• Les élèves de CM1, classe de Mme Beata Goulet de l'école Maurice Thorez à Wavrechain-sous-Denain ont commencé à correspondre avec une classe de leur âge en Pologne, la classe de Mme Sabina Gorzen. Les correspondants habitent à Poznan et vont à l'école Cogito – une école qui n'est pas une école type en Pologne parce que sa pédagogie est basée, entre autres, sur la pédagogie de C. Freinet et J. Korczak.

    Notre classe a envoyé la première lettre, je me suis chargée de la traduction. L'écriture de la lettre a été précédée d'un petit débat qui s'est imposé naturellement : De quoi parler dans notre lettre ? Certains élèves voulaient parler de leur vie et de leur situation personnelle (leurs animaux, leurs jeux vidéo, le repas chez mamie...), les autres ont proposé de présenter la classe, l'école et le village. Après une discussion, c'est la deuxième proposition qui a été choisie. Les élèves ont dû se mettre en situation de celui qui recevra cette lettre et répondre à la question : « Qu'est-ce que moi, je voudrais savoir sur celui qui m'écrit ? » Nous avons trouvé plusieurs réponses : « Je voudrais savoir comment il s'appelle, où il vit, comment est son école... ».

    À partir de ces propositions nous avons pu élaborer la lettre.
    Connaissant les réalités polonaises, je leur ai conseillé de donner de plus amples explications sur leur âge et le niveau de scolarité (en Pologne on commence l'école à 7 ans), et les horaires (on commence à 8 heures et la grande pause de midi n'existe pas).

    La première lettre n'était pas très longue. Nous l'avons copiée sur quelques grandes feuilles pour qu'elle puisse être affichée au tableau. Chaque élève a copié une phrase en s'appliquant énormément. Quelques erreurs de copie ont été transformées en jolies fleurs ou cœurs bien rouges, ainsi la lettre a été décorée des dessins qui parsemaient le texte. Quelle joie de recevoir la réponse et quelle surprise de voir le texte en langue inconnue !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     La seconde lettre ainsi que la troisième parlaient de l'école. Nous avons répondu aux questions de nos correspondants... nous avons parlé de la cantine, de l'élevage des animaux en classe, des devoirs à la maison, de nos matières préférées... il y a un détail sur lequel tous les élèves, les petits Français et les petits Polonais, sont d'accord : tous adorent la récréation.

    Pour donner une réponse la plus précise et la plus personnelle possible sur les activités, les occupations et les passe-temps, nous avons fait une enquête parmi les élèves de notre classe. Pour présenter toutes les réponses, nous avons appris à construire un tableau.

    Après trois lettres collectives, nous avons envoyé les lettres plus personnelles. Les élèves ont travaillé en binômes, chacun a écrit une lettre de présentation en y mettant les informations les plus importantes : la description de sa famille, ses passions, ses plats préférés, ses activités, ses passe-temps.
    Nous attendons les réponses avec impatience. Nous avons vu des photos sur lesquelles les correspondants écrivaient leurs réponses.

    Les élèves ont cherché spontanément des informations sur la Pologne, ses symboles, sa capitale, son emplacement en Europe. Certains ont appris aussi qu'ils avaient les origines polonaises, ils ont appris les noms compliqués de leurs grands-parents ou arrières-grands-parents.
    Les plus curieux ont comparé les deux écritures, surtout les prénoms et ont trouvé les sons qui correspondent mais qui ne se notent pas de la même façon !

    Nous cherchons déjà des sujets pour nos futures lettres, cette fois-ci nous allons en écrire douze, une lettre par binôme, il faut donc trouver un sujet commun qui intéresse.

    Beata Goulet
    CM1 – Ecole Maurice Thorez – Wavrechain sous Denain


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  • Après un court séjour de deux jours dans le Val de Loire avec une classe de CM2 de l’école Maurice Thorez de Wavrechain sous Denain (Nord), ce n’est pas un "moment champagne" que je veux partager avec vous, mais plusieurs. Je vous présente, en quelque sorte, une « Caisse de Champagne ». Je vous propose, à travers mon regard, d’ouvrir quelques bouteilles pour des situations qui m’ont, soit ému, soit rempli de fierté.
    Dans ce type de voyage, les enjeux pédagogiques sont certains, je ne les détaillerai pas ici, mais ils sont bien là ! (avant, pendant et après le voyage). Les connaissances emmagasinées et stockées le sont d’une manière durable dans un coin de nos charmantes têtes blondes et serviront à construire, de manière certaine, leur culture. Mais à travers ce voyage, je voulais davantage observer la construction de leur personnalité grâce à ce vécu et cette expédition, qui fut, pour certains, la première.

