• Lors du conseil hebdomadaire de fin de semaine, A. propose à la classe de revenir en configuration des tables face au tableau, "en autobus". S'en suit le débat suivant :

    - J.E. réagit tout de suite en disant la chance que l'on a cette année de pouvoir être justement avec ses copains pour travailler

    - L.M. ajoute qu'en autobus, les plus petits sont devant et les plus grands derrière (afin d'avoir une chance d'apercevoir le dit-tableau) ... et que donc A. ( plutôt parmi les plus grandes) ne pourrait pas être à côté de sa copine S. (très petite). A. fronce les sourcils ...

    - O. fait ensuite remarquer qu'à 28 élèves, si on mettait toutes les tables face au tableau, on ne pourrait plus évacuer facilement vers la sortie de secours ...

    - I. demande alors la parole et déclare qu'avec la pédagogie Freinet (sic !) il est nécessaire de mettre la classe en ilots de travail, afin de faciliter le travail en équipe, de pouvoir demander de l'aide aux élèves de la tablée avant de solliciter le maître, de s'entraider, de coopérer. Pour elle, cela lui paraîtrait une grande régression de revenir en "autobus" comme elle l'a toujours vécu à l'école auparavant. Et d'ajouter que c'est comme pour le plan de travail, au début la pédagogie Freinet c'est un peu difficile et elle-même a eu des difficultés. Mais maintenant, elle s'aperçoit qu'elle travaille bien mieux qu'avant, qu'elle sent qu'elle progresse car elle comprend ce qu'elle choisit de faire parmi les travaux qu'elle organise elle-même.

    (silence dans la classe, moi j'avais le coeur qui s'était un peu emballé en prenant mes notes du Conseil - en plus de la responsable des notes qui n'était autre que A. qui avait lancé la proposition de changement d'organisation de la classe)

    Le président propose alors le passage au vote. Unanimité pour rester tel quel. Et suite du Conseil pour aborder le point suivant ; le tout dans le calme et les directives des responsables du Conseil.

    Un vrai moment de bonheur ! Champagne :)

    Epilogue : A la fin du Conseil, A. m'apporte le cahier des notes du Conseil. J'y jette un oeil. Elle a écrit à côté de sa proposition : "I. a raison" (il faut savoir que A. et I. sont les meilleures "ennemies" ...)

    Philippe Gilg (CM2 à Poitiers)


    votre commentaire
  • Dans la classe, cette année nous avons plusieurs "grands" projets, parmi lesquels une journée à Collobrières (petite commune bien connue chez nous pour ses châtaignes).

    Cette semaine, nous commençons à y travailler "sérieusement" : nous nous sommes réparti les tâches : Qui cherche parmi ce qu'on aimerait y faire et y voir ce qui est possible d'y faire et quand ? Qui cherche le trajet et le moyen de transport approprié ?, etc.

    E. et N. sont allées chercher sur Internet s'il y avait un musée. Elles ont trouvé les coordonnées d'une châtaigneraie qui accueille les groupes. Elles les ont notées, puis ont préparé leurs questions. C'est elles qui vont téléphoner : elles s'organisent, E. qui est plus sûre d'elle va parler, et N. qui est plus timide va écrire les réponses sur la feuille qu'elles ont préparée. Elles ont même écrit le texte de ce qu'E. va dire, pour ne pas être prises au dépourvu.

    Le moment de l'appel arrive. Les autres enfants sont en créations mathématiques, on s'installe au fond de la classe, personne n'est dérangé. E. compose le numéro, on voit à son visage que ça sonne longtemps, elle attend patiemment, puis se met à parler : elle lit à toute vitesse son texte et donne le numéro de téléphone de l'école, dit au revoir et raccroche. Je lui demande (tout en étant sûre de la réponse) : "Tu es tombée sur le répondeur?" Elle me répond : "Oh la la, c'était trop impressionnant, mais non c'était le monsieur" (ah mince, ce n'était pas la réponse que j'imaginais!). Pas grave, c'était une grande première pour nous, un grand moment, on va rappeler, je parle d'abord pour présenter E. puis je lui  passe le responsable de la châtaigneraie, nous mettons le haut-parleur et N. note ce qu'il dit ("il parlait vite !"). Elles conviennent de rappeler quand la classe aura choisi le moment de la visite et qu'on aura une réponse pour le car. La sortie prend une autre dimension, la leur, la nôtre, et nous avons hâte de la finaliser !

    Nadège Pessognelli
    CE2-CM, école de Saint Clair, Le Lavandou


    votre commentaire
  • Souvent, l'an dernier en double-niveau (CP/CE2), un élève me remplaçait pour animer un moment d'une séance et je pouvais ainsi travailler avec l'autre niveau. C'était régulièrement le plus rapide ou celui qui avait bien avancé sur son plan de travail.

    Mais cette année, un seul niveau (CE2) et beaucoup d'hétérogénéité : un élève m'a proposé, alors que je devais m'attarder à aider un de ses camarades en grosse difficulté, de venir animer la récolte des mots à partir d'une recherche sur un son. Et là, il a su gérer la prise de parole, il a veillé à ce que chacun parle, les élèves étaient très attentifs et attendaient bien leur tour !!!

    Quelques jours plus tard, une activité similaire, et l'élève se propose à nouveau : je dis que c'est une bonne idée, mais il faudrait aussi laisser d'autres élèves vivre cette expérience.

    P se propose mais reste bloquée au tableau (elle est pourtant plutôt à l’aise à l’oral). Alors, je rappelle le principe de cette activité : "Animer, c'est trouver le plus de mots... mais aussi donner la parole au maximum d'élèves." Alors C, élève plutôt timide, se propose et c'est reparti pour une animation qui me laisse l'occasion d'observer les élèves avec un certain recul.

    Bilan : on félicite C, même si une remarque lui est faite : "C'était un peu rapide."

    Cela me donne l'idée de dynamiser un peu cette séance en la faisant régulièrement animer par un élève. Je reste garante de l'écriture au tableau (car c'est assez rapide), mais cela peut être une nouvelle responsabilité : animateur d'un jour ! Je vais le proposer au prochain conseil !

    Depuis, les élèves ont proposé de tourner pour être animateurs sur certaines activités. Ils ont demandé, comme pour le « Je fais partager », qu'ils puissent s'inscrire et que ce ne soit pas toujours les mêmes, alors il faut les inscrire dans le cahier du conseil.

    Donc le matin, j'ajoute maintenant sur l'Emploi du temps, près de l'étiquette « Activité », le nombre animateurs requis. Au moment de la lecture de l'Emploi du temps, les élèves s'inscrivent.

    Ce seront des « animateurs d’ateliers » !

    Valérie Da Silva


    votre commentaire
  • Mercredi matin, on m’appelle : remplacement en CM1-CM2, mercredi matin, jeudi et vendredi matin (avec sortie au Théâtre le jeudi matin !).

    Après quelques mouvements en salle de sport, nous sommes rentrés en classe et je leur ai proposé d’écrire un journal. On a échangé sur le type d’article qu’ils pouvaient produire : ils avaient plein d’idées et se sont lancés tout de suite au travail, sur des feuilles volantes.

    En milieu de matinée, nous avons fait une pause pour lire un livre, histoire de donner des idées à ceux qui étaient en panne sèche… et c’était reparti. J’ai commencé à corriger avec certains, qui recopiaient ensuite leur texte sur des papiers colorés que j’avais prédécoupés. Le jeudi après-midi, on recommence (j’avais corrigé tous les textes chez moi la veille) : écriture, correction, recopie, illustration pour le titre… Difficile de sortir en récréation, et même moi, j’étais impatiente de rentrer ! Le vendredi matin, fin d’assemblage et lecture de l’œuvre collective…

    Plaisir VECU 570 : Ecrire un journal de classe en moins de 3 jours !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Quelle fierté ! Et quel plaisir partagé, ces deux jours en total décrochage du rythme et activités habituels ! Du coup, un exemplaire est resté dans la classe, chacun a reçu la photocopie de la page contenant son article, et j’ai emporté une copie pour  pourvoir la montrer à la prochaine classe qui m’accueillera. J’ai hâte de repartir en remplacement, pour tester et améliorer ce projet qui, je pense, peut être mené à tous les niveaux !

    Alexia Avrillon


    votre commentaire
  • Avec mes élèves on fabrique de petits livres à partir de leurs histoires, leurs illustrations. Aujourd'hui aboutissement pour R. qui termine son premier livre : le premier livre de la classe. Timide, il me le montre et nous voilà partis pour l'imprimer en plusieurs exemplaires. Au moment d'appuyer sur le bouton de la photocopieuse je lui dis :

    - C'est bon ? On peut y aller ?

    Il regarde sa feuille. On vient de coller les illustrations mais son regard est ailleurs.

    - Oui. Enfin je me sens bizarre.

    On rentre en classe et je lui demande d'expliquer ce qu'il ressent. Difficile de trouver les mots mais ses camarades l'aident : stress, fierté ? Est-ce que les autres vont aimer ? ... On finit par conclure qu'on s'en fiche. S’ils aiment, tant mieux, s’ils n’aiment pas, tant pis. Nous, on aime et on est fier de lui.

    Fin de matinée, je demande à mes élèves de faire leur cartable. Un élève ronchonne :

    "Pfff j'ai pas fini, encore un peu de temps, maîtresse."

    J'explique que c'est pas possible le taxi va nous attendre. On part, et en traversant la cour, il me demande :

    "Maîtresse, y a école demain ?

    - Oui, quel jour on est demain ? [...]

    - Ah oui, jeudi. Cool ! J'ai hâte de finir. Et est-ce que je pourrai écrire un livre, moi aussi ? Parce que moi aussi j'ai envie d'être euh... enfin tu sais avoir le cœur qui fait pom-pom comme R."

    Cet élève vient d'arriver. Peu scolarisé, son enseignant m'expliquait lundi qu'il avait peu d'appétence pour l'école…

    Félise Moreau, Ulis Georges Clémenceau, Mèze (34)


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires