• J'aime ça, moi, sortir, avec ma classe. En toute saison, par tous les temps.

    J'aime ça, moi, la forêt. Surtout en cette saison.

    Alors, j'avais programmé une sortie en forêt. Contacter une société de transport pour affréter un car, solliciter le budget de la coopérative d'école, demander des sous monter un projet ? Que nenni ! Foin de tout cela. La forêt de Rennes est accessible par le réseau de transport en commun, en métro et bus. Simplement, j'ai calé une date, dix jours avant, avec deux mamans, deux qui me suivent dans mes aventures depuis plus de deux ans. Vérification faite de la compatibilité des horaires de bus faite, une information de sortie est soumise au directeur,  une autorisation est demandée aux parents, car on déborde légèrement des horaires, et hop, c'était programmé. 

    J'ai eu, il est vrai, une petite inquiétude la veille, car il s'était mis à neiger. Pas banal, pas fréquent non plus car nous sommes en Bretagne, plus connue pour sa pluie que pour ses sommets enneigés. Climat océanique oblige. La neige se fait de plus en plus rare, mais c'est un peu la panique sur les routes dès qu'il tombe trois flocons ! Au matin, je constate que, à 15 kms de Rennes, dans la campagne où je réside, la neige a tenu mais que les routes sont dégagées. Ça s'annonce bien ! Nous aurons besoin de réconfort, aussi je prépare un thé Rooïbos pour mes petits lutins, qui accompagnera les fruits secs prévus.

    A l'école, on se retrouve avant tous les autres élèves pour partir. Une maman supplémentaire se propose de nous accompagner en dernière minute. Pas de souci si vous n'avez pas peur de marcher. Et c'est parti ! Sur le trajet, on se déplace sans trop traîner au milieu des autres voyageurs, étonnés, amusés, blasés, fatigués, agacés.... La sortie de la ville nous permet de découvrir des champs blancs.

    Gare au verglas sur le trottoir à la descente, nous prévient le chaleureux chauffeur de bus.

    On se dirige à pied vers la forêt. L'itinéraire nous fait surplomber l'autoroute, saignée qui coupe le massif forestier en deux bouts.

    Il faut trouver l'entrée du chemin à l'aide du plan. On s'émerveille de la beauté de ce décor blanc, on se penche sur la flaque gelée, de la glace, on s'écarte pour ne pas recevoir la neige fondue qui tombe des branches. On trouve un passage, dégagé de neige mais boueux. Et on s'enfonce dans une sombre allée. Les enfants courent en ligne droite vers une clairière. 

    Bruit de tronçonneuse.  Nous ne sommes pas seuls au monde. Le forêt est occupée, la forêt est exploitée. On s'approche, se guidant au son. Passé l'étonnement, l'homme qui en est la source nous accueille avec chaleur, nous explique, gentiment, ce qu'il fait là. Qu'il arrange du bois : il découpe des branches sur des chênes tombés lors d'un gros coup de vent. Que ça lui servira à se chauffer. Que oui il veut bien faire une démonstration de l'emploi de ses outils. Alors ça braille, ça fume, ça projette, ça tombe, ça s'arrête. Impressionnés, nous le remercions et le quittons pour une collecte : mousses, feuilles, glands, bogues, arbustes, fougères, champignons, lichens.

    Plaisir VECU 801 : Sortir, sortir, et encore sortir !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    C'est déjà l'heure du retour. Ouf ! Le froid gagne, des pieds sont mouillés, des nez coulent. On se réconforte avec figues, dattes, abricots secs. Le thé fumant dans les gobelets réchauffe les corps. Le trajet retour se fait au pas de course (manquerait plus qu'on rate le bus!).

    Quelle chance penserez-vous, quel heureux hasard que tous ces événements imprévus nous arrivent. Oui. Et en même temps, à sortir souvent, la probabilité qu'il se produise de l'extra-ordinaire augmente. Ce à quoi je vous invite, délaissant au moins pour un temps ces écrans envahissants.

