• Ma classe de CE1 participe à des ateliers avec les CP l’après-midi. Pendant 45 minutes, ils sont mélangés et peuvent faire des activités diverses : graphisme, tablettes, sport, origami, crackers pour Noël, arts plastiques, lecture, jeux de société ont été proposés depuis le début de l’année. 

    Avant les vacances de Noël, des mamans m’ont demandé si elles pouvaient venir faire des gaufres avec les élèves pour ensuite les vendre au marché de Noël de la ville avec une association de parents. 

    Nous avons donc profité des ateliers : pendant une semaine, 3 ou 4 mamans se sont relayées pour venir l’après midi. Mon groupe se composait de 6 à 10 élèves selon les jours (et selon les autres ateliers proposés dans l’école). Un groupe s’occupait de la préparation de la pâte (avec mesure des ingrédients), un groupe allait faire cuire les gaufres et un groupe s’occupait d’emballer les gaufres de la veille. Ils allaient ensuite faire la petite vaisselle et nettoyer les tables. Le tout suivi bien sûr d’une petite dégustation ! 

    Entre 300 et 350 gaufres ont été préparées cette semaine là (et tout a été vendu !)

    Nous avons également fait des calculs à partir des paquets de gaufres : il y a 8 gaufres dans chaque paquet, combien de gaufres dans 2 paquets ? 10 paquets ? 20 paquets ?

    Le succès a été tel que les mamans nous ont demandé de reconduire cet atelier, cette fois pour le marché de Noël au sein de l’école. Toutes les gaufres ont également été vendues et le bénéfice servira à des futurs achats pour notre école.

    Les élèves ont adoré participer à cet atelier et les mamans (ainsi qu’une mamie qui est venue nous aider) ont apprécié venir à l’école pour des activités qui changent de l’ordinaire.

    Nous avions déjà proposé aux parents de participer aux ateliers en début d’année mais personne ne s’était manifesté. Les parents viennent en effet aux réunions mais ne répondent pas toujours aux invitations à venir en classe. Mauvais souvenirs de l’école ? Manque d’intérêt ? Peur de ne pas savoir quoi faire dans la classe ? Les raisons sont, je pense, multiples.

    Le côté plus ludique et accessible des ateliers peut alors permettre aux parents d’oser venir en classe et partager ce temps avec leur enfant. Ce dernier va se sentir valorisé dans ses activités scolaires en voyant l’intérêt de ses parents. 

    Nous allons donc relancer l’invitation, en espérant qu’il y aura des retours positifs après cette expérience culinaire.

    Chloé Brillon, Classe de CE1, École Maurice Thorez de Wavrechain-sous-Denain (59). Avec les classes de CP de Mme Perek et M Bocquet


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  • L’année dernière, avec ma classe de CE2-CM1-CM2, nous avons mené une correspondance. Ma classe était située dans une école REP+ de la Porte de Clignancourt, tandis que celle de nos correspondants était située en milieu rural, en Charente-Maritime. Avec mon collègue, nous nous étions choisis, dans l’idée notamment de permettre aux élèves d’appréhender, connaitre des milieux de vie très différents. Le résultat fut d’une grande richesse.

    Dès le contrat de correspondance, nous avons organisé une alternance entre envois collectifs et envois individuels. Les envois collectifs ont donné lieu à des échanges d’exposés, d’enquêtes, d’expériences diverses et variées, mais aussi et surtout à une étude comparative de nos milieux respectifs, propice au travail approfondi dans le domaine de la géographie ! Dans ce contrat, chacun des enseignants s’engageait aussi auprès des élèves à faire tout son possible pour organiser une rencontre entre les deux classes. Très vite, c’est la classe de Charente-Maritime qui s’est engagée dans le projet d’organiser une classe de découverte autogérée à Paris.

    Mes petits parisiens étaient baba de découvrir au fil de nos échanges toutes les montagnes déployées par leurs camarades pour mener à bien un tel projet. Tandis que nous nous apprêtions de notre côté à partir en classe de découverte grâce à la Mairie de Paris, nos correspondants multipliaient quant à eux ventes et événements en tous genres pour financer seuls un aller-retour en TGV, un séjour en auberge de jeunesse, les courses pour les repas, les tickets de métro sur place…

    C’est alors que, dans ma classe, grâce aux propositions du conseil, est née l’idée de payer à nos correspondants une journée complète à la Cité des Sciences. Et hop ! Calcul du budget, réalisation de cartes postales à vendre par les élèves, comptage régulier du pécule ainsi accumulé, évaluation de la somme restante à trouver, demande à la coop de l’école : les mathématiques naturelles sont arrivées dans la classe !

    Finalement, durant 3 jours au cœur du mois de mai, les deux classes se sont rencontrées avec plein de partages : une journée à la Cité des Sciences de La Villette, une matinée dans notre école sur des ateliers gérés par les élèves, et puis une autre matinée à la Tour Eiffel, qui était un moment aussi riche pour les Parisiens que pour ceux de Charente-Maritime. Joie teintée de trac des rencontres individuels après près d’une année d’échanges individuels entre chaque binômes de nos deux classes, fierté de faire découvrir le métro, émerveillements partagés au cœur d’un Paris aussi méconnu de mes élèves que mystérieux pour les élèves de mon collègue. Pour nous, enseignants, la satisfaction de faire entrevoir à ces enfants la possibilité d’inventer une communauté malgré tellement de distances…

    Au fil des correspondances individuelles, il a fallu apprendre à écrire bien, à écrire juste, à se dévoiler pour apprendre de l’autre, et enfin à partager. Quelle expérience dans le domaine du « savoir écrire et manier la langue » ! Les élèves de ma classe, issus d’un milieu très populaire, majoritairement immigré, enclavé dans un ghetto social, ont découvert qu’il existait partout des enfants avec qui ils pouvaient échanger et se comprendre, simplement par le pouvoir de l’écriture. Un horizon s’est ouvert dans leur vie. Et je pense que mon collègue pourrait en dire autant pour ses élèves des campagnes de la Charente Maritime !

    L’un des temps les plus forts pour cette correspondance individuelle fut le moment du retour des vacances en janvier. Mes petits élèves aux parents Maliens, Sénégalais, Sri Lankais, Algériens, Tunisiens, Marocains, Haïtiens, Ivoiriens… reçurent des lettres peuplées de « Bonne année », de récits de réveillon de Noël et de cadeaux en tous genres… Leur première réaction fut la perplexité : « Maitresse ! On n’a rien à leur raconter, nous. » Déjà, courant octobre, au moment des présentations, la question des « origines » (pour mes élèves, « racines venues d’un autre pays ») avait été posée… Chez nous, ce fut l’occasion de nous interroger sur les rites et coutumes à travers la classe, à travers le monde. Beaucoup ont cherché à décrire les fêtes pratiquées dans leurs familles respectives autour des enfants et des cadeaux, mais aussi de la nourriture. D’autre y virent l’occasion de recherches approfondies au sujet des pays d’origine de leurs parents. Tout à coup, apprendre à l’autre quelques mots d’une autre langue pratiquée à la maison mais pas à l’école est devenue une fierté. En échange, certains ont reçu des descriptions de fêtes et recettes charentaises.

    Et l’envie de s’écrire pour devenir amis est restée ; Et des envies d’aller parcourir la France / le monde sont nées !

    Magali Jacquemin


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  • Dans ma classe de CE1 dédoublée (13 élèves), nous avons commencé les "Quoi de neuf ?" dès les premiers jours de classe. Certains élèves avaient l’expérience de cette pratique l’an dernier tandis que d’autres l’ont découverte. Les demandes de participation sont tellement nombreuses que j’inscris 2 enfants par jour : un le matin et un l’après-midi.

    Depuis la rentrée, nous avons eu des thèmes très divers. Une élève a raconté ses vacances avec des photos, une autre a amené le livre photo de sa naissance, d’autres ont amené des jeux, des figurines, des livres…

    Cette présentation ne donne pas nécessairement lieu à un travail mais nous avons déjà fait quelques prolongations.

    Avec le thème des vacances, nous avons pu travailler sur la carte de la France mais aussi sur la carte du monde (des élèves sont partis au Maroc, en Roumanie et une élève est même partie au Canada !). Nous avons regardé le trajet pour arriver à destination : les pays traversés, les océans, les continents.

    Une élève nous a présenté sa collection entière de cartes Star Wars, nous avons ensuite essayé de toutes les compter en les groupant par 10 (il y en avait 95).

    Deux élèves ont amené une figurine qu’ils ont eue dans un menu de fast-food, nous avons calculé le prix des menus pour différentes familles.

    Pour l’instant, 2 élèves ne se sont pas encore portés volontaires pour venir présenter quelque chose mais ils participent à l’échange et posent des questions.

    J’ai un élève extrêmement timide qui prend très rarement la parole et parle tout bas, et j’ai été très surprise de le voir lever le doigt dès la deuxième semaine pour s’inscrire au Quoi de neuf. Il s’est mis devant la classe pour montrer sa figurine, a dit quelques mots avec mon aide et a ensuite répondu aux questions des copains. J’étais fière qu’il ose si rapidement parler à toute la classe et ses copains ont fait la même réflexion : « N. est moins timide que l’an dernier, il a même fait un Quoi de neuf devant tout le monde ! »

    Chloé Brillon ce1 école M. Thorez - Wavrechain-sous-Denain (59)


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  • Trois semaines se sont écoulées depuis la rentrée. Les élèves de petite section se sont appropriés l’espace, en compagnie de leurs mères dans un premier temps ; puis, ils ont appris à se séparer d’elles, sans larme. Certains étaient déjà familiers de la vie en collectivité. Ils avaient fréquenté la crèche ou la classe des touts petits l’année passée, mais, dans ma classe située en REP+ à Perpignan, ces élèves sont peu nombreux. La plupart d’entre eux quittent le foyer familial, et la chaleur des bras de leur mère, tantes ou grand-mère pour entrer en maternelle à trois ans. La séparation est donc d’autant plus difficile qu’ils doivent affronter simultanément une structure inconnue, d’autres enfants qui eux aussi leur sont inconnus, parfois même une langue inconnue. Ils découvrent les jeux, seuls, en parallèle les uns des autres, chacun dans leur coin, sur un même tapis parfois. 

    Comme tous les élèves, ils apprennent le partage parce qu’il s’impose à eux. Quel fut mon plaisir lorsque cette semaine-là, j’ai à plusieurs reprises observé des moments d’entraide entre mes élèves ! Naturellement, ils ont trouvé qu’à deux ils allaient plus loin, qu’à deux ils pouvaient réaliser ce que seuls ils ne savaient faire. Alors, sans se parler souvent, ils se sont aidés, comme ici pour enfiler des élastiques autour d’un rouleau en carton. 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Là, c’est un élève qui a eu l’idée de réaliser une ligne, et d’expliquer sa démarche à sa camarade.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Initialement ils se partageaient le tableau magnétique. Il semblerait que chacun avait choisi des formes différentes, rien ne les prédisposait donc à coopérer, néanmoins, après avoir expliqué ce que seul il faisait. Ils ont tous les deux poursuivi la longue ligne droite réalisée avec les aimants que chacun avait choisis…

    Ici une élève aide une camarade à s’habiller, afin d’aller seules, autonomes, peindre dans l’espace dédié.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Naturellement, les élèves ont coopéré, pour atteindre un but qu’ils s’étaient fixé. Ils ont découvert ces situations d’échange au cours desquelles chacun s’enrichit des apports et questionnements de l’autre. L’observateur que j’étais s’est contenté de les encourager, pour que ces moments d’entraide deviennent une valeur partagée.

    Clothilde Jouzeau Kraeutler

     


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  • " J'aime bien ce moment car on peut parler de ce qu'on aime et de ce qu'on n'aime pas... J'ai appris ce que les autres ressentaient et j'ai pu dire moi aussi ce que je ressentais.... Ça m'a permis de partager tous mes sentiments. J'aurai ainsi plus confiance et je serai moins stressé.... En disant ce que je ressentais, c'est comme si j'avais moins peur. J'aime bien aussi entendre les autres parler, je les ai trouvés intéressants... Avant, je n'aimais pas trop parler devant les gens, et maintenant, ça ne me dérange plus trop... Grâce à ce moment, toutes mes émotions, je les ai vidées. Peut-être que je vais m'en refaire, mais là, j'ai fait le ménage (parole de CP)... Ça m'a donné des idées quand les autres disaient leurs émotions. "

    Mais, c'est quoi ce moment dont ces élèves du CP au CM2 parlent avec tant de plaisir ? Et comment ça se fait que ces mots, "émotions", "ressentis", "sentiments", "partager", ont si peu leur place à l'école et dans les programmes ? 

    C'est à partir de ce constat que dans notre école, depuis le début de l'année, nous nous sommes lancés à quatre classes dans un temps de parole hebdomadaire (de 11h30 à 12h), basé sur le volontariat. Parce que nous considérons que les apprentissages ne sont pas que rationnels, qu'ils dépendent de facteurs multiples, qui tiennent souvent de l'intériorité, donc cachés, occultés, empêcheurs, et la plupart du temps non perçus par les enseignants...

    J'ai pu travailler ces dernières années sur les "empêchements à apprendre" des élèves (travail qui a reçu le Prix du jury au Forum innovant du Café pédagogique. A consulter ici : Empêchements à apprendre), et ce temps de parole est dans le droit fil de cette conviction : trouvons tous les moyens pour permettre aux élèves dont nous avons la responsabilité de se sentir bien à l'école. Libérés pour mieux apprendre...

    Aussi, chaque semaine, une douzaine d'enfants de nos quatre classes, tous âges confondus, se disposent en cercle dans un espace neutre et font du "ce qui" : ce qui me plait, ce qui me fait peur, ce qui me stresse, ce qui m'agace, ce qui m'étonne, etc. En toute spontanéité. Sans que nous, enseignants, cherchions à instrumentaliser leur expression, à la guider vers du scolairement correct. Surtout pas ! 

    Un temps dont certains élèves se sont emparé avec enthousiasme, car disent-ils, ils se détendent, ils se vident, ils se découvrent, et même, ils apprennent. 

    J'espère vous avoir donné envie de l'expérimenter, vous aussi.

    Daniel Gostain, Ecole élémentaire, Paris 13


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