• Mon Atsem que j'aime, a eu la bonne idée d'inscrire mon anniversaire sur le calendrier de la classe..

    Heureusement elle a écrit "Véro a 4... ans".

    Les enfants ont dit : "Mais comment tu peux avoir 4 ans et être déjà maîtresse??" (mais parce que je suis super forte !) et le petit futé de la classe a répondu : "Mais elle a pas du tout 4 ans, moi je sais, il y a 3 points : elle a 4000 ans !!"

    Bon ben au moins ils sont forts en maths quoi !

    Véronique V


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  • Classe de CP/CE1. St-Étienne. 42

    Comme chaque mardi, nous allons au judo. Le Dojo est situé au cœur du Parc. Le trajet dure 1/4h, mais, comme chaque fois, nous « étudions le milieu ». Belle promenade : prenons le temps !

    En ce bel après-midi de printemps, il fait un temps magnifique. Chance : les jardiniers municipaux ne sont pas encore passés, l'herbe est haute, les parterres sont fleuris. J'autorise les enfants à franchir la barrière, cueillir, ramasser, écraser les pelouses... Ils sont ravis ! Nous rentrons à l'école avec des bouquets de pissenlits et de pâquerettes. Une photo et un petit article paraissent ensuite dans le journal hebdomadaire. C'est le portrait de Samir, rayonnant ! Cet enfant Rom parle à peine le français. Il ne sait ni lire, ni écrire. J'ai compris qu'il vit dans un squat misérable, non loin de l'école.

    Une semaine plus tard, Samir arrive à m'expliquer qu'il quitte l'école pour quelques mois. Il est triste mais c'est sûr, il reviendra pour la classe verte en juin. Le vendredi, je lui demande de bien ranger ses affaires. Quand, l'après-midi au moment du  « Quoi de neuf » je le vois farfouiller dans un grand sac en plastique, je m'imagine qu'il veut remporter ses cahiers et sa trousse. C'est alors qu'il en sort un petit bouquet de trois marguerites jaunes. C'est un bouquet de fleuriste, emballé dans du papier cristal avec un ruban bouclé et une étiquette professionnelle. D'où vient-il ? L'a t-il acheté ? Trouvé ? Timidement, il s'approche de moi et me le tend en me disant « Merci  maîtresse. C'est des pissenlits » D'ailleurs, je n'ai qu'à lire : il me tend un morceau de papier sur lequel il a su, tout seul, recopier « pissenlit ».


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  • Voilà un JFP bien classique dans mon CP/CE1, avec son enfant donneur de paroles pour la quinzaine, ses trois-quatre enfants désireux de nous présenter leur « c’est important pour moi de le faire partager » et un maître qui se met en écoute flottante (qui est ma marque de fabrique personnelle).

    Je laisse ainsi cheminer les passages avec présentation à la classe suivie de questions-réactions. Et puis, arrive l'intervention inévitable, soit lors de la présentation, soit au moment des réactions, qui fait un petit bruit dans ma tête flottante, un déclic qui me fait une douce claque. Un "autrement que prévu" (expression de Jacques Lévine) comme je l'aime, comme je le chéris, contrairement à nombre d'enseignants qui le redoutent.

    Aujourd'hui, cet AQP, je le perçois lorsque Mila demande à Alice avec quelle grand-mère elle est allée voir un spectacle : « La paternelle ou la maternelle ? »

    Alors, je m'engouffre dans la brèche, tranquillement, sans forcer, lors de mon tour de parole,  pour créer tous ensemble l’arbre généalogique d’Alice, et puis d'autres élèves volontaires.

    Et voilà une notion de CE1 abordée par le naturel.


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  • Il serait 8h45, les parents accompagnateurs seraient là, nous serions prêts à chausser nos lunettes imaginaires.

    Nous commençons par essayer ces montures dans l'univers de la classe. Elles ont le pouvoir de nous mettre plein de questions en tête. Les questions relatives à l'environnement de la classe émergent naturellement : "Quelle est la dimension de la classe ?", "Combien y-a-t-il de livres dans la bibliothèque ?", "Est-ce qu'on aurait la place pour mettre une nouvelle armoire dans le fond de la classe ?", "Quelles sont toutes les différentes manières de disposer les tables dans la classe ?", "Si on devait vendre notre classe, quel en serait le prix ?"....

    Nous faisons le tri entre les questions qui pourraient déboucher sur une recherche et celles auxquelles nous ne pouvons pas apporter de réponses (ex.: pourquoi la classe a-t-elle des murs ?), ou alors pour lesquelles nous pouvons répondre sans véritable recherche (ex.: combien y-a-t-il d'élèves dans la classe ?).

    Les lunettes fonctionnent, chacun a trouvé la monture à sa taille, nous sommes chauds et nous allons maintenant les utiliser dans l'environnement du quartier.

    Suivant l'âge des élèves, nous nous équipons, soit d'un enregistreur si les enfants ne sont pas encore autonomes en écriture, soit de petits carnets sur lesquels les enfants écriront leurs questions. La classe est divisée en équipes accompagnées d'un adulte. La balade peut commencer.

    Nous franchissons les grilles de l'école, et pénétrons dans un territoire que nous allons redécouvrir. Les groupes s'éparpillent et tout de suite certains commencent à s'immobiliser pour proposer leurs questions. Tous sont maintenant conscients que les questions que l'on se pose doivent être propices à une recherche ultérieure. Exemple de questions : "Quelle est la largeur des trottoirs ?", "Comment est faite la numérotation des rues ?", "De quand date cet immeuble ?", "Pourquoi y-a-t-il un tuyau ici ?", "Quelle est la taille moyenne des personnes que l'on rencontre ?", "D'où provient ce son qu'on entend ?", etc.

    Une fois ces questions recensées, nous nous retrouvons en classe, nous les mettons en commun, et faisons un dernier tri pour ne garder que celles que la classe juge intéressante pour aller plus loin.  Chaque élève choisit alors la question qui l'intéresse le plus. Des équipes de deux à trois élèves sont constituées afin de mener leurs futures missions ! A suivre...

     


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  • Démarrage de l'année 2014, démarrage de nouvelles thématiques en découverte du monde.

    En découverte de l'espace, j'essaie d'aborder la compétence "mesurer". J'en parle à une de mes collègues, qui a fait un beau projet là-dessus, qui m'entretient beaucoup du comment : quels outils de mesure utiliser, comment mesurer des grandes longueurs, par exemple celles de la cour ? C'est très intéressant, mais une chose me manque, comme souvent lorsqu'on travaille sur une nouvelle notion : le POURQUOI.

    Pourquoi est-on amené à mesurer dans la vie, la vie d'un adulte comme celle d'un écolier ? Il me parait étonnant de ne pas passer par la case POURQUOI  : pourquoi on multiplie, pourquoi on lit, pourquoi on écrit, pourquoi on explore le passé, pourquoi on vit aussi. Comme si ce pourquoi allait de soi...

    Alors, on s'est mis tous en cercle, par terre, comme lorsque je mène un atelier de philo, et j'ai demandé : "Pourquoi a-t-on besoin de mesurer ?" Les réponses n'ont pas tardé

    A : "Mon père, il a dû mesurer des planches pour construire une cabane. Il a dû le faire avec une règle qui se déplie, et les planches au mauvais format, il les a gardées pour une autre occasion"

    J : "Nous, à la maison, on a mesuré la télé pour savoir quelle autre télé on allait acheter."

    Moi : "Tu as dû mesurer quoi ?" (pas fou, le maître).

    Et on a pu aborder les notions de longueur, largeur et diagonale.

    I : "Mon père, il mesure régulièrement notre taille à mon frère et moi."

    Moi, toujours à l'affût : "Avec quel outil, il vous mesure ?"

    I : "Un ruban qu'on déroule."

    B : "Nous, on a mesuré ma chambre, car on aimerait en avoir une plus grande."

    Et là, on s'est lancé dans la mesure de notre salle de classe - notre chambre à nous - où les longueurs et largeurs sont revenues au galop, accompagnées par la hauteur.

    Il ne restait plus qu'à prolonger ce moment collectif du POURQUOI par un défi-mesure des dimensions des tables individuelles de classe pour vérifier quelle était la dimension la plus longue. 

    Et ce n'est pas fini !


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