• Les débats philo m'ont toujours attirée mais j'ai toujours ressenti une grande appréhension sur les sujets à proposer ou à (faire) choisir. Malgré des débats très engagés vécus chaque année, je n'ose pas m'y engager. Il me faut toujours un élément déclencheur très fort qui m' « oblige » à m'y relancer. Et cette année il s'est présenté sous la forme d'une confidence de maman. Son enfant partageait avec quelques camarades un « secret » de famille car il le vivait mal. Quand la maman s'en est aperçu, elle m'en a fait part et m'a affirmé sa confiance en notre gestion du groupe classe pour faire avancer ce sujet…

    J'avais travaillé avec Daniel Gostain sur le sujet des débats philo et j'appréciais sa manière de proposer 4 questions qui construisaient le thème. Il m'en a gentiment proposé sur cette question délicate :

    - Qu'est-ce qu'un ami ?

    - Pourquoi la plupart des gens veulent-ils avoir des amis ?

    - Peut-on vivre sans ami ?

    - Que peut ressentir quelqu'un qui n'a pas d'ami ?

    Dans notre classe de CE1, un enfant est très empêché d'apprendre et de travailler par son vécu familial. Ses réactions sont toujours une conséquence directe de ses émotions, sans aucun filtre. Il en va de même de ses pensées. Elles se « construisent » au fil de son discours, toujours basé sur la relation directe à son environnement très proche.

    Le premier débat philo a permis à tous de tester le fonctionnement de l'écoute, des opinions des uns et des autres et surtout de la possibilité de dire : « je ne suis pas d'accord avec X parce que... ». Le dictaphone tourne au coeur du cercle et chacun parle lorsqu'il l'a en main. On attend donc son tour de parole. Peu de désaccords lors de ce premier tour de chauffe. Ce qui ressort essentiellement est le plaisir de pouvoir dire sa pensée et de voir qu'on n'a pas tous la même.

    Le second débat est déjà plus réfléchi, on a le sujet quelques jours avant, on se projette. Et là, notre camarade empêché parle pour se mettre en avant et en affirmant une position ressentie : « Moi personne ne peut me battre, même Y de mon foyer je l'ai mis à terre et je suis trop fort. » Les autres camarades se positionnent de façon réfléchie en affirmant qu'ils ne sont pas d'accord avec lui, en argumentant de manière très respectueuse. Les désaccords s'enchaînent. Une fois le dictaphone en main, il explose : «  Et maintenant, tout le monde est CONTRE moi !... » Et il n'en démordait pas.

    Le dictaphone en pause, un point est fait sur la distinction pas d'accord versus contre. Il a du mal à entendre, trop centré sur sa contrariété. La parole redémarre. Et nous commençons à entendre des « je suis d'accord avec Z » notamment. Arrivée à notre camarade, il affirme qu'il n'est pas d'accord avec l'un puis d'accord avec l'autre et… il argumente ! Il semble apaisé, ravi de ce jeu de langage et d'écoute !

    Le débat suivant commence bien. Les enfants veulent redonner les règles des échanges : ce qui se dit ici, reste ici, on ne blesse pas les autres, ici on peut dire ce qu'on pense parce qu'on est protégé, etc. Et lui ajoute, affirme : « on peut être pas d'accord et on dit pourquoi ! Ici on n'est pas contre les autres, on les écoute ! »… Je n'en revenais pas ! Bon, cela ne l'a pas empêché de se remettre en colère lors du désaccord suivant… Mais on avance !

    Cette expérience renforce ma conviction que ces débats, ces échanges, ces écoutes sont indispensables à la construction d'une société constructive, plus respectueuse de la pensée d'autrui et surtout émancipatrice. Les enfants montrent une pensée plus construite d'une séance à l'autre. Beaucoup d'adultes en seraient venus aux mains pour moins que cela. Et eux s'écoutent.

    Pensons ensemble !

    Pascale Henquinez


    votre commentaire
  • Un vendredi, un Conseil de classe avec une présidente et une secrétaire aux petits oignons : écoute, silence, respect, et même si un élève "plutôt compliqué" a été exclu par la présidente du jour après un avertissement, ce fut un moment extrêmement prometteur en terme de propositions, de partages, d'idées. En effet, A. présidente et O. secrétaire instaurent dès le début du Conseil un climat particulièrement serein mais rigoureux.
    - Rappel des règles et lois élaborées dès les premiers Conseils : "Je ne parle pas en aparté – J’écoute la personne qui parle – Je respecte et ne juge pas les idées des autres – Je lève le doigt pour prendre la parole. On peut faire des propositions sur la vie et le travail en classe, les projets. On peut féliciter – encourager - on peut parler des problèmes en classe (difficultés scolaires ) ou des difficultés de relation avec les autres."

    Ce vendredi d’octobre, l’ordre du jour porte sur :
    - Comment ça va ?
    - Élaboration des règles dans la classe
    - Les mots du tableau : propositions, difficultés, idées, félicitations…(grâce à des papiers vierges en libre distribution)

    La discussion commence autour des assises flexibles instaurées dans la classe (les élèves n’ont pas de places attitrées ; ils en changent tous les jours, voire plusieurs fois par jour) :

    « On pourrait faire un calendrier pour que chacun puisse choisir un tabouret ou un ballon le matin. » propose L.                                                                                                                                      A. fait remarquer que ce n’est pas vraiment la peine car personne ne se fâche pour avoir une assise lors de l’accueil.                                                                                                                                    « Et puis certains n’aiment pas forcément aller sur le ballon » remarque R.                                En fait, après quelques échanges, les élèves constatent d’eux-mêmes qu’il n’y a pas besoin d’ajouter de règles si on n’en a pas besoin (autorégulation des élèves).

    Ce jour-là, je me souviens m’être dit que des choses étaient en train de bouger. Les élèves n’essayaient pas coûte que coûte de faire passer leurs idées mais parvenaient à s’écouter et se laissaient convaincre par les arguments de certain.e.s élèves. Je remarquais aussi que plus je m’effaçais durant le Conseil (pas facile !) plus les élèves prenaient des responsabilités. C’est d’ailleurs ce jour-là qu’est née la proposition du responsable du plateau de fromage : un élève serait responsable des devoirs et devrait rappeler aux élèves ce qu’ils doivent emporter dans leur cartable. Cette idée du plateau était née un soir où un.e élève s’était amusé.e à dire que la chemise bleue était comme un plateau de fromages. Cette idée était restée...

    A un moment donné, durant le Conseil coopératif, le directeur, (nouvellement nommé sur l’école) est entré dans la salle pour me parler, mais devant l'atmosphère particulièrement solennelle, s'est assis et a écouté, puis discrètement est venu me glisser à l'oreille : "C'est super intéressant, dommage, je ne peux pas rester mais je reviendrai..."
    Une heure après, pendant la récréation, une autre collègue est venue me voir et m'a dit :  "Il parait qu'il faut que je vienne voir ton Conseil !". C'était mon directeur qui avait "cafté" !

    Un autre jour, grève agissant, restent avec moi 11 élèves... et nous voilà partis pour un emploi du temps improvisé :

    - Relaxation sur tapis. Un pur bonheur de les regarder respirer, se détendre, lâcher prise.

    - Nous enchainons avec un petit temps de grammaire avec mise en mouvements : nous revoyons les pronoms de conjugaison et les formes verbales associées au présent, nous nous amusons à taper dans nos mains les différentes terminaisons (je travaill-e, on tape dans les mains une fois, tu travaill -es, on frappe deux fois), puis nous dissocions la parole et le frappé. Ainsi, les élèves s’obligent à ne plus dire les terminaisons à voix haute mais seulement en rythmant les terminaisons. Ce travail provoque enthousiasme et réelle implication. Oui, on a bien ri parce que parfois même Céline, la maitresse, se trompait et tapait du pied !

    - Enfin, nous voici partis en promenade mathématique dans la cour à la recherche des carrés et possibles losanges... Prises de photos, enfant qui courent et hurlent : "Maitresse, un carré, ici ! Là ! Un autre !" Bref, des élèves acteurs, actifs et pleins d'énergie !

    Les voilà libérés de la classe et ils apprennent ! Peut-être des enfants qui parviennent à se mettre en apprentissage parce qu’ils ne sont plus dans le cadre rigide de la classe, qui reste douloureux pour certains, anxiogène pour d’autres ? Cela me conforte dans cette idée que nous devons réinventer la classe en donnant une place toujours plus grande aux enfants.

    Durant cet après-midi un peu spécial, je les regardais et me suis prise à rêver... comme si ce n’était pas la classe que j’accompagnais mais une autre… parmi celles dont j’avais si souvent rêvé devant certains films et reportages sur des classes Freinet. Mais c’était là et il suffisait d’y croire... il suffit d’y croire… de croire en nos élèves...

    Céline Geoffroy


    votre commentaire
  • Cette année, dans mon école maternelle (REP+), nous ouvrons notre classe aux parents dans leur langue maternelle.

    Cette initiative est née d’une demande exprimée l’année dernière, lorsque nous avons fait le bilan de fin d’année de ce qui s’était joué dans la classe. Les parents étaient alors invités à participer à des ateliers quotidiennement :
    - La préparation de la collation dans le but d’accompagner les élèves vers une plus grande autonomie. Les parents étaient d’ailleurs étonnés et surpris de voir que leurs enfants savaient tartiner, couper, éplucher… Ils découvraient que ces gestes quotidiens qu’ils ne leur laissaient pas la possibilité de mettre en pratique à la maison, avaient été expérimentés et exercés en classe.
    - La réalisation de recettes de cuisine qui demandaient la lecture de recettes illustrées, mais aussi une certaine dextérité pour casser les œufs, mélanger, étaler, malaxer… suscitait l’admiration des parents qui en retour partageaient ensuite ces moments en famille.

    Plaisir VECU 215 : Quand les langues maternelles s'invitent à l'école

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Ces ateliers permettaient aux parents de prendre conscience de l’autonomie gagnée par leurs enfants, mais aussi de l’attitude différente qu’ils pouvaient avoir au sein de la classe. Beaucoup d’enfants rechignaient à goûter de nouvelles saveurs à la maison, alors qu’en compagnie de leurs pairs, ils goûtaient et appréciaient ces temps ou déguster était l’occasion de parler, décrire, donner un avis. Certains mêmes expliquaient la composition des collations variées et riches en fruits vitaminés. Manger est alors un prétexte à échanger.

    Petit à petit, les parents sont restés plus longtemps, ils ont participé d’abord timidement, en regardant ce que je faisais aux ateliers de graphisme ou de jeux mathématiques… En confiance, certaines mamans m’ont demandé si elles pouvaient coanimer les ateliers, puis elles ont pris en charge un groupe d’enfants. Elles les accompagnaient en veillant à la bonne tenue de l’outil scripteur, répétaient avec les élèves les jeux préliminaires utiles à faire la pince, leur rappelait la posture correcte, les encourageaient, lorsque le geste était maladroit. Elles ont toujours fait preuve de bienveillance. Attentives aux élèves en grande difficulté, elle se prenaient d’affection et les accompagnaient.

    Les rendez-vous du vendredi après-midi et de ses jeux de société avec les parents étaient un incontournable. Certains ont même amené une tante, une amie, afin qu’elles partagent ces moments conviviaux en classe. Les élèves étaient heureux et fiers de montrer les progrès réalisés, lorsque d’un dé, ils jouaient avec deux, parce qu’ils n’avaient plus de difficulté avec l’addition et la comptine numérique par exemple.

    Nous nous sommes retrouvés en fin d’année pour une ultime réunion bilan sur ce qui s’était joué cette année et faire le lien avec l’élémentaire en répondant à leurs interrogations. Les parents, habitués à ne voir que les temps forts discutaient en cercle, de façon à tous nous voir, et ont naturellement disposé les chaises en cercle. Ils ont évoqué ce qu’ils avaient apprécié : accompagner leur enfant dans la classe, voir et comprendre ce qui s’y faisait, parce que pour près de la moitié, ils n’avaient pas été scolarisés en France. Partager des moments en classe leur permettait ainsi d’échanger à la maison plus facilement. Ils ont aussi émis un vœu : celui de participer aux ateliers dans les coins de jeux symboliques. « Parce qu’on sait pas dire, et puis on sait pas comment vous faites ».

    Cette année donc, en plus des ateliers de l’année précédente, j’ai proposé aux parents de venir jouer dans le coin des jeux symboliques. Ils assistent donc aux activités pédagogiques complémentaires avec leur enfant. Les mamans qui ont choisi de participer jouent avec nous. Au restaurant, elles commandent un plat que leurs enfants nous préparent et nous servent. Ensemble nous apprenons à mettre la table, nous discutons, comparons nos cultures. Nos conversations respectueuses rassurent les élèves qui les suivent et/ou y participent. J’encourage les mères à employer leur langue maternelle, en classe, si cela peut rassurer leurs enfants, et à la maison. Je leur fais remarquer que comme moi, elles doivent juste s’appliquer à faire des phrases complètes, structurées, afin d’aider leur enfant à construire sa langue maternelle pour mieux acquérir la structure de la syntaxe française. Déculpabilisées, elles osent traduire, mais veillent maintenant à construire leurs phrases. Leurs enfants sont à l’aise. Ils sont fiers de leur montrer ce qu’ils ont fait ou découvert en classe. Elles osent rentrer dans la classe, accompagner leur enfant et d’autres, même en dehors des temps dédiés aux APC. L’une d’entre elle s’est pris d’affection pour une petite fille qui pleure chaque matin depuis que le ventre de sa mère s’est arrondi. Elle l’accompagne pour afficher sa photo ce qui symbolise son arrivée en classe et sa présence. Elle joue avec elle dans le coin des jeux symboliques avec les poupons, un temps avant de quitter la classe, alors que son propre fils est déjà avec des camarades.

    Afin de répondre à l’attente des familles non francophones, nous avons même mis en place un projet « Un jour, Un conte, Une comptine, une saveur… ». Tous les quinze jours, un parent vient nous raconter une histoire ou nous apprendre une comptine dans sa langue maternelle. Nous cuisinons ensuite ensemble et découvrons une nouvelle saveur.

    Plaisir VECU 215 : Quand les langues maternelles s'invitent à l'école

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Ces temps d’échanges permettent d’introduire les différentes cultures dans la classe. Parents et enfants sont inclus avec leur singularité dans le respect de leurs différences. La classe est alors un lieu de vie qui accueille et inclut les habitants de la Cité au sens large. Chacun y trouve sa place et est valorisé. La richesse des échanges nait naturellement de la diversité culturelle.

    Clothilde Jouzeau Kraeutler


    votre commentaire
  • J'ai une classe de CE1/CM2, je travaille dans l'esprit de la pédagogie Freinet, je défends donc un apprentissage reposant sur l'ouverture à tout ce qui émane naturellement des élèves, leur expression, leurs tâtonnements, leur coopération, leur vitalité, leur curiosité.

    Un des piliers de ma classe, c'est l'expression partagée, au sens le plus large possible (orale, écrite, théâtralisée, créative, en recherche), qui passe par des dispositifs inscrits dans l'emploi du temps, appelés le "Je fais partager", le "J'écris", le "Je présente", le "Nos questions" ou le "Je réfléchis". 

    Depuis, le début de l'année, les élèves écrivent des textes libres, les lisent souvent à la classe, et les retrouvent pour certains dans le journal de classe hebdomadaire. Il était donc naturel, qu'un jour, je leur demande ce qu'ils pensaient de cette écriture de textes libres.

    Voici la réponse de huit d'entre eux ayant accepté d'y réfléchir pendant le temps d'une récréation. Précisons que ce sont plutôt de bons élèves. 

    - J’aime beaucoup écrire librement, car quand on m’impose quelque chose, je n’ai plus d’idées. Mais par contre, quand je n’ai plus d’idées pour le texte libre, je veux bien qu’on me propose quelque chose, comme ça, j’en aurai peut-être une. Le seul inconvénient du texte libre, c’est qu’on ne voit pas le temps passer. C’est un inconvénient, car on se dit : « Ah, c’est déjà la fin ! »

    - Moi, ça dépend de mon humeur. Des fois, je me dis que c’est bien le texte libre, ça me permet de m’exprimer à ma façon, par exemple pour raconter ma vie ou des histoires que j’ai envie de raconter. Mais des fois, je me dis que je n’ai vraiment pas d’idées ou mes textes ne sont pas bien, alors je préfère avoir un thème imposé. En même temps, c’est un peu libre, car je peux élaborer à ma façon sur un sujet, mais ça ne reste pas très libre.

    - J’aime plus les textes libres, car c’est rare que je n’aie pas d’idées. Et sinon, soit je demande au maître, soit je demande aux camarades. J’aime bien « libre », car ça m’aide à m’exprimer, je peux dire ce qui reste au fond de moi et je peux l’écrire.

    - Parfois, quand il n’y a pas « J’écris », je commence à avoir une idée d’un texte, même la nuit, mais comme je l’oublie le lendemain, parfois je n’ai plus d’idées. Et du coup, j’aime bien en avoir une. Quand on me propose un sujet, souvent, ça ne m’intéresse pas trop.