    Thierry Pérou, en REP à l'école Andrée Chedid, Rennes.


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  • Dans ma classe de CE1-CE2, il y a eu un engouement sur l'apparition de la vie sur terre. Ça a commencé par un exposé sur les méduses, tout un questionnement s'en est suivi, et comme c'était très difficile de se représenter le temps à cette échelle, je leur ai présenté une frise chronologique qui part du big-bang jusqu'à nos jours en faisant apparaître l'apparition des méduses, des petits mammifères et l'homme. Forcément, c'est impressionnant.

    "Hou là là, mais alors c'était il y a vraiment très très très très longtemps que la terre a été créée..." Forcément la question, "Mais comment est-elle arrivée ?" arrive et la réponse, "Ben c'est Dieu !" arrive aussi. Et là, un enfant répond : "Mais non, voyons, tu le vois bien que c'était il y a vraiment super longtemps, ça peut pas être Dieu, donc c'est le papi de Dieu !"

    S'en est suivi toute une discussion sur ce qu'on croit et sur ce qu'on sait avec des preuves scientifiques. Et j'explique qu'à l'école on ne va travailler que sur les faits vérifiés scientifiquement.

    Fin de la discussion ? Non, le lendemain, un enfant arrive avec un livre "Mon premier catéchisme" qui explique comment Dieu a créé la Terre. Et il me dit : "Tu vois bien maîtresse, c'est dans un livre, donc c'est vrai."

    Rebelotte, discussion sur les preuves scientifiques et ce que l'on croit. Il a fallu expliquer que pour écrire des livres, des personnes se basent sur des croyances et qu'il ne faut pas croire aveuglément tout ce qui est dans les livres.

    Là j'avoue que j'étais un peu embêtée mais bon, ça c'est terminé comme ça.

    Plus tard dans l'année, on part sur un projet pour récolter de l'argent pour l'UNICEF et on travaille sur les droits des enfants, on regarde des vidéos, on lit des brochures, et puis le même enfant me dit : "Mais en fait tout ça, moi j'en sais rien si c'est vrai tout ce qu'ils font à l'UNICEF, il faut que je croie les brochures et les vidéos, mais c'est peut-être comme un film, c'est peut-être pas vrai, c'est comme ce qu'on me raconte au catéchisme. Ou alors il faut que je te croie toi. Alors moi, j'en sais rien si c'est vrai."

    Eh, la maîtresse, tu crois que tu vas me faire avaler tout ce que tu veux ? Et bien non !

    Magali Roquefort


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  • Sortir de la classe, c'est l'occasion de voir la ville à une heure où, généralement, on ne la voit pas. On croise les voitures de la Poste, les livreurs garés en double file, les retraités qui sortent faire leur courses. 

    Je trouve que le regard des gens change quand on sort de la classe avec sa classe. Les voitures s'arrêtent pour nous laisser passer, les gens disent « bonjour » et les enfants le leur rendent joyeusement. Parfois même, un petit refrain spontané se met à bercer la fin de nuit de ceux qui sont en retard dans le métro pour rejoindre leur bureau.

    Ce jour là, nous allions au Musée d'histoire. Pour y aller, nous devions descendre à la station « Canebière ». Nous attendions là, car l'un des enfants devait nous rejoindre pour cause de séance d'orthophonie. Comme nous étions en avance, je demandais aux enfants de regarder autour d'eux la ville qui les entourait, pour partager leurs trouvailles avec les copains. Et ça n'a pas traîné : l'un d'eux a remarqué la magnifique moulure au dessus de la porte de ce qui est désormais un commissariat, l'ancien Hotel Noailles.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    « C'est qui ? ». Évidemment, pris de court, et n'ayant pas de spécialiste de la mythologie parmi les parents accompagnateurs, je leur répondais ma phrase joker : « On fera une recherche en classe ». Mais là, un petit couple d'octogénaires s'est arrêté. Le monsieur, qui savait visiblement captiver un groupe, nous a présenté Mercure, reconnaissable à son casque ailé.

