• Sortir de la classe, c'est l'occasion de voir la ville à une heure où, généralement, on ne la voit pas. On croise les voitures de la Poste, les livreurs garés en double file, les retraités qui sortent faire leur courses. 

    Je trouve que le regard des gens changent quand on sort de la classe avec sa classe. Les voitures s'arrêtent pour nous laisser passer, les gens disent « bonjour » et les enfants le leur rendent joyeusement. Parfois même, un petit refrain spontané se met à bercer la fin de nuit de ceux qui sont en retard dans le métro pour rejoindre leur bureau.

    Ce jour là, nous allions au musée d'histoire. Pour y aller, nous devons descendre à la station « Canebière ». Nous attendions là, car l'un des enfants devait nous rejoindre pour cause de séance d'orthophonie. Comme nous étions en avance, je demandais aux enfants de regarder autour d'eux la ville qui les entourait, pour partager leurs trouvailles avec les copains. Et ça n'a pas traîné : l'un d'eux a remarqué la magnifique moulure au dessus de la porte de ce qui est désormais un commissariat, l'ancien Hotel Noailles.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    « C'est qui ? ». Évidemment, pris de court, et n'ayant pas de spécialiste de la mythologie parmi les parents accompagnateurs, je leur répondais ma phrase joker : « On fera une recherche en classe ». Mais là, un petit couple d'octogénaires s'est arrêté. Le monsieur, qui savait visiblement captiver un groupe, nous a présenté Mercure, reconnaissable à son casque ailé.

    « C'est le Dieu du commerce et du voyage, c'est pour ça qu'il est sur la devanture d'un hôtel ».

    « Ah oui, il a des ailes » 

    « Mais c'est pas un hôtel, y'a des flics »

    Et, comme un ninja de la connaissance, en pointant du doigt la voiture jaune du facteur 

    « C'est aussi le messager des dieux, c'est pour cela qu'on utilise ses ailes sur le logo de la poste ».

    Émerveillement des gamins. 

    « Ah oui, les ailes, je les vois »

    « Où ça, où ça ? »

    Ça y est, le copain est arrivé de chez l'orthophoniste. On rassemble tout le monde, et on dit au revoir au gentil couple, visiblement ravi d'avoir partagé un moment fugace de connaissance sur un trottoir Marseillais, qu'aucun musée, aucune classe, aucun maître n'aurait pu nous offrir.

    Hervé Allesant


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  • Après un court séjour de deux jours dans le Val de Loire avec une classe de CM2 de l’école Maurice Thorez de Wavrechain sous Denain (Nord), ce n’est pas un "moment champagne" que je veux partager avec vous, mais plusieurs. Je vous présente, en quelque sorte, une « Caisse de Champagne ». Je vous propose, à travers mon regard, d’ouvrir quelques bouteilles pour des situations qui m’ont, soit ému, soit rempli de fierté.
    Dans ce type de voyage, les enjeux pédagogiques sont certains, je ne les détaillerai pas ici, mais ils sont bien là ! (avant, pendant et après le voyage). Les connaissances emmagasinées et stockées le sont d’une manière durable dans un coin de nos charmantes têtes blondes et serviront à construire, de manière certaine, leur culture. Mais à travers ce voyage, je voulais davantage observer la construction de leur personnalité grâce à ce vécu et cette expédition, qui fut, pour certains, la première.

    En voici le récit : 

    Après quelques angoisses vite dissipées à la montée du bus au petit matin, l’excitation se fit rapidement sentir. Elle a commencé sur l’autoroute. Plus nous approchions de la capitale, plus elle était omniprésente. Jusqu’au moment où mon collègue prend la parole pour annoncer qu’un avion allait se poser sur les pistes de l’aéroport Charles de Gaulle, juste devant nous. Après cet événement qui a émerveillé beaucoup de nos élèves (à juste titre : n’est-ce pas magique si nous reprenons un court instant nos yeux d’enfant), un élève m’informe qu’il venait de voir un avion atterrir pour la première fois. Dans la conversation qui s’ensuit, il me demande si j'avais déjà eu la CHANCE de toucher un avion: ce à quoi je réponds par la positive. Emerveillé, il me demande la sensation ressentie, les différentes « matières », la chaleur ou la fraîcheur des matériaux ... C'est fou ! Ce voyage n’est pas encore commencé qu’il est déjà une réussite ! C’est à ce moment là que j’ai décidé de prendre en note mes ressentis, et surtout les leurs, et de les partager dès mon retour.

    Peu de temps après, nouvelles exclamations : ils viennent de voir la Seine. Nous sommes à deux doigts de l’euphorie… Plus nous avançons et plus je me demande comment ils vont réagir lors de la première visite… Je ne serai pas déçu.

    Les tunnels remportent aussi un grand succès... même si la palme d’or reviendra à celui de Roissy car il supporte les pistes de l’aéroport : cela remet en cause des considérations initiales pour quelques-uns qui ont du mal à me croire. Certains sont même étonnés par... l'aire d'autoroute. (Et oui, cela me paraissait banal mais pour des enfants qui ne pratiquent pas souvent de longs trajets, ça se comprend). Le contournement de Paris, de manière générale, fait énormément débattre. Au final, la majorité des enfants trouve que ce paysage urbain manque de verdure. Une grosse déception tout de même pour le groupe : nous n’avons pas vu la Tour Eiffel…

    "On va rentrer dans le château ou pas?" Ça y est, nous y sommes, nous avons mangé notre pique-nique et nous sommes devant le château de Chambord. Malgré les travaux préalables, les recherches et exposés, sa majestuosité les a scotchés. "Houaou regarde!" Les exclamations fusent. Nous estimons la hauteur des tours, la comparons avec nos maisons… Nous nous questionnons et nous attendons les réponses de la guide qui arrive. Tous s’émerveillent devant les œuvres abritées dans son enceinte et devant son architecture atypique, dont ils ont remarqué le mélange entre le style médiéval et celui de la Renaissance. Malgré tout, ils restent des enfants qui aiment jouer avec l’écho des salles, courir dans les parcs… Nous jouons pas mal de temps dans les escaliers « magiques » du château. Ils joignent habilement l’utile à l’agréable.
    "On peut ouvrir la fenêtre ? Y'a une belle vue de là"…Hélas non ! Mais la fin de la visite sur les terrasses contentera leurs yeux et illuminera leurs regards pour le reste de la journée.

    Une fois dans notre hébergement, nous prenons le repas et demandons à tout ce petit monde de prendre une bonne douche ! Malgré quelques problèmes d’organisation pour certaines chambrées (incapacité à faire fonctionner la douche, WC bouchés ou papier hygiénique non attrapable), tout se passe dans la joie et la bonne humeur. On manque de chargeurs (surtout pour les DS), des élèves se les partagent. La vie en collectivité se construit, en attendant la veillée. Tout le monde l’attend cette fameuse veillée, mais beaucoup ne savent pas ce que c’est… Une seule élève me pose la question, je lui explique que c’est un moment privilégié où nous nous retrouvons pour passer du temps ensemble, avant d’aller dormir.
    Tout le monde participe, adultes comme enfants, à un Time’s up géant. Nous y prenons tous du plaisir, elle durera donc un peu plus longtemps que prévu mais qu’importe, les élèves et les adultes sont heureux d’être ensemble et les quelques larmes du matin sont oubliées… jusqu’au moment du coucher. Le coup de blues du soir permet de resserrer les liens entre les copains de classe: on s’étreint, on se console… et tout revient à la normale jusqu’au petit matin.

    7h25, c’est le réveil. Première chambre, première plainte : « Monsieur, la chambre des garçons a fait du bruit et nous a empêché de dormir. » Malgré nos interventions nocturnes, il semble que certains ont bien profité de leur nuit entre copains. Cette remise en cause des règles de vie en communauté et de l'autorité n’est pas passée auprès de ceux et celles qui voulaient se reposer. Réunion de crise dans le couloir : le groupe règle ses comptes. Ceux qui ont empêché de dormir durant la nuit seront empêchés de dormir dans le bus la journée ! Ce n’est que justice…
    Malgré ce léger détail, ressort la joie du vivre ensemble (si important). Cela a commencé avant le départ, au moment de choisir les chambres, et s’est poursuivi sur place. Par exemple, lors des repas avec la répartition des tâches qui s’est organisée d’elle-même, c’est la collaboration qui s’est développée. De plus, et c’est à nouveau l’occasion de sabrer une nouvelle bouteille, il y eut des moments de partage et d’altruisme lors des passages aux échoppes quand certains n’avaient pas d’argent de poche alors que d’autres en avaient. A ce moment, j’ai entendu « Tu peux choisir un truc, je te le paierai », ou alors « Je vais le prendre pour X, elle n’a pas d’argent »… J’ai retrouvé cette même solidarité en fin de journée, mais j’y reviendrai.

    8h15, les valises sont bouclées, nous passons au petit déjeuner ! Ce qui est habituel pour certains est extraordinaire pour d’autres. Nous arrivons au buffet et nous voici devant deux machines à chocolat chaud (comme celles dans les hôtels…). Ce détail a permis à certains de prendre le meilleur petit déjeuner (au chocolat chaud) du monde ! Toute la journée se passe dans la joie et la bonne humeur. Je prends des photos avec les élèves le désirant pour publier en direct sur le blog de l’école où les parents et les camarades suivent nos découvertes (environ 1000 vues sur 48h, j’étais impressionné et j’imaginais bien les parents actualiser la page toutes les heures). Nous visitons le Clos Lucé puis nous mangeons (rapidement, les élèves ont souhaité profiter des jardins du Clos Lucé davantage que prévu, au détriment de la pause méridienne… comme je les comprends !). La solidarité s’organise à nouveau avec ceux qui n’aiment pas le panier repas imposé par la résidence. On partage, on donne… Je propose un deuxième service avec le surplus mais l’animatrice, présente avec nous, propose de garder cela en cas de petite faim sur le retour (l’arrivée étant prévue à 21h, elle a peur que les ventres gargouillent !). Certains enfants argumentent en ma faveur, ou en faveur de l’animatrice. Au final, un vote est organisé : je suis mis en minorité (quel bonheur qu’ils assument leurs choix !) et nous gardons quelques victuailles en réserve avant notre marche vers le château d’Amboise.

    La visite se passe avec l’intérêt de tous les élèves, malgré la fatigue qui cerne certains yeux : château, jardins… A nouveau des terrasses… et la Loire, imposante. Tout le monde est impressionné par la largeur du fleuve et la beauté du paysage. Malgré la fatigue, le groupe est rivé sur la ligne d’horizon… Des dizaines de photos sont prises. Devant moi j’entends : « Oh, Monsieur, la vue est incroyable ! ». Effectivement, cela nous change des rives de l’Escaut.
    De retour dans le bus, en route vers l’école, mon collègue prend à nouveau le micro pour annoncer que nous passons tout près de la Tour Eiffel… Enfin, nous l’apercevons au milieu des immeubles. Les visages fatigués s’illuminent immédiatement et des cris de joie, voire des hurlements, retentissent. Après cette jubilation, j’entends derrière moi : « Je viens de réaliser un rêve ! ». Dans une moindre mesure, cette scène se répètera quelques minutes plus tard, pour certains garçons, devant le Stade de France.

    Au fur et à mesure que nous nous rapprochons de l’école, les batteries se vident… Je suis quasiment le seul à avoir un petit peu de réserve dans mon téléphone. Je le prête à ceux qui le souhaitent. Mon collègue met à jour le blog car nous serons en retard d’une heure quarante-cinq à cause de bouchons. Ma batterie diminue également. Une élève me prête sa batterie de secours pour charger mon téléphone au détriment du sien et ainsi permettre à nouveau de faire tourner le précieux objet. Le collectif a (encore) primé ! On me prête même un doudou si je souhaite dormir dans le bus !