    En voici le récit : 

    Après quelques angoisses vite dissipées à la montée du bus au petit matin, l’excitation se fit rapidement sentir. Elle a commencé sur l’autoroute. Plus nous approchions de la capitale, plus elle était omniprésente. Jusqu’au moment où mon collègue prend la parole pour annoncer qu’un avion allait se poser sur les pistes de l’aéroport Charles de Gaulle, juste devant nous. Après cet événement qui a émerveillé beaucoup de nos élèves (à juste titre : n’est-ce pas magique si nous reprenons un court instant nos yeux d’enfant), un élève m’informe qu’il venait de voir un avion atterrir pour la première fois. Dans la conversation qui s’ensuit, il me demande si j'avais déjà eu la CHANCE de toucher un avion: ce à quoi je réponds par la positive. Emerveillé, il me demande la sensation ressentie, les différentes « matières », la chaleur ou la fraîcheur des matériaux ... C'est fou ! Ce voyage n’est pas encore commencé qu’il est déjà une réussite ! C’est à ce moment là que j’ai décidé de prendre en note mes ressentis, et surtout les leurs, et de les partager dès mon retour.

    Peu de temps après, nouvelles exclamations : ils viennent de voir la Seine. Nous sommes à deux doigts de l’euphorie… Plus nous avançons et plus je me demande comment ils vont réagir lors de la première visite… Je ne serai pas déçu.

    Les tunnels remportent aussi un grand succès... même si la palme d’or reviendra à celui de Roissy car il supporte les pistes de l’aéroport : cela remet en cause des considérations initiales pour quelques-uns qui ont du mal à me croire. Certains sont même étonnés par... l'aire d'autoroute. (Et oui, cela me paraissait banal mais pour des enfants qui ne pratiquent pas souvent de longs trajets, ça se comprend). Le contournement de Paris, de manière générale, fait énormément débattre. Au final, la majorité des enfants trouve que ce paysage urbain manque de verdure. Une grosse déception tout de même pour le groupe : nous n’avons pas vu la Tour Eiffel…

    "On va rentrer dans le château ou pas?" Ça y est, nous y sommes, nous avons mangé notre pique-nique et nous sommes devant le château de Chambord. Malgré les travaux préalables, les recherches et exposés, sa majestuosité les a scotchés. "Houaou regarde!" Les exclamations fusent. Nous estimons la hauteur des tours, la comparons avec nos maisons… Nous nous questionnons et nous attendons les réponses de la guide qui arrive. Tous s’émerveillent devant les œuvres abritées dans son enceinte et devant son architecture atypique, dont ils ont remarqué le mélange entre le style médiéval et celui de la Renaissance. Malgré tout, ils restent des enfants qui aiment jouer avec l’écho des salles, courir dans les parcs… Nous jouons pas mal de temps dans les escaliers « magiques » du château. Ils joignent habilement l’utile à l’agréable.
    "On peut ouvrir la fenêtre ? Y'a une belle vue de là"…Hélas non ! Mais la fin de la visite sur les terrasses contentera leurs yeux et illuminera leurs regards pour le reste de la journée.

    Une fois dans notre hébergement, nous prenons le repas et demandons à tout ce petit monde de prendre une bonne douche ! Malgré quelques problèmes d’organisation pour certaines chambrées (incapacité à faire fonctionner la douche, WC bouchés ou papier hygiénique non attrapable), tout se passe dans la joie et la bonne humeur. On manque de chargeurs (surtout pour les DS), des élèves se les partagent. La vie en collectivité se construit, en attendant la veillée. Tout le monde l’attend cette fameuse veillée, mais beaucoup ne savent pas ce que c’est… Une seule élève me pose la question, je lui explique que c’est un moment privilégié où nous nous retrouvons pour passer du temps ensemble, avant d’aller dormir.
    Tout le monde participe, adultes comme enfants, à un Time’s up géant. Nous y prenons tous du plaisir, elle durera donc un peu plus longtemps que prévu mais qu’importe, les élèves et les adultes sont heureux d’être ensemble et les quelques larmes du matin sont oubliées… jusqu’au moment du coucher. Le coup de blues du soir permet de resserrer les liens entre les copains de classe: on s’étreint, on se console… et tout revient à la normale jusqu’au petit matin.