    « C'est le Dieu du commerce et du voyage, c'est pour ça qu'il est sur la devanture d'un hôtel ».

    « Ah oui, il a des ailes » 

    « Mais c'est pas un hôtel, y'a des flics »

    Et, comme un ninja de la connaissance, en pointant du doigt la voiture jaune du facteur 

    « C'est aussi le messager des dieux, c'est pour cela qu'on utilise ses ailes sur le logo de la poste ».

    Émerveillement des gamins. 

    « Ah oui, les ailes, je les vois »

    « Où ça, où ça ? »

    Ça y est, le copain est arrivé de chez l'orthophoniste. On rassemble tout le monde, et on dit au revoir au gentil couple, visiblement ravi d'avoir partagé un moment fugace de connaissance sur un trottoir Marseillais, qu'aucun musée, aucune classe, aucun maître n'aurait pu nous offrir.

    Hervé Allesant


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  • Après un court séjour de deux jours dans le Val de Loire avec une classe de CM2 de l’école Maurice Thorez de Wavrechain sous Denain (Nord), ce n’est pas un "moment champagne" que je veux partager avec vous, mais plusieurs. Je vous présente, en quelque sorte, une « Caisse de Champagne ». Je vous propose, à travers mon regard, d’ouvrir quelques bouteilles pour des situations qui m’ont, soit ému, soit rempli de fierté.
    Dans ce type de voyage, les enjeux pédagogiques sont certains, je ne les détaillerai pas ici, mais ils sont bien là ! (avant, pendant et après le voyage). Les connaissances emmagasinées et stockées le sont d’une manière durable dans un coin de nos charmantes têtes blondes et serviront à construire, de manière certaine, leur culture. Mais à travers ce voyage, je voulais davantage observer la construction de leur personnalité grâce à ce vécu et cette expédition, qui fut, pour certains, la première.

    En voici le récit : 

    Après quelques angoisses vite dissipées à la montée du bus au petit matin, l’excitation se fit rapidement sentir. Elle a commencé sur l’autoroute. Plus nous approchions de la capitale, plus elle était omniprésente. Jusqu’au moment où mon collègue prend la parole pour annoncer qu’un avion allait se poser sur les pistes de l’aéroport Charles de Gaulle, juste devant nous. Après cet événement qui a émerveillé beaucoup de nos élèves (à juste titre : n’est-ce pas magique si nous reprenons un court instant nos yeux d’enfant), un élève m’informe qu’il venait de voir un avion atterrir pour la première fois. Dans la conversation qui s’ensuit, il me demande si j'avais déjà eu la CHANCE de toucher un avion: ce à quoi je réponds par la positive. Emerveillé, il me demande la sensation ressentie, les différentes « matières », la chaleur ou la fraîcheur des matériaux ... C'est fou ! Ce voyage n’est pas encore commencé qu’il est déjà une réussite ! C’est à ce moment là que j’ai décidé de prendre en note mes ressentis, et surtout les leurs, et de les partager dès mon retour.

    Peu de temps après, nouvelles exclamations : ils viennent de voir la Seine. Nous sommes à deux doigts de l’euphorie… Plus nous avançons et plus je me demande comment ils vont réagir lors de la première visite… Je ne serai pas déçu.

    Les tunnels remportent aussi un grand succès... même si la palme d’or reviendra à celui de Roissy car il supporte les pistes de l’aéroport : cela remet en cause des considérations initiales pour quelques-uns qui ont du mal à me croire. Certains sont même étonnés par... l'aire d'autoroute. (Et oui, cela me paraissait banal mais pour des enfants qui ne pratiquent pas souvent de longs trajets, ça se comprend). Le contournement de Paris, de manière générale, fait énormément débattre. Au final, la majorité des enfants trouve que ce paysage urbain manque de verdure. Une grosse déception tout de même pour le groupe : nous n’avons pas vu la Tour Eiffel…

    "On va rentrer dans le château ou pas?" Ça y est, nous y sommes, nous avons mangé notre pique-nique et nous sommes devant le château de Chambord. Malgré les travaux préalables, les recherches et exposés, sa majestuosité les a scotchés. "Houaou regarde!" Les exclamations fusent. Nous estimons la hauteur des tours, la comparons avec nos maisons… Nous nous questionnons et nous attendons les réponses de la guide qui arrive. Tous s’émerveillent devant les œuvres abritées dans son enceinte et devant son architecture atypique, dont ils ont remarqué le mélange entre le style médiéval et celui de la Renaissance. Malgré tout, ils restent des enfants qui aiment jouer avec l’écho des salles, courir dans les parcs… Nous jouons pas mal de temps dans les escaliers « magiques » du château. Ils joignent habilement l’utile à l’agréable.
    "On peut ouvrir la fenêtre ? Y'a une belle vue de là"…Hélas non ! Mais la fin de la visite sur les terrasses contentera leurs yeux et illuminera leurs regards pour le reste de la journée.

    Une fois dans notre hébergement, nous prenons le repas et demandons à tout ce petit monde de prendre une bonne douche ! Malgré quelques problèmes d’organisation pour certaines chambrées (incapacité à faire fonctionner la douche, WC bouchés ou papier hygiénique non attrapable), tout se passe dans la joie et la bonne humeur. On manque de chargeurs (surtout pour les DS), des élèves se les partagent. La vie en collectivité se construit, en attendant la veillée. Tout le monde l’attend cette fameuse veillée, mais beaucoup ne savent pas ce que c’est… Une seule élève me pose la question, je lui explique que c’est un moment privilégié où nous nous retrouvons pour passer du temps ensemble, avant d’aller dormir.
    Tout le monde participe, adultes comme enfants, à un Time’s up géant. Nous y prenons tous du plaisir, elle durera donc un peu plus longtemps que prévu mais qu’importe, les élèves et les adultes sont heureux d’être ensemble et les quelques larmes du matin sont oubliées… jusqu’au moment du coucher. Le coup de blues du soir permet de resserrer les liens entre les copains de classe: on s’étreint, on se console… et tout revient à la normale jusqu’au petit matin.

    7h25, c’est le réveil. Première chambre, première plainte : « Monsieur, la chambre des garçons a fait du bruit et nous a empêché de dormir. » Malgré nos interventions nocturnes, il semble que certains ont bien profité de leur nuit entre copains. Cette remise en cause des règles de vie en communauté et de l'autorité n’est pas passée auprès de ceux et celles qui voulaient se reposer. Réunion de crise dans le couloir : le groupe règle ses comptes. Ceux qui ont empêché de dormir durant la nuit seront empêchés de dormir dans le bus la journée ! Ce n’est que justice…
    Malgré ce léger détail, ressort la joie du vivre ensemble (si important). Cela a commencé avant le départ, au moment de choisir les chambres, et s’est poursuivi sur place. Par exemple, lors des repas avec la répartition des tâches qui s’est organisée d’elle-même, c’est la collaboration qui s’est développée. De plus, et c’est à nouveau l’occasion de sabrer une nouvelle bouteille, il y eut des moments de partage et d’altruisme lors des passages aux échoppes quand certains n’avaient pas d’argent de poche alors que d’autres en avaient. A ce moment, j’ai entendu « Tu peux choisir un truc, je te le paierai », ou alors « Je vais le prendre pour X, elle n’a pas d’argent »… J’ai retrouvé cette même solidarité en fin de journée, mais j’y reviendrai.