    20h : Le chauffeur doit effectuer sa coupure réglementaire et les élèves commencent à avoir faim ! Devant le retard accumulé et le chemin restant à parcourir, nous improvisons un repas qui deviendra collaboratif. Tout le monde, adultes (qui passent à la boutique pour augmenter les stocks) comme enfants, partage le peu qui lui reste. Nous accompagnons cela des chips, compotes et gâteaux sauvés du midi. Ainsi, tout est partagé ! Les tâches et les denrées : bonbons (achetés pour l’occasion sur l’aire de repos pour certains), compotes, biscuits, chips... Un vrai régal ! Des élèves passent de table en table proposer de leur propre chef des spéculos, des bonbons, des chips… Pas très équilibré, mais tellement agréable à voir ! Nous choisissons des élèves responsables du nettoyage pendant que les autres rangent leurs affaires. Nous repartons avec quasiment deux heures de retard sur l’itinéraire initial, mais le ventre rempli pour tout le monde !

    Nous nous apprêtons à quitter l’autoroute. Après deux jours de respect mutuel, vient le moment des « Au revoir ». Remerciements des enfants pour le prêt de mon téléphone, d'écouteurs… Les parents aussi nous remercient pour les photos et les informations diffusées tout au long du séjour… Nous repartons, mon collègue et moi-même, heureux du séjour mais contrariés qu’il ne se prolonge pas d’une nuit.

    C’est grâce à des projets de ce type que de telles expériences sont possibles à vivre. Elles se construisent bien en amont, j’en suis certain, mais trouvent leur apogée à ce moment précis de la vie de la classe. Ces sorties sont chronophages pour l’enseignant responsable du projet (ici, c’était mon collègue qui y a passé le plus de temps), mais aussi onéreuses pour les communes qui les financent. Malgré les réductions budgétaires, c’est quelque chose qui, j’en suis convaincu, doit être préservé.
    Pour conclure, je tiens à remercier les enfants pour leur comportement altruiste et le fait qu’ils me confortent dans l’idée que nous sommes sur la bonne voie.

    Damien Bocquet


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  • Tout a démarré lors d'un "Eurêka", ce temps de ma classe de CE1 qui est devenu un incontournable, au cours duquel les élèves qui le souhaitent viennent faire partager un apprentissage récent qu'ils ont "goûté".

    A cette occasion, de nombreux enfants ont pu dire leurs plaisirs d'apprentissage à leurs pairs, ce qui - je parie là-dessus - peut donner envie aux camarades.

    Sur une notion, sur une "capacité à" (par exemple à "parler à voix forte au théâtre"), sur une découverte... Ainsi, A. a parlé de cette nouvelle opération mathématique, la multiplication, qu'elle venait de découvrir apparemment avec plaisir.

    A l'issue de sa prise de parole, nous avons procédé comme d'habitude : nous avons demandé s'ils souhaitaient mener des projets, suite à ce partage.

    La même A. a aussitôt proposé de créer un "Jeu de l'oie des multiplications" et C. s'est associée à son idée. Je l'ai noté sur notre tableau de "projets Eurêka".

    Petite précision : Depuis quelques jours, pendant le temps de l'Accueil, A. jouait beaucoup au jeu de l'oie qui se trouve dans le bouquin que j'ai écrit, "Verbes, Sujets et compagnie". 


    Puis la semaine se poursuit, avec notamment ces temps de "Projets personnels" qui permettent à chacun de mener un projet qui lui tient à coeur.

    Quelques jours plus tard, est prévu dans l'Emploi des temps un moment de Présentation. Et c'est là que A. et C. présentent leur jeu de l'oie. Elles l'ont tracé, elles ont inventé des règles dans l'esprit d'un vrai jeu de l'oie et ont fabriqué deux dés en papier pour mettre en jeu la multiplication. Je le découvre avec les autres élèves, car elles l'ont réalisé sans mon aide.














     

     

     

     

     

     

     

     Depuis, les élèves jouent volontiers à leur jeu !

    Bien sûr, ce n'est pas spectaculaire, leur création pourrait être améliorée et le sera probablement, mais l'essentiel est ailleurs : grâce à ces temps ritualisés de la classe, les élèves ont la possibilité de dire oui à ce qu'ils ressentent pour se lancer dans des projets qui leur viennent en tête et qu'ils vont pouvoir rapidement présenter. Il en est de même lorsqu'ils écrivent des textes libres qui seront dans le journal, ou lorsqu'ils préparent des lectures à haute voix qu'ils pourront présenter à d'autres classes.

    J'insiste sur la ritualisation de ces temps, car souvent, dans les classes, il y a des projets, des envies, des propositions, mais pas les temps prévus pour les réaliser...

    Daniel Gostain


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  • Cela fait maintenant plusieurs jours (semaines déjà ?) que je pratique l'accueil échelonné avec mes élèves de CE2/CM1.

    L'accueil échelonné dans ma classe a lieu les jours où je ne suis pas de service de cour à 8h20 : les mardis, mercredis, jeudis. Je suis la seule de l'école à le pratiquer grâce au soutien du directeur et de la collègue de la classe voisine de la mienne qui accepte de remonter avec son rang tous mes élèves arrivés à la sonnerie de 8h30 et ceux qui ont envie de rester dans la cour. Les enfants montent seuls au troisième étage, entrent en classe, viennent me dire bonjour (spontanément, je n'ai rien demandé à ce sujet) choisissent une activité, un jeu, un livre, un dessin à finir... ils sont totalement libres. A 8h55, (maintenant), le maître du temps ou moi sonnons la clochette qui marque le temps de ranger les jeux pour démarrer le travail à 9 heures. Ce temps est calme, je ne suis intervenue qu'une fois au sujet d' une dispute pour savoir si on pouvait poursuivre une construction commencée la veille ou si "les autres" avaient le droit de tout défaire pour en commencer une nouvelle. C'est le conseil (qui a lieu le vendredi midi) qui a tranché par vote : on peut continuer et finir sa construction si ça prend une semaine d'accueil pas plus ! (et personne ne peut la défaire pendant ce temps)


    Ils ont immédiatement adopté le concept. Surtout, ils ont très vite compris que ce moment leur permettaient d'avoir du temps en plus pour utiliser tranquillement les nombreux jeux de la classe que j'autorise rarement à d'autres moments, parce qu' ils peuvent être bruyants et gêner la concentration des plus lents pour les temps libres, "quand le travail est fini", ou même détourner  certains élèves  de leur envie d'effectuer un travail librement choisi mais moins ludique, sur les temps de" Plan de travail".

    Et voilà mon moment-champagne :
    M., un CE2 à la présence bien réelle et parfois envahissante arrive très souvent le premier, tout content de s'installer et de choisir son activité (souvent les "légos" à construire). Il se lève ce matin-là et vient me trouver à mon bureau : "Maîtresse, hier je suis pas venu à l'accueil dans la classe parce que j'avais envie de jouer dans la cour, en fait..." "C'est ton droit, on a dit au conseil qu'on pouvait choisir d'aller dans la cour le matin, si on avait envie de jouer ou de parler à des copains d'autres classes" "Oui je sais, c'est bien qu'on peut choisir...dans la classe quand on n'est pas tous là encore, c'est plus facile d'apprendre à travailler ou à jouer sans faire du bruit , je trouve..." et il retourne à sa place, à son jeu, et se remet à construire en chuchotant pour demander les pièces à son voisin ! Wouaou, quel progrès pour M. ! Pourvu que ça dure...

    Jacqueline Bergeret


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  • Dans ma classe de CM2, nous avons passé une journée à expérimenter la "balade à lunettes". La consigne était de "chausser des lunettes" avec une intention d’apprendre...
    Par groupe, certains ont mis leurs lunettes mathématiques, artistiques, botanistes, sportives ou encore surréalistes !
    Puis, après un temps de travail et de réflexion, chaque groupe a été amené à présenter aux autres sa production.