    7h25, c’est le réveil. Première chambre, première plainte : « Monsieur, la chambre des garçons a fait du bruit et nous a empêché de dormir. » Malgré nos interventions nocturnes, il semble que certains ont bien profité de leur nuit entre copains. Cette remise en cause des règles de vie en communauté et de l'autorité n’est pas passée auprès de ceux et celles qui voulaient se reposer. Réunion de crise dans le couloir : le groupe règle ses comptes. Ceux qui ont empêché de dormir durant la nuit seront empêchés de dormir dans le bus la journée ! Ce n’est que justice…
    Malgré ce léger détail, ressort la joie du vivre ensemble (si important). Cela a commencé avant le départ, au moment de choisir les chambres, et s’est poursuivi sur place. Par exemple, lors des repas avec la répartition des tâches qui s’est organisée d’elle-même, c’est la collaboration qui s’est développée. De plus, et c’est à nouveau l’occasion de sabrer une nouvelle bouteille, il y eut des moments de partage et d’altruisme lors des passages aux échoppes quand certains n’avaient pas d’argent de poche alors que d’autres en avaient. A ce moment, j’ai entendu « Tu peux choisir un truc, je te le paierai », ou alors « Je vais le prendre pour X, elle n’a pas d’argent »… J’ai retrouvé cette même solidarité en fin de journée, mais j’y reviendrai.

    8h15, les valises sont bouclées, nous passons au petit déjeuner ! Ce qui est habituel pour certains est extraordinaire pour d’autres. Nous arrivons au buffet et nous voici devant deux machines à chocolat chaud (comme celles dans les hôtels…). Ce détail a permis à certains de prendre le meilleur petit déjeuner (au chocolat chaud) du monde ! Toute la journée se passe dans la joie et la bonne humeur. Je prends des photos avec les élèves le désirant pour publier en direct sur le blog de l’école où les parents et les camarades suivent nos découvertes (environ 1000 vues sur 48h, j’étais impressionné et j’imaginais bien les parents actualiser la page toutes les heures). Nous visitons le Clos Lucé puis nous mangeons (rapidement, les élèves ont souhaité profiter des jardins du Clos Lucé davantage que prévu, au détriment de la pause méridienne… comme je les comprends !). La solidarité s’organise à nouveau avec ceux qui n’aiment pas le panier repas imposé par la résidence. On partage, on donne… Je propose un deuxième service avec le surplus mais l’animatrice, présente avec nous, propose de garder cela en cas de petite faim sur le retour (l’arrivée étant prévue à 21h, elle a peur que les ventres gargouillent !). Certains enfants argumentent en ma faveur, ou en faveur de l’animatrice. Au final, un vote est organisé : je suis mis en minorité (quel bonheur qu’ils assument leurs choix !) et nous gardons quelques victuailles en réserve avant notre marche vers le château d’Amboise.

    La visite se passe avec l’intérêt de tous les élèves, malgré la fatigue qui cerne certains yeux : château, jardins… A nouveau des terrasses… et la Loire, imposante. Tout le monde est impressionné par la largeur du fleuve et la beauté du paysage. Malgré la fatigue, le groupe est rivé sur la ligne d’horizon… Des dizaines de photos sont prises. Devant moi j’entends : « Oh, Monsieur, la vue est incroyable ! ». Effectivement, cela nous change des rives de l’Escaut.
    De retour dans le bus, en route vers l’école, mon collègue prend à nouveau le micro pour annoncer que nous passons tout près de la Tour Eiffel… Enfin, nous l’apercevons au milieu des immeubles. Les visages fatigués s’illuminent immédiatement et des cris de joie, voire des hurlements, retentissent. Après cette jubilation, j’entends derrière moi : « Je viens de réaliser un rêve ! ». Dans une moindre mesure, cette scène se répètera quelques minutes plus tard, pour certains garçons, devant le Stade de France.