    - Je n’aime pas trop quand on me donne des idées. Mes idées, elles me plaisent, donc j’aime bien écrire des textes libres.

    - Je préfère largement les textes libres, car ça me permet d’écrire ce que je veux, tu te sens vraiment libre, et après, quand il est corrigé, que tu le mets dans le journal de classe, tu peux le montrer à tes parents, ils sont fiers. Ça fait du bien ! Quand on t’impose un choix, franchement, ça m’ennuie.

    - Quand t’écris des textes libres, tout le monde te félicite et c’est toi qui l’as écrit. Ça te rend fier.

    - Si quelqu’un a des parents très sévères qui ne le félicitent jamais, et que dans une classe, il peut écrire des textes libres et il écrit un très beau texte, peut-être que son père sera fier, et alors, il sera très content pour la première fois.

    - Quand ce sont des textes libres, ça vient vraiment de toi, alors que quand tu t’inspires ou quand on te donne une idée, t’es moins fier.

    - Quand c’est libre, si tu n’as pas d’idées, tu peux raconter ta vie.

    - J’aime beaucoup le système du cahier d’écrivain, car avant, les dernières années, on faisait un jogging d’écriture, on nous donnait un thème et on devait écrire, c’était vraiment ennuyeux. Les thèmes ne m’inspiraient pas et on était obligé d’écrire quelque chose. J’ai découvert que le cahier d’écrivain, ça faisait du bien.

    - C’est comme si le cahier d’écrivain était mon journal où tu peux écrire sous forme d’histoire tes angoisses. Tu peux par exemple raconter un de tes cauchemars ou un de tes rêves les plus beaux. Tu peux faire ce que tu veux. On peut raconter des choses très personnelles. Par exemple, je suis en train d’écrire une histoire de mon cauchemar le pire que j’ai fait. Ça fait du bien d’écrire.

    - Ça développe aussi l’imagination, et quand tu écris l’histoire, tu peux en garder le souvenir.

    - L’an dernier, on avait un cahier d’écrivain, c’était tous les jours un thème différent. Le seul moment que j’aimais bien, c’était le lundi car on pouvait raconter son week-end. Là maintenant, c’est comme si j’étais en liberté.

    - Je me souviens d’une fois, l’an dernier, où on devait écrire une histoire avec la plupart des mots commençant par « c », mais c’était juste une phrase, donc on n’écrivait pas beaucoup.

    - Si on n’a pas envie d’écrire une chose personnelle dans le cahier d’écrivain et qu’on a en même temps envie d’écrire notre vie et de le lire aux autres, on peut dire par exemple que c’est l’histoire d’un hérisson ou d’un autre personnage.

     Daniel Gostain


    2 commentaires
  • Nous accueillons dans notre classe de CE2 depuis la rentrée de janvier une élève allophone syrienne. Elle apprend vite et est très volontaire. C’est également une élève jusque-là très discrète, pour cause !

    D’un autre côté, je me suis fâchée avec les élèves que j’ai depuis septembre (oui, je sais, ce n’est pas bien, mais bon… flûte et saperlipopette !) car ils n’apportent plus aucun soin à leur écriture.

    Aujourd’hui donc, je demande à N. de réécrire un mot, puis uniquement la syllabe « ve », une ligne puis une autre, à chaque fois le même problème, c’est illisible. Je fais les gros yeux et là, N. me répond « Mais maîtresse, vraiment, je n’y arrive pas ! ». Je me calme instantanément et prend l’ardoise de H. (l’élève syrienne avec laquelle je travaillais à ce moment-là) et lui montre l’enchainement de ces deux lettres récalcitrantes et l'invite réessayer ses fichus « ve » !

    C’est à ce moment précis qu’H. (qui n’apprend notre alphabet que depuis 3 semaines) décide d’expliquer à N. comment tracer les « ve » ! Elle lui montre, c’est parfait ! Je m’extrais volontairement et les observe. N. est d’abord surpris, souris, H. insiste du regard, montre l’ardoise, lui tend un crayon… et c’était parti pour des « ve » en veux-tu en voilà, ponctués par les « non ! », « non ! » puis « oui, bravo ! *» de H. !

    C’est vraiment un grand moment pour moi, pour elle et pour toute la classe… car, elle vient de prouver à chacune et chacun, qu’avec le peu qu’on sache, on est aussi valable que les autres pour aider !

    (* en français dans le texte !)

    Jeanne Paturel


    1 commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires