• 6 septembre, premier mercredi de classe et premier moment de bonheur !

    J'expose à mes nouveaux élèves le concept des "explorateurs" (lire l'article suivant : Les Explorateurs) grâce à une "UNE" du magazine l'Equipe de Thomas Pesquet : "nous sommes tous des explorateurs". Débat ouvert autour de cette couverture projetée sur le tableau blanc via le vidéoprojecteur et le visualiseur de la classe. Je sens de suite du plaisir monté, beaucoup d'excitation dès que je leur propose de choisir le "regard à explorer" qu'ils souhaitent. Ils en discutent rapidement car ils tombent d'accord pour explorer le mot ... EXPLORATEURS !

    Je leur propose de réaliser des oeuvres collectives et hop c'est parti !

    Regard de l'écrivain et une histoire à plusieurs voix s'écrit naturellement. Regard de l'artiste et des dessins s'esquissent autour d'une drôle de panier délivrant des objets mystérieux. Regard du grammairien et une phrase des Dalton s'ébauche avec les mots déterminant, adjectif, nom commun se découvre ... puis apothéose avec le regard du poète et un poème à quatre mains qui peu à peu apparaît. Sa lecture nous a laissé tous admiratifs :

    LES EXPLORATRICES

    Les exploratrices de l'espace,

    Avec les étoiles qui passent

    Et les planètes fantastiques

    Sont tellement magiques

    Est-ce la réalité ?

    Ou est-ce un trésor volé ?

    Pas de panique

    Le tout est magnifique

    C., Su., Sa. et J. étaient très fières. Je pense que Thomas Pesquet et ses magnifiques post sur le net apprécierait aussi non ?

    Philippe Gilg


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  • J'ai une classe unique avec des élèves de la Moyenne Section au CM2,  c'est ma cinquième rentrée dans cette école.

    Chaque été, je tiens à envoyer une carte ou une lettre (par voie postale) à mes élèves, l'effet est garanti ! Ils adorent recevoir un courrier qui leur est adressé personnellement, et du coup, certains m'en envoient aussi. C'est pour moi l'occasion de faire un clin d'oeil sur un évènement de l'année précédente, ou d'introduire un futur projet (il y a souvent les deux d'ailleurs!). Par exemple, je leur ai écrit que j'avais découvert un auteur/illustrateur super (lors d'une réunion) qui s'appelle Christian Voltz, et qu'il faudrait qu'ils fouillent leurs fonds de tiroirs, leur grenier, pour m'apporter tout un tas de "bidules" qui nous servirait cette année.

    Bref, en plus de ces clins d'oeil, pour se préparer à la rentrée, j'ai eu l'idée il y a deux ans de leur donner un rendez-vous (avec leurs parents), la veille de la rentrée.

    Je demande aux élèves d'apporter quelque chose à manger (à partager) et je me charge des boissons pour petits et grands. On se retrouve au parc, à 18h30, la murette sert de buffet, le parc s'anime... jusqu'à 20 h, mais pas plus : le lendemain, il y a école !

    Les enfants apprécient de se retrouver, les nouveaux arrivants peuvent faire connaissance, et les parents peuvent prendre le temps de discuter...

    L'accueil au portail le lendemain à 8h30 n'a plus rien à voir, autant pour les enfants que pour les parents....

    L'occasion d'une rencontre hors école (espace/temps), avant même de commencer,  c'est du temps de gagné : des relations qui se tissent, de la petite anecdote à l'information importante... Je mesure les bénéfices de ces 2 heures de pré-rentrée un peu particulières :

    Des parents m'ont parlé de leurs vacances, d'autres des changements d'horaire pour l'orthophoniste et la psychomotricienne, de la semaine à 4 jours, des travaux dans l'école, du périscolaire, de la lecture en CP, des visites médiatisées pour un enfant placé en famille d'accueil...et puis, un élève de Grande Section m'avait apporté son nouveau cartable (juste pour le montrer), un autre est venu me dire que son papi avait plein de "bidules" pour notre projet mais que certains étaient peut-être trop gros, un me demandait si Lou était une fille ou un garçon (il avait vu le prénom des élèves de la classe dans la lettre, Lou est une nouvelle élève, je lui présente), un grand frère qui entre au collège m'a parlé de son colis de fournitures ...etc...