    Au fur et à mesure que nous nous rapprochons de l’école, les batteries se vident… Je suis quasiment le seul à avoir un petit peu de réserve dans mon téléphone. Je le prête à ceux qui le souhaitent. Mon collègue met à jour le blog car nous serons en retard d’une heure quarante-cinq à cause de bouchons. Ma batterie diminue également. Une élève me prête sa batterie de secours pour charger mon téléphone au détriment du sien et ainsi permettre à nouveau de faire tourner le précieux objet. Le collectif a (encore) primé ! On me prête même un doudou si je souhaite dormir dans le bus !

    20h : Le chauffeur doit effectuer sa coupure réglementaire et les élèves commencent à avoir faim ! Devant le retard accumulé et le chemin restant à parcourir, nous improvisons un repas qui deviendra collaboratif. Tout le monde, adultes (qui passent à la boutique pour augmenter les stocks) comme enfants, partage le peu qui lui reste. Nous accompagnons cela des chips, compotes et gâteaux sauvés du midi. Ainsi, tout est partagé ! Les tâches et les denrées : bonbons (achetés pour l’occasion sur l’aire de repos pour certains), compotes, biscuits, chips... Un vrai régal ! Des élèves passent de table en table proposer de leur propre chef des spéculos, des bonbons, des chips… Pas très équilibré, mais tellement agréable à voir ! Nous choisissons des élèves responsables du nettoyage pendant que les autres rangent leurs affaires. Nous repartons avec quasiment deux heures de retard sur l’itinéraire initial, mais le ventre rempli pour tout le monde !

    Nous nous apprêtons à quitter l’autoroute. Après deux jours de respect mutuel, vient le moment des « Au revoir ». Remerciements des enfants pour le prêt de mon téléphone, d'écouteurs… Les parents aussi nous remercient pour les photos et les informations diffusées tout au long du séjour… Nous repartons, mon collègue et moi-même, heureux du séjour mais contrariés qu’il ne se prolonge pas d’une nuit.

    C’est grâce à des projets de ce type que de telles expériences sont possibles à vivre. Elles se construisent bien en amont, j’en suis certain, mais trouvent leur apogée à ce moment précis de la vie de la classe. Ces sorties sont chronophages pour l’enseignant responsable du projet (ici, c’était mon collègue qui y a passé le plus de temps), mais aussi onéreuses pour les communes qui les financent. Malgré les réductions budgétaires, c’est quelque chose qui, j’en suis convaincu, doit être préservé.
    Pour conclure, je tiens à remercier les enfants pour leur comportement altruiste et le fait qu’ils me confortent dans l’idée que nous sommes sur la bonne voie.

    Damien Bocquet


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  • Ce n'est un secret pour personne dans la classe, j'ai été musicien. Mais j'ai toujours eu ce rapport un peu conflictuel avec l'enseignement de la musique ou d'un instrument à l'école, et quand on voit les séquelles qu'ont pu laisser la pratique de la flûte chez la plupart d'entre nous (et aux oreilles de nos illustres professeurs !), j'étais réticent à enseigner la pratique instrumentale à mes élèves.

    Donc, quand E. et M. sont venues me demander : « Hervé, tu nous écris les notes de la chanson Tous les arbres ? », je suis d'abord resté interloqué. Mais après, j'ai fait comme je faisais avec mes copains quand je voulais qu'on s'accompagne à la guitare sur un nouveau morceau : j'ai écrit les paroles et les accords de « Tous les arbres », à la manière des recueils de chants « Diapason », ou chaque accord est simplifié en une lettre.

    Et les deux sont parties, tablette numérique sous le bras, dans le couloir… Une heure après, lors de nos présentations de classe, elles ont annoncé : « Nous, on voulait jouer une chanson, alors on a fait ça sous garage band ». Elle avaient ouvert l'outil qui permet de jouer d'une sorte de guitare, où les accords sont simplifiés et elles ont entonné le chant. La classe a commencé spontanément à chanter, mais pas trop fort, parce que la tablette n'avait qu'un petit haut-parleur. C'était comme si tout le monde voulait partager ce moment musical, mais sans vouloir éteindre une flamme de bougie qui était au centre du groupe.

    J'étais ému, parce que les enfants étaient visiblement heureux que leurs copines puissent produire ce que jusque là, j'étais le seul à pouvoir donner : un accompagnement musical. J'ai vu des portes de tâtonnement expérimental s'ouvrir, des pistes de recherches, d'expressions, j'ai vu des flammes qui s'allumaient, parce que tant qu'on pourra chanter des chansons, on pourra faire tomber les murs.

    Du coup, je n'ai pu filmer qu'après la fin de ce moment magique pour le partager avec vous :  Tous les arbres

    Hervé Allesant


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  • L’autre jour, des CM sont venus nous lire l’histoire de Plouf ! de Philippe Corentin. Nous, nous sommes les TPS-PS de l’école Cousteau, à Pont-Evêque en Isère. Dans cette histoire, un loup, puis un cochon, puis une famille de lapins descendent dans un puits à l’aide de seaux attachés à chaque bout d’une corde. Celui qui descend fait remonter celui qui remonte, en se faisant piéger à son tour.

    L’histoire nous a beaucoup plu, mais le principe des seaux n'est pas facile à comprendre (nous avons 2 ou 3 ans)… Alors, ni une, ni deux, la maitresse a attaché un seau à chaque bout d’une corde, les a pendus à la poignée d’une porte et nous a lancé un défi : faire descendre le seau jaune, sans toucher la ficelle, avec des marrons. Et une fois le seau jaune plein descendu, comment le faire remonter sans toucher la ficelle ?

    Plaisir VECU 710 : L'ascenseur à marrons

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Nous avons essayé toute une semaine, tous les jours… Au début, nous avons surtout rempli le seau qui était déjà en bas (à notre hauteur de regards !) de marrons, et au bout de quelques jours, certains d’entre nous ont trouvé qu’on devait remplir plutôt le seau qui était en haut pour le faire descendre. Et qu’ensuite pour le faire remonter, il fallait non seulement remplir le seau du haut, mais aussi vider le seau du bas. Quelle découverte ! Et nous n’avons pas fini d’expérimenter cet « ascenseur » à marrons !!!

    Comme quoi, grâce à leur lecture, les CM nous ont permis de réfléchir à un système technique que nous n’aurions pas forcément rencontré… Merci les CM !

    Evelyne Chemin et Elisa Cécillon


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  • Aujourd'hui, atelier DVDP. Ca veut dire : Discussion à Visée Démocratique et Philosophique. Une quinzaine d'élèves de la sixième à la troisième, avec une technique magnifique développée par mon copain des Cahiers pédagogiques Michel Tozzi.

    Un président élève, sûr de son rôle car il est clairement défini et rappelé systématiquement, distribue la parole, la propose à ceux qui ne disent rien, fait respecter le cadre, le respect de l'autre, des mots de l'autre et donc des siens, un reformulateur qui écoute et, à la demande de l'animateur, redit, reformule, pour être sûr du discours tenu, et un animateur, en l'occurrence, moi.

    Aujourd'hui, c'était "les relations entre les sexes". C'est notre deuxième séance sur le sujet. M. est présidente, ils veulent tous être président mais ne se proposent pas si d'autres n'ont pas encore assuré la fonction.
    On commence, M. lit sa fiche fonction, L. la sienne, moi la mienne… et tout tombe à l'eau.

    D'incongruité ! Hier, certains d'entre eux, même des sixièmes (en partie), ont assisté au spectacle affligeant, honteux, du débat présidentiel ! Comment leur dire ma honte d'adulte, ou même simplement de Français ?

    Alors, j'interromps le débat, il n'a d'ailleurs pas commencé, et je leur dis mon admiration devant leur respect des règles, devant leur volonté farouche, depuis le début de l'année, de venir bénévolement, sur leur temps de repas, participer à un débat qui est toujours un modèle et illumine ma journée. Ils sont très surpris, par mes mots d'adulte envers eux, enfants, et par mon émotion. "Monsieur, est-ce qu'on peut en parler du débat d'hier ?". Je leur dis ma gène : je ne me sens pas le droit de parler politique, de dévoiler un peu mes opinions, même si, ils me le diront, ils les connaissent par ma façon de faire cours, de m'adresser à eux, les ateliers de philosophie, les conseils d'élèves… Alors, j'ai proposé qu'on débatte sur … le débat. Qu'est-ce que c'est qu'un débat ?

    Ça n'a pas été très long, les trois quarts d'heure prévues étaient bien entamés. Ils ont à nouveau été juste géniaux, affichant des différences qui les faisaient grandir, qui les faisaient réfléchir. 

    Heureusement, ils étaient là, aujourd'hui, c'est eux qui m'ont aidé.

    Jean-Charles Léon, Professeur de musique en collège


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