• Plaisir VECU 751 : La littérature est à la fête

    Je fais partie de l’association Citérature(s), composée d’enseignants (maternelle et élémentaire/ directrice/ ancienne conseillère pédagogique), de libraires, de bibliothécaires du 18ème et 19ème arrondissements de Paris, qui a pour objectif de développer la littérature dans la cité, dans le quartier, dans les familles, à l’école. Cette année, les classes participant au projet travaillent sur l’œuvre d’Anaïs Vaugelade : auteur, illustratrice et éditrice. Après avoir découvert son univers, ses albums, et  le trajet du livre, ma classe s’est intéressée aux histoires illustrées par Perceval Barrier (qui a pour éditrice Anaïs Vaugelade). A partir de lectures, d’analyses, de débats… les élèves se sont vite appropriés les « codes » de cet illustrateur : humour, bulles de BD,  recueil d’histoires comprenant les mêmes personnages… et ont commencé à écrire et à imaginer des suites, des fins différentes.

    L’idée et l’envie d’écrire collectivement une histoire , avec nos personnages et des bulles de BD, a vite été proposée par les enfants (qui avaient vu les livres réalisés par les classes de Citérature(s) l’année dernière).

    Ayant la chance de pouvoir correspondre avec cet illustrateur, nous sommes entrés dans une phase collective de recherche sur nos personnages, leurs intentions dans l’histoire, la cohérence de nos idées… de nombreuses discussions et débats ont eu lieu, mêlant l’imagination débordante des enfants et la cohérence des choix faits tous ensemble. C’était très riche. Ce projet a pris de plus en plus d’importance et de temps, et les enfants se sont complètement investis dedans : toutes les idées étaient écoutées, discutées, votées. On repartait toujours de nos idées de départ pour justifier un choix (exemple : « le personnage de l’archéologue apprend des choses sur les momies, donc il ne connait pas tout au départ, donc c’est mieux qu’il soit jeune »). Tout est parti d’eux, des personnages (une momie et un archéologue), à la dernière page (un bébé mi momie/mi humain ( !), comme dans Le déjeuner de la petite ogresse), tout ce qui se justifiait pouvait être gardé et les élèves se sont vraiment emparés de leur histoire.

    Et Perceval Barrier est venu dans notre classe : cette rencontre a été très forte pour les enfants !  Il existe « en vrai » ! Il est « normal ». Il peut rater, fait des brouillons, essaye plusieurs fois avant de réussir. Il s’est intéressé à notre histoire et nous a guidés, donné des conseils, des directions pour continuer.

    Les intervenants d’arts visuels et de musique de l’école interviennent également : en musique, nous sommes en train d’écrire deux chansons, chantées par les personnages de l’histoire, et l'intervenant en arts visuels va nous aider pour les illustrations et commence déjà à réfléchir avec eux sur les façons de représenter les personnages. Ce projet dépasse la classe et même l’école : d’autres classes en font partie, dont une de l’école avec qui nous nous rencontrons parfois pour des « chocolats littéraires », mais aussi d’autres écoles du quartier, la librairie et la bibliothèque.

    A la fin de l’année, le livre CD sera donné aux élèves et vendu dans la librairie du quartier, en vitrine même ! Il y   aura une exposition à la bibliothèque. Cela donne du sens pour les enfants, et cela crée un lien avec les parents, que nous invitons à chaque événement, comme écouter/ participer à des lectures en librairie dans l’année.

    Samedi matin dernier, 9 élèves de ma classe et une dizaine d’une autre classe du quartier, ont lu des histoires de Perceval Barrier et d’Anaïs Vaugelade à la librairie Le Rideau Rouge … leurs parents devant les accompagner, il s’agit souvent des mêmes enfants … mais une belle surprise m’attendait ! Un de mes élèves difficiles, qui n’avait pas forcément montré d’intérêt pour ce projet, est arrivé en larmes : il avait fait une colère à sa mère (qui ne se déplace même pas pour venir chercher le livret) pour venir à la librairie, un samedi matin, écouter ses copains lire des histoires… Waouh !

    Nous avons imaginé notre histoire, il reste à l’écrire et à l’illustrer… rien que ça ! Mais mes élèves sont tellement motivés que je n’ai (presque !) plus qu’à les suivre…


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