• Ce récit a pour point de départ un livre de Daniel Gostain, "Mat et Ma Tic et compagnie" (Bayard jeunesse). L'histoire de deux enfants, Mat et Ma à la rencontre de peuples étranges qui ont un drôle de rapport aux mathématiques. 

    Il a été proposé récemment aux élèves de plusieurs classes de devenir des Graphitik, des Problématik, des Narratik, des Quotitik, des Poétik, par exemple. 

    Et voici le vécu d'une classe : 

    "Chaque enfant est arrivé en classe, la veille des vacances et je leur ai proposé un défi en maths sur les nombres. 

    Je leur ai ensuite proposé de former des groupes de trois. Une fois cela fait, je leur ai remis une enveloppe dans laquelle ils ont découvert leur "mission" pour la matinée: par exemple les Narratik : "Voici votre mission : vous inventerez une histoire où les personnages principaux sont des nombres." Tous les élèves étaient très excités à l'idée d'effectuer les différentes missions.

    Chaque groupe est parti en recherche dans le domaine qui le concernait, dans la classe, en salle d'arts, dans le couloir, ...

    Après une heure de recherche environ, chaque groupe a présenté à la classe le bilan de sa mission, et les autres en ont profité pour questionner ou féliciter.

    Ma mission a été pendant les vacances de taper ce qui avait été fait et pris en photo afin d'en faire "Défitik : Le livre des nombres". 

    A la rentrée je leur ai distribué en couleur, ils ont été très étonnés de la quantité et la qualité de travail que cela représentait tout ce qu'ils avaient mutualisé.

    Aurore Roulier, Ecole Lyautey, Allonnes (72)"


    votre commentaire
  • De bien jolis moments : 

    Je remplace une enseignante en Moyenne Section de Maternelle, seulement pour la matinée. Du coup, je mets en place des ateliers de manipulation libre pour ensuite faire un temps d'échange. Je propose aux enfants qui le souhaitent de garder leur production de côté pour la montrer aux autres après. Ils n'ont pas cette habitude mais très rapidement l'envie de montrer est là et les productions à garder fusent. Lors de la présentations des créations, tous se montrent curieux. Vient le tour de N. , il a gardé un bout de pâte à modeler sur lequel il a marché sans le faire exprès. Émerveillement chez ses camarades, il y a un motif dessus. Il explique que c'est l'empreinte de sa chaussure. Tout le monde se met à regarder et à comparer les motifs sous les chaussures. Dommage que je ne sois là que la matinée, j'aurais bien fait un atelier empreintes...

    Dans ma classe de CM1/CM2, comme je ne suis là qu'un jour par semaine, je fais géométrie. Nous faisons des créations géométriques. Aujourd'hui, c'est la création de M. qui a été choisie. Après un temps d'observation, Y. ne tient plus, il demande "Mais comment tu as fait ?" M. répond, et moi j'écris ce qu'il dit au tableau : "D'abord j'ai fait...., ensuite j'ai..." N. demande alors :  "Quand je fais une création, est-ce que je peux écrire comment j'ai fait pour que d'autres puissent essayer de la faire aussi ?" On est en octobre et ils parlent déjà de plan de construction ! 

    Sabine Loubet


    votre commentaire
  • Ce vendredi, soir de vacances, j'erre dans ma classe pour rassembler les cahiers, les plans de travail et les divers travaux qui me serviront à faire le bilan de cette première période.

    Nouvelle école, nouveau niveau (CM2), il faut dire que ça cogite déjà pas mal durant ce ménage saisonnier... D'autant qu'un temps d'adaptation réciproque s'est déroulé en début d'année scolaire...

    Mais, au milieu de mon bureau, je découvre une enveloppe joliment décorée où est calligraphié "Monsieur Bocquet".

    Intrigué, je laisse de côté mes sacs et cartons pour découvrir ce que renfermait ce beau petit pli.

    La surprise fut plaisante étant donné qu'elle contenait un carton décoré. Il s'agissait d'une lettre signée d'un enfant de la classe. Sur cette missive était écrit  :

    "Monsieur, vous êtes gentil, patient.

    Alors vous méritez de passer de bonnes vacances. 

    Donc je vous souhaite de bonnes vacances."

    Cette délicate attention m'a permis de comprendre que cette première période, malgré tous les défis à relever, n'a pas été vaine et de rentrer à la maison avec le sourire et l'envie de retrouver tous ces bambins en novembre...

    C'est ce genre de "moment champagne" qui me permet de ne pas oublier, lors des questionnements quotidiens, les convictions qui m'amènent à faire ce métier.

    Damien Bocquet

    CM2 - Waziers


    votre commentaire
  • Le récit que je fais ici d'un moment jubilatoire, vécu tout récemment, vient d'une conviction : il faudrait qu'un jour on casse ce fonctionnement de l'école en groupes fermés d'élèves ayant le même âge, vivant les mêmes histoires scolaires et empêchés de partager leurs différences intérieures, venant des mêmes environnements trop souvent ghettoïsés,  et qu'on le remplace par un apprentissage fondé sur  l'échange des différences.

    Ça peut passer par des dispositifs comme la correspondance avec des enfants de milieux différents ou avec des personnes d'un autre âge, par des rituels comme le "Je fais partager" (Le dispositif) pendant lequel les enfants volontaires font partager leurs centres d'intérêt, par ces moments d'écriture libre où les textes produits font émerger les richesses singulières de chacun.

    Et voilà un autre exemple de la vertu des mélanges et des complémentarités.

    Un vendredi sur trois avec ma collègue de CP, nous vivons un temps de partage qui se construit ainsi. Mes dix élèves de CM2 préparent d'abord la lecture d'un album convenant à des enfants de 6-7 ans. Puis le vendredi, nos deux classes (CP et CE1/CM2) se rejoignent pour vite former des équipes de quatre : un élève de CM2, un de CE1, deux de CP. Ces quatuors se trouvent un espace dans les salles de bibliothèque et de ludothèque. Une fois installés, l'élève de CM2 lit son histoire aux trois autres. A l'issue de cette lecture offerte, tous les quatre réalisent une création commune inspirée par cette lecture. Nous, les deux enseignants, nous contentons d'observer, d'accompagner et de prendre des photos.

    En voici quelques-unes :

    Plaisir VECU 212 : Quand les extrêmes se rejoignent

     

     

     

     

     

    Plaisir VECU 212 : Quand les extrêmes se rejoignent

     

     

     

     

     

    Plaisir VECU 212 : Quand les extrêmes se rejoignent

     

     

     

    Plaisir VECU 212 : Quand les extrêmes se rejoignent

     

     

     

    Plaisir VECU 212 : Quand les extrêmes se rejoignent

     

     

    Plaisir VECU 212 : Quand les extrêmes se rejoignent

     

     

    Plaisir VECU 212 : Quand les extrêmes se rejoignent

     

     

    Plaisir VECU 212 : Quand les extrêmes se rejoignent

     

     

    Plaisir VECU 212 : Quand les extrêmes se rejoignent

     

     

     

     

     

     

     

    C'est une action très simple à préparer, très aisée à mener, il suffit juste d'avoir le désir de s'ouvrir. Les grands sont fiers de montrer leur expertise et se sentent investis d'un rôle très valorisant, les petits perçoivent un message non dit qui pourrait être : "Toi aussi, un jour, tu le feras".


    1 commentaire
  • « J’ai eu la chance de pouvoir m’inscrire en stage dans ta classe ! » Voilà le contenu d’un mail que j’ai eu le bonheur de recevoir fin août. Une ancienne stagiaire décidait de revenir dans ma classe, conquise par les pratiques mises en place. Le changement de niveaux lui permettait de venir découvrir cette année la mise en place d’un projet « Espaces partagés et Coéducation ».

    Le dispositif est déjà en soi une satisfaction, puisqu’il a été conçu avec une collègue qui a fait le mouvement afin qu’ensemble, nous puissions donner vie à ce projet de mutualisation des espaces et de nos pratiques.

    L’ouverture de la porte de communication entre nos deux classes l’après-midi permet de transformer nos cours doubles en une classe multi-âge au sein de laquelle les élèves se déplacent pour aller d’ateliers dirigés en activités autonomes. L’aménagement des classes a été pensé afin que dans chaque classe coexistent des espaces qui nous semblent indispensables, comme le coin calme, les jeux d’imitation de la maison, un lieu pour dessiner, un autre pour peindre, une table ronde pour partager…

    Ces espaces ont tous néanmoins des différences, afin que chaque classe détienne une particularité : un coin calme est orienté vers le toucher : revêtement des murs et coussins qui jouent sur les matières et des jeux dédiés alors que dans l’autre classe il y a des plantes. Une classe dispose d’un coin écoute d’albums et l’autre d’instruments avec un appareil pour écouter de la musique. Dans une classe on joue à la marchande avant de cuisiner, dans l’autre on s’habille et on s’occupe des poupons que l’on lave… Ce dispositif nous permet non seulement d’échanger, de croiser nos regards d’enseignantes, mais aussi de laisser une plus grande liberté aux élèves dans la gestion autonome de leurs apprentissages.

    Quel plaisir d’accueillir cette stagiaire dans ce dispositif qu’elle avait choisi ! Elle s’est glissée dans nos pratiques, elle a accompagné les élèves dans des ateliers coopératifs. Elle est de son propre aveu enthousiasmée. Avec nous, elle a pu constater qu’ils s’appropriaient ce nouvel espace avec des modalités de travail différentes de celles qu’ils avaient connues pour la plupart. Ils attendent l’ouverture de la porte de communication avec impatience, parce qu’elle annonce de nouvelles activités avec des déplacements, que, petit à petit, ils régulent entre les différents lieux et les activités qui leur sont proposées.

    Clothilde Jouzeau Kraeutler, enseignante de maternelle


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires