• Depuis ma rencontre avec Jacques Lévine, psychologue, psychanalyste, créateur d'un courant d'ateliers de philosophie pour les enfants, et fondateur de l'Agsas, qui propose - entre autres - des groupes d'échange entre enseignants, je ne travaille plus de la même façon.

    En particulier, dès qu'on aborde une nouvelle notion, je garde à l'esprit le "pourquoi c'est fait" de cette notion ou, dit plus simplement, pourquoi on l'étudie en classe. C'est fou, d'ailleurs, le nombre de notions qu'on aborde sans passer la case "Pourquoi" !

    Ainsi, avant de commencer à mesurer dans la classe, dans l'école, dans la rue, nous nous sommes posé la question : "Pourquoi parfois a-t-on besoin de mesurer ?" et je les ai laissé parler. Ça semble d'ailleurs une évidence, mais l'évidence et l'école, ça fait plutôt deux.

    Là, pour étudier la composition du calendrier, nous avons réfléchi à son "pourquoi". Et j'ai trouvé l'échange bien intéressant et utile pour donner du sens.

    Ecoutez plutôt :

    1) A quoi sert un calendrier ?

    2) Est-ce que ça sert de garder d'anciens calendriers ?

    Les entendre chercher du sens à ces notions/outils d'adultes, c'est aussi un moment-plaisir !


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  • Le plaisir d'aujourd'hui est en fait le plaisir d'une année, celui d'assister à la métamorphose proprement insensée d'un enfant de ma classe, F.

    F. est en CP dans mon CP/CE1, il m'a été signalé en fin d'année dernière comme un enfant très en retard, voire un peu attardé - comme on le disait autrefois - et j'ai choisi de le prendre dans ma classe, vu qu'on m'avait concocté une classe "aux petits oignons", comme souvent lorsqu'il s'agit d'une classe à double-niveau ("On va te mettre des enfants autonomes, car tu as le malheur (je souligne) d'avoir un double niveau, et tu t'es sacrifié pour le prendre", me dit-on souvent).

    Arrive le début d'année.

    F. est très calme, mais aussi totalement perdu. Perdu dans le début de fonctionnement un peu particulier de ma classe, perdu car ses parents le considèrent comme un peu à part parmi leurs enfants - celui qui a des gros problèmes, alors que son petit frère, lui... -, perdu dans ses rapports aux autres.

    Pendant le temps d'écriture de textes libres, J., une personne qui se prépare au métier de professeur des écoles ou moi-même, nous nous mettons souvent près de F. pour l'aider à faire émerger un début de petite histoire. Mais à la question "Qu'est-ce qu'il fait le crocodile ?", F. répondait : "Qu'est-ce qu'il fait le crocodile ?" Tout cela pendant le premier trimestre. Bon...

    Et puis, les rituels de classe se mettent en place, le "Je fais partager", le temps des projets, l'écriture des textes libres, avec parution dans le journal hebdomadaire de classe. F. s'y inscrit un peu, n'en comprenant pas trop le sens, aidé en cela par une ambiance de classe fondée sur la coopération et l'entraide.

    A., un élève de CE1, a été vraiment moteur pendant cette première partie de l'année pour F. Pour chaque activité, il s'est conduit comme un véritable tuteur, lui préparant ses cahiers, lui expliquant parfois la consigne, l'encourageant. De façon naturelle, et sans que ça perturbe son propre travail. Bien au contraire.Vertu du double-niveau ! yes

    Un des temps de la classe du vendredi, le "Vote de textes" pour le journal, a été très important pour F. Comme je m'attachais à ce que tous les enfants puissent avoir leur texte libre publié à un moment ou un autre, quelle que soit la longueur du texte, F. a pu voir les siens, même sommaires, reconnus. Vous pouvez imaginer sa fierté, surtout que ses premiers écrits ont été vraiment choisis par ses camarades (et non par le maître). Son premier texte élu a même été applaudi (à moins que ce ne soit plutôt F. lui-même qui l'ait été)

    Le voilà dans le journal n°2  :

    Plaisir VECU 288 : La Métamorphose de F.

    Et puis, l'année 2014 arrive, F. s'installe, de façon évidente : il se met à déchiffrer peu à peu les albums, à écrire de façon de plus en plus autonome, il se met même récemment à demander à passer au "Je fais partager" et à nous parler de l'anniversaire de son frère de façon compréhensible, en nous regardant, avec une voix affirmée. Pendant l'écriture de textes libres, à la question "Qu'est-ce qu'il fait le crocodile ?", F. répond : "Le crocodile, il mange des poissons". L'expression et la formulation restent simples, mais quel changement !

    Enfin, conclusion provisoire de cette observation, depuis cette semaine, F. présente chaque matin l'emploi du temps de la journée avec un autre élève de CP et je peux vous dire que sa fierté fait plaisir à voir.

    Une image ? Observez ces deux dessins, en septembre 2013, puis en avril 2014 :

    Plaisir VECU 957 : La MétamorphosePlaisir VECU 957 : La Métamorphose

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Tous, dans l'école, s'accordent à reconnaître la métamorphose, enseignants, maîtresse G, élèves.

    Alors, qu'est-ce qui a provoqué ce "miracle" ? Voilà quelques-unes de mes hypothèses :

    1) Le fonctionnement d'une classe inspirée de la pédagogie Freinet, où il y a la possibilité d'une vraie expression personnelle et donc d'une reconnaissance, favorise le changement. De plus, ses camarades, qui se rendaient compte de la "différence" de F., n'ont cessé de l'encourager.

    2) Le double-niveau, où la compétition et la comparaison des résultats sont moins présentes, permet à des enfants comme F. (et à tous les autres aussi) de ne pas être relégués. De plus, j'ai fait le choix de mélanger dans la classe les enfants de CP et CE1 pour permettre le tutorat (même si je travaille aussi à certains moments avec un groupe ou l'autre).

    3) Les parents de F. ont coopéré, acceptant  - avec réticence, toutefois - la mise en place d'un travail psy.

    4) Je n'ai pas trop différencié le travail de F. Evidemment, mes exigences n'étaient pas les mêmes que pour d'autres ( ce qui ne signifie pas "inférieures"), mais je ne suis pas sûr que donner un autre travail aux enfants en difficulté soit approprié, car c'est une façon de les mettre à part. Je suis plutôt partisan de les inscrire vraiment dans le groupe-classe, tout en étayant davantage.


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  • Depuis longtemps, depuis toujours, il faut faire l'appel quand on est enseignant. C'est une obligation institutionnelle, le nombre des présents, le nombre des absents, tout ceci est inscrit à l'école élémentaire sur un registre rose, document officiel, preuve administrative, judiciaire...

    En observation dans une classe de collège, j'assistais à ce rituel immuable, qui sur 55 minutes de cours peut prendre facilement un quart d'heure. Car ils résistent un peu, répandus sur leur chaise, cachés derrière leur cartable, ils ricanent. Il faut attendre le calme, qu'ils enlèvent leur manteau, qu'ils posent leurs cartables par terre. Attendre le silence, pour entendre son nom et y répondre par ce même mot « présent », depuis si longtemps, depuis toujours. Ils sont grands, ils ont 15 ans, ils sont presque devenus des femmes et des hommes, je les avais connus si petits, mais paradoxalement dans ce rituel d'introduction à la classe, ils m'apparaissent encore plus petits : des bébés attachés à leur chaise, si passifs, si attentistes :

      « - untel, - présent, - ton carnet ; - untel, - présent, - ton carnet ; -untel, - il est absent m'dame ;   -untel, - j'suis là, - ton carnet ; etc, etc … »

    Ici le rituel est coercitif, les élèves doivent donner leur carnet à chaque début de cours et le récupérer à la fin, comme cela la sanction est donnée sans perte de temps en négociation pour obtenir l'objet au cas où, et c'est l'ensemble des élèves qui subit l'attente stérile du "chacun dépose son carnet et du chacun le récupère", à chaque cours, chaque jour, chaque semaine, chaque mois, pendant toutes ces années. Patience : le désir naît aussi par la contrainte, j'aimerai tant y croire...

