d'élémentaire dans le cadre de ma fonction d'enseignant spécialisé. J'interviens à la demande d'enseignant(e)s pour faire s'exprimer leurs élèves sur leurs apprentissages. 

    Nous constituons des demi-groupes pour faciliter leur parole, nous nous rendons dans une autre salle, nous nous installons en cercle, nous utilisons un bâton de parole qui circulera dans le cercle,  je leur rappelle quelques règles de base (confidentialité, non-jugement, toutes les paroles sont valables) et je leur pose trois questions, l'une après l'autre : 

    - Qu'est-ce qu'ils/elles ont eu du mal à apprendre dans leur scolarité passée et en cours ?

    - Qu'est-ce qu'ils/elles arrivent bien à apprendre ?

    - Qu'est-ce qu'ils/elles aimeraient apprendre de nouveau aujourd'hui ? 

    Ce temps de 40 minutes environ est véritablement jubilatoire pour les enfants. Certains d'entre eux en arrivent à dire pendant le bilan, que pour la première fois ils ont osé dire des choses qu'ils ont toujours cachées, qu'ils avaient en eux, que pour la première fois ils ont osé dire leurs difficultés car ils sentaient qu'ils n'étaient pas les seuls à les avoir, que tout à coup ils ont découvert différemment certains de leurs camarades dans ce nouveau contexte. Et que ce temps-là, il fallait le renouveler !

    Ce que nous ferons certainement, car les enseignant(e)s ont découvert eux aussi des élèves différents de ceux qu'ils/elles ont l'habitude de voir. 

    Daniel Gostain

    POUR ALLER PLUS LOIN

    1) Découvrir le "Temps des penseurs"

    http://laclasseplaisir.eklablog.com/plaisir-a-vivre-803-le-temps-des-penseurs-a114153986

    2) D'autres approches qui peuvent changer la classe

    https://padlet.com/danielgostain/1

    UNE QUESTION

    Qu'est-ce qui empêche de nombreux enseignant(e)s à laisser émerger une libre parole en classe ? 


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  • Régulièrement, je répète à mes élèves qu'on a le droit de se tromper, que l'erreur fait partie de l'apprentissage, qu'il vaut mieux essayer et se tromper que ne pas essayer, que c'est pour cela qu'il ne faut pas se moquer de quelqu'un qui se trompe mais l’encourager…

    Dernièrement, je me suis trompée en écrivant quelque chose au tableau et un élève me l'a fait remarquer. J'ai reconnu que je m'étais trompée et ai remercié l'élève de me l'avoir signalé. Certains élèves ont un peu pouffé et je m'apprêtais à refaire mon laïus sur le droit à l'erreur, quand l'un de mes élèves de CM2, qui est depuis deux ans dans ma classe (et qui n'a pas toujours un comportement accommodant), a fait remarquer que ce n'était pas grave de se tromper et que la maîtresse aussi avait le droit à l'erreur. Sans ironie, avec aplomb et tranquillité. Tout le monde s'est arrêté de ricaner et nous sommes passés naturellement et calmement à la suite.

    Je me suis dit que cet élève s'était approprié le message et devenait un passeur, efficace et positif.

    Charlotte Marin

    POUR ALLER PLUS LOIN

    1)L'erreur, un outil pour enseigner

    http://web64.ac-bordeaux.fr/fileadmin/fichiers/circos/biarritz/pedagogie/Docs_anim_peda/L_erreur_un_outil_pour_enseigner.pdf

    2) Vers la pédagogie critique de Paolo Freire

    https://www.innovation-pedagogique.fr/article1644.html

    UNE QUESTION

    Quelle est la(les) meilleure(s) façon(s) de faire passer des messages (non-violence, respect, coopération, tolérance, etc.) ?


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