    En plus d’une agréable promenade au Jardin des Sens tout proche de l’école, le long du Clain, c’est l’occasion de faire classe en plein air ... et avec le beau temps qui arrive enfin, cela a été un vrai plaisir pour tous, comme en témoignent ces témoignages d'enfants :

    "J'ai mis mes lunettes et après j'ai réfléchi à plusieurs choses concernant le thème que j'avais choisi. Au début j'étais toute seule puis très vite un petit groupe s'est formé. On a commencé plein de choses. On les a inscrites sur une feuille blanche. C'était très intéressant !" F.

    "J'avais mis mes lunettes sportives et par exemple quand j'ai vu des petits murets les uns derrière les autres j'ai vu une piste de sauts de haie. Quand j'ai vu un petit ponton au-dessus d'une mare, moi je voyais un grand plongeoir au-dessus d'une piscine olympique de cinquante mètres !" S.

    "Quand j'ai mis mes lunettes poétiques, j'ai voulu essayer de trouver des objets qui me faisaient penser à quelque chose d'autre. Puis j'ai continué pour trouver l'inspiration. Comme je l'ai trouvé je n'ai pas changé de lunettes parce que j'aimais bien celles poétiques et que je voyais les choses différemment, les choses comme un arbre = une allumette. C'était trop bien." N.

    "Quand j'ai mis mes lunettes mathématiques, j'ai essayé des trucs qui ressemblent à des formes géométriques." M.

    "Lorsque j'avais les lunettes de dessin, je voyais tout en noir et blanc !" I.

    "Quand j'ai mis mes lunettes de dessin, nous avons décidé avec mon groupe de faire un jardin réaliste/surréaliste. Quelqu'un dessinait du réaliste comme une maison par exemple et nous nous passions la feuille pour rajouter du surréaliste comme un crocodile. Nous essayons de mélanger ce que l'on voit avec de l'imaginaire." A.

    "Quand j'ai mis mes lunettes poétiques, j'ai essayé de transformer des buissons, des plantes etc ... en autre chose. C'était marrant parce qu'il fallait développer son imagination pour essayer de voir les choses différentes, et il fallait que ça ressemble à la chose de base a minima." L.

    "J'avais envie de faire de la musique, de créer des notes avec des bambous, de l'herbe ou des feuilles. On créait des instruments avec la nature." N.

    "Quand j'ai mis mes lunettes, je me suis senti libre de maths ... je voyais des carrés, des rectangles, des chiffres ..." M.

    " J'avais l'impression d'être un artiste libre en enfilant mes lunettes de dessinateur. Je me sentais bien. Pour moi, être libre c'est d'aller où je veux, avoir une maison, mais surtout être un artiste, un mangaka." M.

    "Moi j'ai mis mes lunettes sports, et du coup j'ai vu tout différemment. Tous les objets que je voyais avaient un rapport avec le sport. Sur la promenade, il y avait de l'herbe, des arbres, des fleurs, de l'eau etc .. Mais je voyais ça comme une piscine de 50 mètres, des balles de tennis, des disques à lancer, etc ..." M.

    "Quand j'ai mis mes lunettes mathématiques, j'ai vu des formes géométriques. Avant, sans lunettes, je ne voyais aucune forme !" C.

    "Quand j'ai mis mes lunettes poétiques, j'ai tout de suite pensé à un arbre qui ressemblait à une bougie." Y.

    Regard de l'enseignant : L’étude du milieu peut être considérée non seulement comme un moyen d’instruction et d’éducation, mais encore comme une finalité de l’éducation. En effet, maîtriser les milieux dans lesquels on vit grâce à leur connaissance, à leur étude, c’est accroitre son pouvoir sur le réel sensible et sur les réalités économiques, c’est se construire en tant que sujet de connaissance des phénomènes, c’est donc édifier sa propre autonomie par une emprise toujours plus grande sur le monde et ses différents aspects.

    Philippe Gilg


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