    Pourtant dès trois ans, ils mettent eux-même leur étiquette-présence sur un tableau, ils s'inscrivent dans le temps de la classe, « au quoi de neuf », à la cantine, au goûter …Ils choisissent une activité. Ils deviennent des élèves par le rituel et dans le rituel, car il leur permet d'apprendre quelque chose : reconnaître son prénom et puis l'écrire, dans la bonne colonne, décoder, lire, ne pas oublier. Surtout choisir une activité, anticiper un projet, y réfléchir déjà en posant sa croix dans le tableau à double entrée, ou alors préférer l'amitié et s'inscrire dans la même case que le copain.

    Ensuite je les rassemble sur les bancs autour de moi, après ce temps de projet personnalisé qui dure bien une heure. J'ai mon cahier sur les genoux, je cherche un stylo, je n'ai jamais de stylo, enfin j'en trouve un, je commence :

    «  Hou, hou, les enfants, je vais faire l'appel, je veux le silence, je dois entendre chacun d'entre vous, vous avez eu assez de temps pour discuter depuis ce matin, maintenant je veux le silence complet. » J'appelle les enfants par ordre alphabétique, d'abord les petits, puis les moyens et enfin les grands. Je leur demande de répondre : « je suis là » parce que je souhaite évaluer le langage des petits, leur capacité ou non à employer le « je ». En début d'année, la plupart des petits ne répondent rien, certains prennent une grande inspiration mais n'arrivent à sortir aucun son. Et puis très vite par imitation des plus grands aussi, ils répondent, « Ze suis LÀ », heureux d'avoir pu surmonter cette épreuve. Certains grands me regardent et disent « présents » comme des grands, par habitus des nombreux appels qu'ils ont déjà vécus, à la cantine, au centre de loisirs etc ...

    Et puis un jour, un élève dit « je ne suis pas là », je souris, quelque chose se passait enfin, et j'ose penser que ce n'était pas un hasard, j'en suis sûre, c'était le résultat d'un long chemin parcouru ensemble et séparément. Moi de mon côté, j'avais accepté de leur faire de plus en plus confiance, et de vivre ce moment comme un passage obligé, que je ne passais plus en force, mais que je reconnaissais comme tel, un passage, dont il faut attendre quelque chose et puis un jour ça arrive, forcément, comme une évidence c'est toujours comme ça avec les enfants. Accepter de se laisser emporter à nouveau par la magie de l'enfance, de refaire le voyage à l'envers, pas facile quand on est enseignant même en maternelle.

    Ils rient, ils me regardent tous un peu surpris, ils pensent : «  alors on a le droit de dire qui on est vraiment, comment on est en ce moment ? C'est pas juste pour contrôler, évaluer, on a le droit de parler, en fait silence c'était pour de faux ? »

    Je me tais, une petite fille se lance : « je suis dans Ma tête de Ma maman », j'apprécie le lapsus, j'observe l'élève, elle a tout dit d'elle-même, je n'aurais jamais pu faire mieux même en réunion de synthèse avec le RASED, et puis tout s'enchaîne : « je suis dans le ventre de ma maman », « je suis absente », « je suis dans ma bouche », « je suis dans ma tête », « je suis une tartine grillée qui saute dans l'air », « je suis le président mangé par un requin, mangé par le dinosaure et je suis mort », un petit garçon métis dit « je suis blanche-neige », un autre « je suis pikachu et kokonot » …

    Et moi ... je suis aux anges, je cherche à nouveau mon stylo, je veux noter, mais ça va trop vite, je leur fais répéter, je casse la magie un peu, qu'importe. Alors tous les jours, ou presque de toute cette année ou presque, ils sont :  - le petit déjeuner du matin, - leurs corps, - des personnages de dessins-animés, - de contes, - la vie et la mort bien sûr, - leurs parents, - leurs copains …Ils sont le passé et le futur, ils sont l'ici et l'ailleurs.

    Ils sont des enfants et des élèves tenus ensemble et qui conceptualisent déjà ce que c'est qu'ETRE dans ce nouveau rituel de l'appel du matin.

     Un petit garçon qui présente des troubles de la communication, s'aventure enfin « je suis mon étiquette- prénom » !

     


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  • Lorsque je participais au groupe de Soutien au Soutien avec Jacques Lévine, nous exposions au groupe soit un cas, soit une situation. C'était il y a longtemps, aujourd'hui je travaille dans une école dont le projet est largement inspiré de la pensée et de la pratique de Jacques Lévine, aussi, après avoir exposé le cas Cédric, nous avions essayé de résoudre l'énigme qu'il représentait pour l'école, en équipe.

    Cédric arrivait dans la matinée de ce premier jour de classe en maternelle accompagné de son père. Nous faisons des rentrées très échelonnées, pour faciliter l'adaptation à la première année d'école, mais il ne semblait pas impressionné par ce nouveau lieu, bien au contraire, il arrivait alors dans la classe, « comme un bolide ». Par la suite, il ne faisait que ce qu'il voulait, il grimpait sur tous les agrès en salle de motricité, il jouait aux légos et refusait de venir s'asseoir dans le groupe, il sortait de la classe pour jouer avec les jeux sur les paliers, il refusait de remonter en classe lorsqu'il était dans la cour car il voulait continuer à faire du vélo. Il était sans cesse « hors cadre » alors qu'il avait été gardé en collectivité avant son entrée à l'école. Surtout je n'arrivais pas à accrocher son regard et il parlait très mal. Ses parents expliquaient son comportement par le fait qu'ils avaient beaucoup voyagé et que Cédric se recréait à chaque fois un monde à lui, dans lequel il avait ses propres repères, il avait traversé depuis sa naissance plusieurs pays et plusieurs langues, sa mère n'ayant pas non plus le français comme langue maternelle. Elle était  très inquiète, elle posait la question d' « autisme ».

    Même si la psychologue scolaire qui l'avait observé tenait un autre discours beaucoup plus rassurant, la directrice pensait qu'il fallait faire quelque chose. Quant à moi, ce qui m'intriguait le plus c'était sa façon d'apprendre par imitation sans pouvoir accéder au sens de la situation d'apprentissage. Au quoi de neuf plus particulièrement, il restituait les différentes étapes : l'inscription, la prise de parole, les questions des autres élèves, mais sans prendre en compte la relation de soi aux autres, alors que c'est là, le sens même de cette institution. Il n'en observait que le cadre, il arrivait du fond de la classe en refusant toujours de rester dans le groupe, il s'asseyait sur la chaise, disait quelque chose d'incompréhensible en fixant un point à l'horizon et répétait distinctement« vous pouvez poser des questions » et puis il retournait jouer aux légos sans interroger ses camarades qui levaient le doigt.

    Lors d'un entretien avec ses parents, nous nous accordions sur un constat assez terrible : « Cédric n'a pas le monde symbolique ». L'année d'après, un mois après la rentrée, je quittais Cédric, pour retourner sur les bancs de l'université en congé formation, mais j'y pensais souvent. Je demandais de ses nouvelles à ma remplaçante qui me disait « Cédric il est à l'ouest, mais on a poussé ses parents à s'en occuper, à faire un bilan chez l'orthophoniste, et au CMPP. » Je revins à l'école la dernière semaine de l'année, je refis connaissance avec les élèves et mon travail d'enseignante, j'appris que tous les bilans de Cédric étaient « normaux », rien à signaler. Je m'interrogeait alors sur la validité de nos observations et surtout sur notre acharnement à traquer le hors-norme dès l'âge de trois ans.

    Ce soir j'organise une réunion avec les parents, j'appréhende ce moment parce que je dois leur annoncer que je pars à nouveau en congé de formation jusqu'à la fin de l'année, pour 3 mois. Je leur demande de s'installer sur les bancs comme le font leurs enfants et pendant ce temps, je guette, à la sortie du goûte, les retardataires, je prends 10 minutes de battement, j'ai quand même « le trac ». Enfin je rentre dans la classe pour démarrer la réunion et là, je vois Cédric assis sur ma chaise qui initie les parents au quoi de neuf. Il raconte sa situation, son père lui a acheté des cartes pokémons pour jouer avec ses copains, il énumère les différents pokémons avec leurs différentes caractéristiques et les jeux qu'il organise, puis il s'arrête et dit « j'ai fini, vous pouvez poser des questions », un père commence à parler, il lui coupe la parole en lui rappelant qu'il faut lever le doigt, il interroge ensuite une maman qui demande « est ce que les pokemons, c'est aussi pour les filles ? », il répond : « non, mais il y a des pokemons qui sont des filles. »

    Au bout des trois questions, il se lève en déclarant que maintenant c'est à mon tour de parler.

    Je me suis assise dans le cercle des parents sur les bancs, car je n'aime pas m'adressant à eux, « jouer à la maîtresse », j'observe Cédric, en mesurant le chemin parcouru, d'enfant non-institué, a-symbolique, il est devenu celui qui inverse les rôles et me passe le relais. Avec tellement d'humour et de naturel, il s'autorise à retourner la situation, du jugement des adultes sur son cas, il nous montre comment il s'est approprié aujourd'hui les différents enjeux de l'institution qui le stigmatisait. Alors que moi, j'avais perdu la maîtrise de cette réunion, il m'en redonnait le sens, il s'agissait simplement d'un quoi de neuf dans ma vie que je devais partager avec le groupe (parents et enfants). Alors je pris sa place sur la chaise pour l'expliquer en face à face, et  répondre aux questions.

    Mais le plus grand plaisir partagé a été lorsque le père de Cédric a levé le doigt et que Cédric en riant l'a interrogé, en prenant tout le temps d'articuler bien fort pour le suspens : « heu... MON PAPA », éprouvant alors une réelle jubilation, à faire entrer son père dans le cadre et à exercer un pouvoir sur lui, tout en signifiant l'universalité de cet amour, la préférence de « MON papa ».

    J'observais que les autres parents prenaient à la fois du plaisir à jouer le jeu, mais qu'ils étaient aussi quelque peu étonnés de l'enseignement de Cédric, il prenait ma place tout en restant à la sienne et c'est vrai que les adultes ne sont pas habitués à apprendre des enfants. Le père de Cédric était fier de son fils, et moi je pensais que c'était un beau cadeau qu'il me faisait, c'était comme me signifier : « tu peux partir, ce n'est pas seulement ta classe c'est aussi la mienne, la nôtre, celle que nous construisons tous ensemble jour après jour ! »


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  • 8h45, toujours autant de bruit. Je n’arrive pas à lancer la journée. Tout le monde à quelque chose à raconter ce matin. Pas envie de me mettre à élever la voix, il est bien trop tôt pour ça. Je lève les yeux et la photo d’une île paradisiaque m’interpelle… 

     

    Je décide de m’échouer sur cette île qui me tend les bras et que personne n’a jamais encore décidé d’explorer.

     

    Rapidement les enfants comprennent qu’il se passe quelque chose. Le silence revient rapidement. Certains cherchent à capter mon regard. Je ne bouge pas et reste plongée dans mes pensées. Et puis Ilyasse, qui s’occupe des inscriptions au quoi de neuf du matin se lève, se dirige vers le tableau et lance la phrase rituel « Qui a quelque chose à dire au quoi de neuf ? ». 

     

    La journée est lancée, le calme est revenu, le « Quoi de neuf » sera lancée par sa présidente dans un silence apaisant, mais moi je profiterai avec délectation des trois dernières minutes sur mon île avant de regagner ma place ! Ca y est, l’île déserte a enfin été découverte !!!


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