    Une bonne nuit de sommeil, et on se retrouve...cette fois-ci dans la classe.

    Mais les nouveaux ne sont plus vraiment des nouveaux, et j'ai déjà vu les nouvelles baskets qui s'allument de T., la maman de L. sait déjà comment va se passer la cantine,...parce que la rentrée c'est presque déjà du passé !

    Céline Djeranian


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  • Depuis le 2ème jour de la rentrée, nous mettons en place des ateliers pour les CP et les CE1 en début d'après midi (45 minutes). Les élèves s'inscrivent dans l'atelier de leur choix avec deux contraintes : un atelier d'écriture obligatoire dans la semaine et pas deux jours de suite dans le même atelier. Nous avons fait en sorte que les CP et les CE1 soient mélangés, ce qui donne des groupes de 6 à 12 élèves.

    Cette semaine, ils ont donc pu faire : sport (tennis de table, basket), jeux de société, perles à repasser, arts plastiques (crayons aquarelles) et écriture.

    Les thèmes vont évoluer dans l'année (bientôt un atelier relaxation).

    Ces ateliers servent également de base pour l'écriture : textes collectifs au CP (publiés dans un journal quotidien) puis plus tard articles de journal au CE1. 

    Nous allons solliciter des parents pour qu'ils puissent venir assister et encadrer des ateliers et nous espérons qu'ils répondront présents pour cette nouvelle activité. 

    Premier bilan : les élèves ont été ravis de sortir de la classe, de faire des activités avec une autre classe et un autre enseignant. Ils pourront proposer des idées pour d'autres ateliers dans les semaines à venir.

    Mes collègues et moi avons mis en place ces ateliers pour plusieurs raisons : nous sommes dans une école où les classes sont à un seul niveau donc nous voulions que dans les ateliers les enfants soient (un peu) mélangés pour pouvoir s'aider, collaborer et jouer ensemble. 

    Ils permettent aussi aux élèves de choisir ce qu'ils vont faire, mais aussi de découvrir de nouvelles activités, en petit groupe, ce qui est plus difficile à mettre en place quand on est seul avec sa classe. Je profite également des compétences de mes collègues (sport, arts). Les élèves peuvent ainsi sortir de leur classe et découvrir de nouvelles choses. 

    Nous voulions aussi que ces ateliers permettent aux parents de s'investir dans l'école en participant de manière ponctuelle ou régulière (même si nous n'avons pas encore de retour là-dessus). Nous travaillons en REP+ et les parents pourraient avoir envie de participer à des ateliers plus ludiques, s'ils n'osent pas venir en classe pour assister à du travail plus scolaire.

    Chloé Brillon, classe de CE1, Ecole Maurice Thorez (Wavrechain sous Denain 59). Avec les classes de CP de Mme Perek et M. Bocquet


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  • Pour cette rentrée 2017, j'ai décidé de peaufiner le Temps des penseurs, un dispositif déjà décrit ici (Le Temps des penseurs) pour que ce soit encore davantage un plaisir à vivre pour les élèves. 

    Le principe : Il s’agit d’inscrire dans l’emploi des temps des moments ritualisés consacrés à l’apprentissage (ce qui le favorise et ce qui l’empêche), au monde dans lequel nous vivons, et plus largement à notre condition humaine, en leur donnant la même importance que ceux voués aux temps disciplinaires. 

    Ces temps ritualisés, reprenant pour partie les principes et dispositifs de la pédagogie Freinet, pourraient faciliter un développement global de chacun et donner de la force et de la permanence aux savoirs acquis. 

    A chacun bien sûr de s’en emparer selon un naturel propre à soi-même et à la classe.

    1) Penser l’apprentissage : « Eurêka » (une séance d’une heure à une heure trente toutes les deux semaines : Par exemple, vendredi après-midi, semaines 1 et 3)

    - Les élèves sortent un cahier appelé « Ce que j’apprends », y inscrivent la date sur une page et écrivent ou dessinent une découverte d’apprentissage faite récemment. 

    - Présentation théâtralisée à la classe par des enfants volontaires d’un des savoirs évoqués. Le personnage-savoir se présente et donne son état (émotion, désir…). Une façon d’incarner le savoir et de le rendre plus concret. 

    On peut aussi dire sa découverte d’apprentissage à la classe d’une façon plus classique. 

    - Demander aux élèves si certains souhaitent se lancer dans un projet en prolongement. Les projets sont notés sur le tableau des projets. 

    - Conseil de classe consacré aux propositions à mettre en place ensemble pour mieux pouvoir apprendre (projets de classe, changements de places, organisation, etc.)

    2) Penser les empêchements à apprendre : « Les scènes clownesques » (vendredi après-midi, semaine 2)

    - Visionnage d’une situation d’empêchement vécue par les clowns à partir du site www.empechementsaapprendre.com (ou à l’aide des dvd qui comportent ces scènes). Echange autour de cette situation. 

    - Visionnage des questions des clowns. Choix d’une de leur questions, puis atelier de philosophie à partir de cette question (ou non) (cf chapitre 5, ci-dessous)

    - Revisionnage de la scène initiale d’empêchements. Possibilité de mener un moment de théâtre-forum pour trouver des solutions à cet empêchement.  Puis, nous visionnons les solutions des clowns. Echange autour de leurs solutions. 

    - Nous pouvons terminer par un moment d’écriture ou de dessin autour de cet empêchement  dans le cahier « Ce que j’apprends »

    - Ceci dit, l’utilisation de ces scènes peut se faire de mille façons : plus théâtralisée, plus philosophique, plus avec le centrage sur les problématiques de la classe…

    En savoir plus : Utiliser les scènes de clowns

    3) Penser les accès aux apprentissages : « Les Explorateurs » (vendredi après-midi, semaine 4)

    Il s’agit de faciliter l’accès et l’appropriation des grandes notions scolaires grâce à des regards multiples portés sur celles-ci (nous nous inspirons ici des « intelligences multiples ») :  

    Le regard de l’écrivain, le regard de l’artiste, le regard du reporter, le regard du mathématicien, le regard du scientifique, le regard du théâtreux, le regard du musicien, le regard du poète ……………………..

    Nous faisons ainsi le pari que pour beaucoup d’enfants, regarder autrement et de façon diversifiée les notions à aborder à l’école peut leur donner davantage de chances d’accéder à leur compréhension, chacun y trouvant un accès plus proche de son tempérament, de sa personne. Et aussi du plaisir évidemment !

    Voici des thématiques à explorer :  Le Nombre ; Le Mot ; Le Temps ; Le Livre ; La Phrase ; Les Opérations ; Les Figures ; L’Espace ; L’Ecriture ; L’Eau ; L’Air ; L’Informatique ; La Santé ; Le Corps ; La Pensée ; La Poésie ; Les Sens ; La Technologie

    Et une proposition d’organisation de démarrage : La classe est divisée en équipes de trois élèves. Les équipes sont hétérogènes. Chacune de ces équipes endosse l’un de ces regards (si besoin, nous procédons à un tirage au sort).

    Avec le déroulé suivant :

    Etape 1 : présentation du projet, constitution des équipes et répartition des missions pour chaque équipe,

    Etape 2 : 1h30 environ de réalisation des missions,

    Etape 3 : 30 minutes de présentations des résultats des missions à l’ensemble de la classe. 

    En savoir plus sur un exemple concret d’exploration : Les Explorateurs

    4) Penser le monde : « Nos Questions » (deux courtes séances par semaine)

    Ce temps est divisé en deux temps :

    1) Le jeudi, nous choisissons une question :

    - J'écris six questions au tableau proposées par les enfants ce jour-là (je ne les écris pas en entier, mais avec un ou deux mots-clés) puis nous procédons au vote à main levée de la question de la semaine. Ensuite, les enfants recopient entièrement la question votée pour pouvoir mener une recherche à la maison ou en classe. 

    - Voilà quelques sujets abordés depuis le début de l'année :

    - Comment la Terre a été créée ?

    - Comment arrive l’électricité ?

    - Pourquoi les chiffres s’écrivent ainsi ?

    - Pourquoi les animaux parlent autrement que les hommes ?

    - Comment se fait un arc-en-ciel ?

    - Pourquoi il y a-t-il de la poussière ?

    - Pourquoi les arbres nous aident-ils à respirer ?

    - Qu’est-ce qu’il y a après l’infini ?

    2) Nous répondons le lundi suivant collectivement à la question votée de la semaine précédente.

    5) Penser la condition humaine : « Je réfléchis » (dès qu’un thème de lecture, de « Quoi de neuf ? » ou de vie de classe aborde une problématique philosophique)

    Nous reprenons là l’intitulé des ateliers de philosophie et de psychologie proposés par Jacques Lévine et l’Agsas (http://agsas.fr/les-ateliers-de-reflexion-sur-la-condition-humaine).  

    Contenu de la séquence : Un moment où le groupe classe réfléchit sur une grande question de la condition humaine.

    Modalités de cette séance (10-15 minutes + prolongement éventuel)

    1) S’installer dans une configuration spatiale qui permette l’écoute et l’expression, donc plutôt en cercle. 

    2) Expliquer ce qu’est ce moment : on va réfléchir à une question pour laquelle il n’y a pas une seule réponse, mais plein de réponses et chacun d’entre vous a la sienne. Il n’y a donc pas de réponse juste ou fausse. Rappeler quelques règles dans la prise de parole : on respecte les paroles de chacun ; on ne se moque jamais : on a le droit de ne pas être d’accord avec un autre et alors, on explique pourquoi ; on prend la parole en levant la main.

    4) Proposer une question (exemple : « C’est quoi la liberté ? »), prendre 30 secondes de réflexion silencieuse et l’échange peut démarrer pour 10 à 15 minutes. L’enseignant n’interviendra que pour recentrer le débat, demander une reformulation ou une explication. Il ne donne pas sa réponse à la question.

    5) Nous pouvons prolonger ce temps par un moment d’écriture individuelle dans un cahier consacré aux ateliers de « philosophie ».

    En savoir plus : Ils pensent donc ils sont

    Vous vous lancez ? 

    Daniel Gostain, Ecole élémentaire, rue Wurtz, Paris 13


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  • Comme je l'ai déjà fait partager dans ce blog, l'écriture de textes libres est une activité centrale dans ma classe, du CP au CM2. Elle s'accompagne de la publication hebdomadaire d'un journal de classe d'une page, journal consacré essentiellement à la diffusion des textes écrits.

    Ainsi, tous les vendredis, nous procédons à un vote de textes, parmi ceux que souhaitent présenter les élèves (pas d'obligation) et à condition que ces textes aient été vus par moi-même et corrigés par l'élève sur le plan syntaxique, grammatical et orthographique.

    A plusieurs moments dans la semaine, l'activité "J'écris" est proposée, soit dans le cadre du travail individuel, des projets, ou du temps libre et calme de l'accueil, soit sur une plage horaire où tous écrivent obligatoirement.

    Mais, me direz-vous, pourquoi je parle ici d'une activité finalement fort classique, notamment parmi les praticiens de la pédagogie Freinet ?

    C'est pour démontrer une chose : plutôt que de mettre ici l'accent sur la dimension de plaisir, qui a été souvent mise en avant dans ce blog, j'aimerais aujourd'hui pointer l'efficacité de ce dispositif dans la production des textes réalisés, efficacité bien plus grande pour moi quand on privilégie dans une classe l'entrée "écriture" plutôt que l'entrée "étude de la langue" (même si l'une n'empêche pas l'autre). Choix qui est loin d'être neutre...

    Voyez ci-dessous l'évolution des histoires de mes élèves de CE1 dans le journal de classe entre septembre et juin, avec notamment deux textes de C. ! 

    Plaisir VECU 202 : Le plaisir est efficace !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Plaisir VECU 202 : Le plaisir est efficace !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Daniel Gostain


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