• Comme je l'ai déjà fait partager dans ce blog, l'écriture de textes libres est une activité centrale dans ma classe, du CP au CM2. Elle s'accompagne de la publication hebdomadaire d'un journal de classe d'une page, journal consacré essentiellement à la diffusion des textes écrits.

    Ainsi, tous les vendredis, nous procédons à un vote de textes, parmi ceux que souhaitent présenter les élèves (pas d'obligation) et à condition que ces textes aient été vus par moi-même et corrigés par l'élève sur le plan syntaxique, grammatical et orthographique.

    A plusieurs moments dans la semaine, l'activité "J'écris" est proposée, soit dans le cadre du travail individuel, des projets, ou du temps libre et calme de l'accueil, soit sur une plage horaire où tous écrivent obligatoirement.

    Mais, me direz-vous, pourquoi je parle ici d'une activité finalement fort classique, notamment parmi les praticiens de la pédagogie Freinet ?

    C'est pour démontrer une chose : plutôt que de mettre ici l'accent sur la dimension de plaisir, qui a été souvent mise en avant dans ce blog, j'aimerais aujourd'hui pointer l'efficacité de ce dispositif dans la production des textes réalisés, efficacité bien plus grande pour moi quand on privilégie dans une classe l'entrée "écriture" plutôt que l'entrée "étude de la langue" (même si l'une n'empêche pas l'autre). Choix qui est loin d'être neutre...

    Voyez ci-dessous l'évolution des histoires de mes élèves de CE1 dans le journal de classe entre septembre et juin, avec notamment deux textes de C. ! 

    Plaisir VECU 202 : Le plaisir est efficace !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Plaisir VECU 202 : Le plaisir est efficace !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Daniel Gostain


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  • Depuis le début de l'année, de petits groupes de deux ou trois CM1 préparent en classe la lecture d'albums qu'ils vont lire aux élèves de CP. Vous imaginez bien tout ce que cela peut apporter aux élèves, grands et petits !
    Mais ce mercredi de début juin, pour la première fois, un groupe d'élèves du CP est venu nous lire un album après en avoir préparé la lecture en classe !
    Leur appréhension était palpable à leur arrivée chez « les grands », mais très vite, ils se sont plongés dans le lecture et ont pris leur rôle très à cœur.
    Difficile de décrire leur fierté et leur bonheur devant les compliments adressés par les élèves après leur lecture !
    C'était un festival de regards pétillants ce matin-là...

    Dorothée Virag


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  • Le matin au temps d'accueil (8h30 à 9h00), j'écris les activités possibles (sélection de jeux - accès au site "Beneyluschool" - projets personnels ou de classe) depuis le début de l’année.
    Les élèves choisissent ce qu’ils veulent faire librement.

    A la fin du temps d’accueil, les élèves peuvent venir s'inscrire pour présenter ce qu'ils ont fait ou découvert - un élève à deux par jour (9h à 9h05)

    Je varie chaque semaine les propositions d'activités en ajoutant des nouveaux jeux : j'en ai plein la classe (j'achète ceux que l'on découvre au Salon des jeux mathématiques). Je choisis ces activités en fonction des notions abordées mais je laisse toujours un "atelier libre pour leurs projets".

    En ce moment, nous sommes à fond dans les solides en géométrie, alors j'ai sorti les Polydrons.

    Plaisir VECU 308 : Les Défis thématiques

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Un jour, un élève a demandé s’il pouvait présenter son polyèdre à la classe. Cela a beaucoup plu et d’autres élèves se sont sentis motivés par l’activité en voulant faire plus grand, plus complexe…. Et chaque jour, des polyèdres de plus en plus élaborés étaient présentés.

    En parallèle, suite à une visite à la Ménagerie, j’avais aussi sorti les défis nature en lien avec un travail sur le monde animal. Ces défis nature sont des jeux de carte sur lesquels des informations sont inscrites (taille, gestation, longévité …). On en a une dizaine en classe et les élèves en apportaient aussi de la maison. On y joue à deux, comme à la bataille (on dit : « la taille », on compare entre les deux cartes, et celui qui a le plus remporte la carte). C’est devenu leur jeu préféré.

    Plaisir VECU 308 : Les Défis thématiques

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Et voici que depuis quinze jours, les élèves se sont appropriés le concept du jeu et ont commencé en projets par trois ou quatre à fabriquer des "défis nature". Le premier inventé a été un défi sur les élèves de la classe ( taille - poids - etc...). Ils ont demandé en Conseil si tous les élèves voulaient participer (car deux élèves avaient été gênés qu'on leur demande ces détails personnels). Ils sont même venus me demander mes mensurations pour que je fasse partie du jeu (et en plus, je serai la carte la plus « forte », chouette, j’ai joué le jeu !)


    Et puis quelques jours après, un autre groupe s'est lancé dans la construction d'un "défi nature" sur les animaux, puis un autre groupe sur un "défi géométrique" (les solides). Et d'autres défis germent (les monuments de Paris…)

    Plaisir VECU 308 : Les Défis thématiques

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Tous ces défis seront présentés lors des "portes ouvertes aux parents". A ce jour, on n'en est qu’aux fiches essai mais un groupe s’est emparé du côté visuel pour découper de belles cartes sur lesquelles tout sera recopié avec soin.

    D’un jeu proposé, deux ou trois élèves se sont emparés de l’idée pour construire un projet qui est devenu au final un projet de l’ensemble de la classe. Parfois on impulse sans le savoir et les enfants s’approprient une idée qui devient une activité coopérative. Mais tout cela ne serait pas possible sans ces temps d’espace de liberté dans l’emploi du temps.

    C'est la fin de l'année et tout semble s'harmoniser ... parfois il faut du temps, mais ça vaut le coup !!!

    Valérie Da Silva (enseignante en CE2- Paris)


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  • Le partage de cette fin d'année revient sur un dispositif déjà présenté dans ce blog (Nos questions) qui ne cesse de me remplir d'aise.

    Chaque jeudi, les élèves (CE1) proposent une question qui leur tient à coeur, nous nous arrêtons à six questions et en sélectionnons une par vote à main levée. Celle-ci est aussitôt recopiée dans le cahier de liaison avec la proposition transmise aux parents de chercher pendant le week-end avec leur enfant une réponse, s'ils le souhaitent. Le lundi suivant, nous mettons en commun le résultat de nos recherches. 

    La seule règle sur les questions "recevables"c'est qu'elles ne soient pas des questions d'ordre philosophique - qui ont leur place dans un autre temps appelé "Je réfléchis" - et que la réponse ne soit pas unique (par exemple, "comment on dit "chaise" en anglais ?").

    Il s'agit là d'un vrai questionnement naturel, jamais orienté de ma part, qui sur une année balaye toutes les disciplines.

    Voyez plutôt :

    Sur le corps : Pourquoi avons-nous des couleurs dans les yeux ? Comment fonctionne le cerveau ? Combien de cheveux avons-nous ? A quoi ça sert de dormir ? Pourquoi quand on tourne, sommes-nous un peu penché ?  Pourquoi parfois, quand on sort de l'eau, avons-nous les lèvres violettes ? Pourquoi la nuit, faisons-nous des rêves ou des cauchemars ? Comment digère-t-on ? 

    Sur les animaux : Est-ce que la carapace des tortues fait partie de son squelette ? Pourquoi les escargots avancent-ils lentement ? 

    Sur le temps : Comment vivaient les hommes préhistoriques ? Pourquoi les saisons changent-elles ? Comment les animaux sont-ils apparus ? Pourquoi il y a-t-il des jours dans la semaine ? Comme était l'école au temps de nos grands-parents ? Pourquoi les jours de la semaine s'appellent-ils lundi, mardi... ? Pourquoi les feuilles changent-elles de couleur en automne ?

    Une réponse au tableau sur la météo tracée par Raphael : 

    Plaisir VECU : Se libérer du programme

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Sur l'espace : Combien il y a-t-il d'étoiles ? Pourquoi les nuages sont-ils blancs ?

    Sur la technologie : Comment internet fait-il pour savoir autant de choses ? Comment fait-on pour prévoir le temps qu'il fera ? Pourquoi avons-nous du mal à reconnaître notre voix sur les vidéos ? Comment trouve-t-on des pierres précieuses ? 

    En mathématiques : Pourquoi les nombres ne s'arrêtent-ils jamais ? 

    Sur la société : Pourquoi il y a-t-il des pays ? Comment fabrique-t-on les films ? Pourquoi changeons-nous de Président ? Pourquoi il y a-t-il parfois des incendies dans les habitations ? 

    Autre : Pourquoi des fromages comme l'emmental ont-ils des trous ? 

    JAMAIS je ne me soucie de sélectionner les questions selon le programme, car je considère que faisant cela, ce serait instrumentaliser cette curiosité naturelle qui s'exprime et la tarirait automatiquement. 

    Au vu de ce tout ce qui a été partagé pendant ce temps, nous sommes allés bien AU DELA du programme imposé de CE1. Ma seule prise en compte de celui-ci, c'est que parfois, j'ai choisi de prolonger la discussion par une ou deux séquences pédagogiques. Par exemple sur les saisons, sur la vie d'avant ou sur le squelette. 

    Je ne peux que vous conseiller de mettre ce temps "Nos questions" au programme de votre classe ! C'est devenu pour moi un incontournable. 

    Daniel Gostain


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  • Comme je vous l'avais promis dans mon article sur la minute de retour à soi (Méditation en classe) je vais vous parler aujourd’hui de mon espace « Je calme mes émotions ».

    L’idée est de permettre à l’enfant d’avoir un endroit où sont mis à sa disposition différents outils pour l’aider à apaiser sa tempête intérieure. En effet, j’ai remarqué que souvent mes élèves sont en proie à des émotions fortes, que ce soit de la colère, de la tristesse, des fous rires… et que cela les gêne dans leur temps d’apprentissages.

    Cet espace est installé, à l’écart, dans un endroit où l’enfant peut avoir un peu d'intimité. J’y ai mis une plante verte pour le séparer du reste de l'espace. Dans ce coin, j’ai installé une table et une chaise, et au mur sont accrochés des affiches sur comment se calmer, ainsi que des informations sur les émotions…. Les enfants s’y rendent quand ils en ressentent le besoin. Il est pour moi important de leur laisser la liberté de choisir s’ils ont besoin d’y aller ou pas.

    Ce n’est pas un coin punitif, lieu où j’envoie l’enfant pour se calmer !! Je trouve ça très important d’en avoir conscience car sinon l’enfant l’associera à une contrainte et à une punition et non à une aide.

    Voilà comment j’organise mon espace : « Je calme mes émotions ». On y trouve : une peluche à qui l'on peut faire des câlins, que l'on peut caresser pour se calmer, ou même taper pour se défouler, pourquoi pas ; des balles anti-stress que l'enfant peut manipuler, écraser… pour lâcher son énergie ; de la pâte à modeler dans laquelle on peut mettre sa colère, sa tristesse ; un miroir afin que l'enfant puisse s'observer, voir son visage suivant l'émotion dans laquelle il est ; des crayons de couleur avec des feuilles blanches sur lesquelles l'enfant peut gribouiller, exprimer son émotion, faire un dessin ; des mandalas à colorier en partant de l'extérieur vers l'intérieur pour se recentrer ; un livre avec des animaux, des paysages, pour apporter de la découverte, de la beauté ; un livre de blagues pour rigoler et retrouver le sourire ; et un sablier de 10 minutes qui permet de gérer le temps et d'éviter que l'enfant n’y reste toute la matinée.

    Comment les enfants utilisent cet espace dans ma classe ? Quand les enfants sont en proie à une émotion un peu forte, ils ont la liberté d'aller dans l’espace : « Je calme mes émotions ». Ils s'y assoient le temps d’un sablier de 10 minutes et peuvent faire ce qu'ils veulent, dans le respect des règles de cet espace. Quand le sablier de 10mn est terminé, l’enfant range ce qu’il a utilisé et regagne sa place dans la classe. Ce lieu est souvent utilisé au retour de récréation où les enfants sont en proie à de nombreuses émotions. Lorsque plusieurs enfants ont envie d’y aller, c’est par ordre de demande, et chacun attend son tour. Parfois le fait d’attendre, l’émotion est passée et l’enfant n’en sent plus la nécessité. Au retour d’une récréation, J. était très triste, en colère, et pleurait à chaudes larmes. Elle est allée d’elle-même au coin "Je calme mes émotions". Elle en est ressortie 10 mn plus tard, apaisée et tranquille et m’a dit : "Maitresse ça m’a fait du bien d’aller là-bas, j’y ai laissé mon chagrin." Je vous partage ces paroles car pour moi, c’est vraiment ça l’utilité de cet espace : que l’enfant apaise ses émotions afin qu’il soit ensuite disponible pour les apprentissages.

    Je pense qu'il faudrait aussi que moi, enseignante, je m’autorise à y aller de temps en temps, ça me ferait beaucoup de bien !!

    Mylène de Sainte-Marie


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