    8h15, les valises sont bouclées, nous passons au petit déjeuner ! Ce qui est habituel pour certains est extraordinaire pour d’autres. Nous arrivons au buffet et nous voici devant deux machines à chocolat chaud (comme celles dans les hôtels…). Ce détail a permis à certains de prendre le meilleur petit déjeuner (au chocolat chaud) du monde ! Toute la journée se passe dans la joie et la bonne humeur. Je prends des photos avec les élèves le désirant pour publier en direct sur le blog de l’école où les parents et les camarades suivent nos découvertes (environ 1000 vues sur 48h, j’étais impressionné et j’imaginais bien les parents actualiser la page toutes les heures). Nous visitons le Clos Lucé puis nous mangeons (rapidement, les élèves ont souhaité profiter des jardins du Clos Lucé davantage que prévu, au détriment de la pause méridienne… comme je les comprends !). La solidarité s’organise à nouveau avec ceux qui n’aiment pas le panier repas imposé par la résidence. On partage, on donne… Je propose un deuxième service avec le surplus mais l’animatrice, présente avec nous, propose de garder cela en cas de petite faim sur le retour (l’arrivée étant prévue à 21h, elle a peur que les ventres gargouillent !). Certains enfants argumentent en ma faveur, ou en faveur de l’animatrice. Au final, un vote est organisé : je suis mis en minorité (quel bonheur qu’ils assument leurs choix !) et nous gardons quelques victuailles en réserve avant notre marche vers le château d’Amboise.

    La visite se passe avec l’intérêt de tous les élèves, malgré la fatigue qui cerne certains yeux : château, jardins… A nouveau des terrasses… et la Loire, imposante. Tout le monde est impressionné par la largeur du fleuve et la beauté du paysage. Malgré la fatigue, le groupe est rivé sur la ligne d’horizon… Des dizaines de photos sont prises. Devant moi j’entends : « Oh, Monsieur, la vue est incroyable ! ». Effectivement, cela nous change des rives de l’Escaut.
    De retour dans le bus, en route vers l’école, mon collègue prend à nouveau le micro pour annoncer que nous passons tout près de la Tour Eiffel… Enfin, nous l’apercevons au milieu des immeubles. Les visages fatigués s’illuminent immédiatement et des cris de joie, voire des hurlements, retentissent. Après cette jubilation, j’entends derrière moi : « Je viens de réaliser un rêve ! ». Dans une moindre mesure, cette scène se répètera quelques minutes plus tard, pour certains garçons, devant le Stade de France.

    Au fur et à mesure que nous nous rapprochons de l’école, les batteries se vident… Je suis quasiment le seul à avoir un petit peu de réserve dans mon téléphone. Je le prête à ceux qui le souhaitent. Mon collègue met à jour le blog car nous serons en retard d’une heure quarante-cinq à cause de bouchons. Ma batterie diminue également. Une élève me prête sa batterie de secours pour charger mon téléphone au détriment du sien et ainsi permettre à nouveau de faire tourner le précieux objet. Le collectif a (encore) primé ! On me prête même un doudou si je souhaite dormir dans le bus !

    20h : Le chauffeur doit effectuer sa coupure réglementaire et les élèves commencent à avoir faim ! Devant le retard accumulé et le chemin restant à parcourir, nous improvisons un repas qui deviendra collaboratif. Tout le monde, adultes (qui passent à la boutique pour augmenter les stocks) comme enfants, partage le peu qui lui reste. Nous accompagnons cela des chips, compotes et gâteaux sauvés du midi. Ainsi, tout est partagé ! Les tâches et les denrées : bonbons (achetés pour l’occasion sur l’aire de repos pour certains), compotes, biscuits, chips... Un vrai régal ! Des élèves passent de table en table proposer de leur propre chef des spéculos, des bonbons, des chips… Pas très équilibré, mais tellement agréable à voir ! Nous choisissons des élèves responsables du nettoyage pendant que les autres rangent leurs affaires. Nous repartons avec quasiment deux heures de retard sur l’itinéraire initial, mais le ventre rempli pour tout le monde !

    Nous nous apprêtons à quitter l’autoroute. Après deux jours de respect mutuel, vient le moment des « Au revoir ». Remerciements des enfants pour le prêt de mon téléphone, d'écouteurs… Les parents aussi nous remercient pour les photos et les informations diffusées tout au long du séjour… Nous repartons, mon collègue et moi-même, heureux du séjour mais contrariés qu’il ne se prolonge pas d’une nuit.

    C’est grâce à des projets de ce type que de telles expériences sont possibles à vivre. Elles se construisent bien en amont, j’en suis certain, mais trouvent leur apogée à ce moment précis de la vie de la classe. Ces sorties sont chronophages pour l’enseignant responsable du projet (ici, c’était mon collègue qui y a passé le plus de temps), mais aussi onéreuses pour les communes qui les financent. Malgré les réductions budgétaires, c’est quelque chose qui, j’en suis convaincu, doit être préservé.
    Pour conclure, je tiens à remercier les enfants pour leur comportement altruiste et le fait qu’ils me confortent dans l’idée que nous sommes sur la bonne voie.

    Damien Bocquet


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  • Tout a démarré lors d'un "Eurêka", ce temps de ma classe de CE1 qui est devenu un incontournable, au cours duquel les élèves qui le souhaitent viennent faire partager un apprentissage récent qu'ils ont "goûté".

    A cette occasion, de nombreux enfants ont pu dire leurs plaisirs d'apprentissage à leurs pairs, ce qui - je parie là-dessus - peut donner envie aux camarades.

    Sur une notion, sur une "capacité à" (par exemple à "parler à voix forte au théâtre"), sur une découverte... Ainsi, A. a parlé de cette nouvelle opération mathématique, la multiplication, qu'elle venait de découvrir apparemment avec plaisir.

    A l'issue de sa prise de parole, nous avons procédé comme d'habitude : nous avons demandé s'ils souhaitaient mener des projets, suite à ce partage.

    La même A. a aussitôt proposé de créer un "Jeu de l'oie des multiplications" et C. s'est associée à son idée. Je l'ai noté sur notre tableau de "projets Eurêka".

    Petite précision : Depuis quelques jours, pendant le temps de l'Accueil, A. jouait beaucoup au jeu de l'oie qui se trouve dans le bouquin que j'ai écrit, "Verbes, Sujets et compagnie". 


    Puis la semaine se poursuit, avec notamment ces temps de "Projets personnels" qui permettent à chacun de mener un projet qui lui tient à coeur.

    Quelques jours plus tard, est prévu dans l'Emploi des temps un moment de Présentation. Et c'est là que A. et C. présentent leur jeu de l'oie. Elles l'ont tracé, elles ont inventé des règles dans l'esprit d'un vrai jeu de l'oie et ont fabriqué deux dés en papier pour mettre en jeu la multiplication. Je le découvre avec les autres élèves, car elles l'ont réalisé sans mon aide.














     

     

     

     

     

     

     

     Depuis, les élèves jouent volontiers à leur jeu !

    Bien sûr, ce n'est pas spectaculaire, leur création pourrait être améliorée et le sera probablement, mais l'essentiel est ailleurs : grâce à ces temps ritualisés de la classe, les élèves ont la possibilité de dire oui à ce qu'ils ressentent pour se lancer dans des projets qui leur viennent en tête et qu'ils vont pouvoir rapidement présenter. Il en est de même lorsqu'ils écrivent des textes libres qui seront dans le journal, ou lorsqu'ils préparent des lectures à haute voix qu'ils pourront présenter à d'autres classes.

    J'insiste sur la ritualisation de ces temps, car souvent, dans les classes, il y a des projets, des envies, des propositions, mais pas les temps prévus pour les réaliser...

    Daniel Gostain


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